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28 janvier 2014 – 15 h 20 min | 325 views

Salin propose ici une introduction à l’économie politique de l’impôt, une réflexion sur l’éthique et la philosophie politique de la fiscalité.

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Nouveau dictionnaire d’économie politique – article « Bastiat »

Soumis par sur 8 janvier 2011 – 16 h 21 min | 46 views

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Say (Léon, 1826-1896) & Chailley-Bert (Joseph, 1854-1928), Nouveau dictionnaire d’économie politique, Paris, Guillaumin, 1900, pages 171-173.

Notice Frédéric Bastiat

BASTIAT, Claude-Frédéric, l’un de nos plus brillants économistes, né à Mugron (Landes) le 11 messidor an XI (30 juin 1801), mort à Rome le 24 décembre 1850. Fils d’un négociant qui faisait le commerce avec l’Espagne, il se trouva orphelin à neuf ans; il lui restait comme famille son grand-père qui fut son tuteur, un oncle, et une tante, mademoiselle Justine Bastiat, qui lui servit de mère. Après un an de séjour au collège de Saint-Sever, il fut envoyé en 1815 au collège de Sorèze et fit de bonnes études. Devenu homme, on le voit s’essayer, sans grand succès, au commerce d’abord dans la maison de son oncle, puis à l’agriculture dans le domaine de Mugron, dont la mort de son grand-père le rendit propriétaire en 1825. Son mariage (7 février 1831) fut malheureux ; mais il avait trouvé à Mugron un excellent ami, Félix Coudroy, et tous deux se passionnèrent bientôt pour l’économie politique. Ils réussirent même à organiser une sorte de petit cercle scientifique où l’on venait disserter entre voisins de omni re scibili et quibusdam aliis.

Nommé juge de paix de Mugron à la suite de la révolution de 1830, Bastiat semblait destiné à mourir dans le bourg où il était né. Ses premiers opuscules, le Fisc et la Vigne en 1841, la Question vicinole en 1843, la Répartition de la contribution foncière dans les Landes en 1844, sont de simples plaidoyers d’intérêt local et ne pouvaient avoir aucun retentissement.

La période réellement active de la vie de Bastiat ne comprend que six années. Il s’était trouvé, presque par hasard, mis au courant des efforts et des succès de la Ligue libre-échangiste des hommes de Manchester et leur exemple l’avait électrisé. Il envoya au Journal des Économistes un premier article : De l’influence des tarifs français et anglais sur l’avenir des deux peuples. L’article parut en 1844 et fit sensation. On en voulut d’autres et le défilé des Sophismes économiques commença. En même temps, Bastiat faisait son premier livre Cobden et la Ligue et arrivait à Paris pour se faire imprimer.

Il y devint bientôt l’adversaire le plus actif et le plus redouté de la politique protectionniste. Une première Association pour la liberté des échanges s’était constituée à Bordeaux en février 1846 ; une autre se fonda à Paris la même année, avec Bastiat pour secrétaire général et le Libre-Échange pour organe.

La révolution de février obligea les économistes français en général, et Bastiat en particulier à tourner d’un autre côté leurs efforts et leurs armes. Le socialisme menaçait le pays d’un véritable cataclysme. Bastiat fut de ceux qui le combattirent avec le plus de courage et de succès, réfutant tour à tour Louis Blanc, Considérant, Pierre Leroux, Proudhon, etc.

Aux élections d’avril 1848, le département des Landes l’envoya à l’Assemblée constituante et, en mai 1849, il fut réélu, non sans peine, à l’Assemblée législative. Les dons oratoires lui manquaient et il aborda rarement la tribune. D’ailleurs, sa santé déclinait rapidement. Il souffrait depuis quelques années déjà d’une affection des voies respiratoires qui eût exigée les plus grands ménagements et que la vie épuisante qu’il s’était faite allait bientôt rendre incurable. Il jugea qu’il était temps de formuler son concept économique et commença, trop tard déjà, l’œuvre définitive qu’il rêvait depuis vingt ans. Les Harmonies économiques, exposé magistral d’une doctrine toute personnelle, devaient former plusieurs volumes. Celui qui parut au commencement de 1850 est le seul que l’auteur ait pu finir.

Peu de temps après, Bastiat, à bout de forces, prenait seul le chemin de l’Italie. Rejoint à Rome par son cousin l’abbé de Monclaret par M. Paillottet, il mourut chrétiennement entre ces deux amis, et fut enterré, non sans pompe, dans l’église Saint-Louis des Français. Un monument lui a été érigé à Mugron le 23 avril 1878.

L’œuvre économique de Bastiat forme une sorte de trilogie. Au début se place une double réfutation : réfutation des erreurs du protectionnisme, réfutation des erreurs du socialisme. C’est dans cette double lutte qu’il a surtout déployé toutes les brillantes qua- lités de son esprit et de son style. L’auteur des Sophismes et des Pamphlets a été parfois comparé à la Fontaine et à Voltaire ; nous ne voudrions pas, dans son intérêt même, insister sur de tels parallèles mais on peut dire, sans exagération, qu’il y a dans Bastiat, avec quelque chose de plus, du Franklin et du Courier. Où trouver une ironie plus fine et plus mordante à la fois que dans sa fameuse Pétition des fabricants de chandelles ?

Il ne suffisait pas à Bastiat d’avoir démasqué successivement les prétentions abusives de l’école protectionniste et les vaines utopies de l’école socialiste. Ces deux négations successives impliquaient une affirmation, dont les Harmonies économiques sont l’expression éloquente. Bastiat, dans ce beau livre, oppose à l’impuissance innée des organisations factices qui ont la contrainte pour base l’heureuse fécondité d’un état économique dans lequel l’équilibre des forces individuelles ou collectives résulte uniquement de leur libre et mutuelle pondération. Telle est l’idée mère des Harmonies et, étant donné ce programme tout philosophique, il était difficile de le mieux remplir. On a pu critiquer la théorie de la valeur de Bastiat. On peut aussi, d’une manière générale, lui reprocher un peu d’optimisme. L’artiste et le poète, chez Bastiat, entraînaient parfois l’économiste au delà des réalités terrestres ; mais il n’en a que mieux réussi à faire aimer à beaucoup de ses lecteurs la science qu’il aimait tant lui-même. À ce point de vue, peu d’hommes ont mieux mérité de l’économie politique.

Sur la vie et les œuvres de Bastiat, on peut consulter d’assez nombreux documents : la notice mise en tête de ses œuvres complètes par M. R. de Fontenay et suivie de Neuf jours près d’un mourant, par M. Paillottet ; une autre notice biographique de M. Fréd. Passy ; Frédéric Bastiat, par M. G. de Molinari (Journal des Économistes de février 1851) ; la préface des Lettres d’un habitant des Landes, par madame Cheuvreux ; les discours prononcés le 23 avril 1878 à Mugron, par M. Léon Say et autres, à l’inauguration du monument de Bastiat le discours de rentrée de M. Paul Gardelle, substitut du procureur général près la cour de Pau, du 4 novembre 1879 ; deux articles de M. l’abbé Baunart (Revue trimestrielle de janvier et avril 1882) la notice de M. Alph. Courtois (Journal des Économistes de février 1888) et l’Introduction aux ”œuvres choisies” de Bastiat par M. A. de Foville (Petite Bibliothèque économique).

Voici, enfin, la nomenclature des ouvrages de Bastiat:

CORRESPONDANCE. ­ Lettres à MM. Victor Calmètes, Félix Coudroy, Richard Cobden, Alcide Fonteyraud, au président du Congrès de la paix, à MM. Horace Say, de Fontenay, Paillottet, et au Journal des Économistes.

PREMIERS ÉCRITS. ­ Aux électeurs du département des Landes (1830). ­ Réflexions sur les pétitions de Bordeaux, etc. (1834). ­ Le fisc et la vigne (1841). ­ Mémoire sur la question vinicole (1843). ­ Mémoire sur la répartition de l’impôt foncier dans les Landes (1844).

MÉLANGES. ­ De l’influence des tarifs français et anglais sur l’avenir des deux peuples (1844). ­ De l’avenir du commerce des vins entre la France et la Grande-Bretagne (1845). ­ Une question soumise aux Conseils généraux (1845). ­ Un Économiste à M. de Lamartine (1845). ­ Sur un livre de M. Dunoyer (1845). ­ Sur l’éloge de Ch. Comte (1847). ­ Sur un livre de M. Vidal (1846). ­ Seconde lettre à M. de Lamartine (1846). ­ Aux électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever (1846). ­ A. M. de Larnac, député des Landes (1846). ­ Professions de foi électorales de 1848 et 1849.

LE LIBRE-ÉCHANGE. ­ Articles publiés dans le journal hebdomadaire le Libre-échange en 1845, 1847 et 1848. ­ Discours prononcés à Bordeaux, à Paris, à Lyon et à Marseille. ­ Cobden et la ligue, ou l’agitation anglaise pour la liberté des échanges.

SOPHISMES ÉCONOMIQUES. ­ PETITS PAMPHLETS. ­ Propriété et loi. ­ Justice et Fraternité. ­ L’État. ­ La loi. ­ Propriété et spoliation. ­ Baccalauréat et socialisme. ­ Protectionnisme et communisme. ­ Spoliation et loi. ­ Guerre aux chaires d’économie politique. ­ Capital et rente. Maudit argent ! ­ Gratuité du crédit. ­ Polémique entre Bastiat et Proudhon, dans la Voix du peuple. ­ Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. ­ Abondance. ­ Balance du commerce. ­ Paix et liberté, ou le budget républicain. ­ Discours sur l’impôt des boissons. ­ Discours sur la répression des coalitions industrielles. ­ Réflexions sur l’amendement de M. Mortimer-Ternaux. ­ Incompatibilités parlementaires. ­

HARMONIES ÉCONOMIQUES (25 chapitres).

ESSAIS DIVERS. ­ ÉBAUCHES. ­ CORRESPONDANCE. ­ Lettres à MM. Laurence, Dunoyer, de Lamartine, Paulton, Horace Say, Domenger, Wilson, comte Arrivabene, Schwabe, Cheuvreux, Paillottet. Madame Cheuvreux a publié en 1877 sous ce titre Lettres d’un habitant des Landes, une série de lettres de Bastiat presque entièrement inédites. ­ M. Paul Gardelle, substitut du procureur général près la Cour d’appel de Pau, a reproduit ou cité d’autres lettres de Bastiat dans son discours de rentrée du 4 novembre 1879.

Alphonse de Foville.

Reconstitution d’après l’édition originale : www.institutcoppet.org

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