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28 janvier 2014 – 15 h 20 min | 317 views

Salin propose ici une introduction à l’économie politique de l’impôt, une réflexion sur l’éthique et la philosophie politique de la fiscalité.

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Qu’est-ce que l’homme ?

Soumis par sur 28 janvier 2011 – 7 h 53 min 3 Commentaires | 309 views

Par Raoul Audouin

L’homme, un être « charnière » vers l’avenir. En effet, l’homme est un animal, avec ce que cela implique de besoins et d’instincts. Ses besoins le soumettent à des contraintes matérielles qui encadrent son activité économique, car les ressources dont il doit se servir sont limitées (rareté), et doivent être transformées (travail) avec le concours spécialisé des autres hommes (échange). Ses instincts le guident vers sa propre survie, et vers son épanouissement dans l’association, mais aussi vers la destruction et la domination. D’où la permanence et l’universalité de la relation politique, au sens étymologique du terme.

L’animal humain est doté d’un cerveau dont la complexité permet une infinité de résonances entre ses perceptions, et l’accumulation prodigieuse de mémoires ainsi que les liaisons réflexes. C’est un fait que « l’homme ne vit pas seulement de pain ». Et l’instrument — propre à l’espèce humaine — de cette autre vie, est le langage articulé. Le langage et l’écriture mettent à notre portée, au moins potentiellement, l’expérience et les aspirations de tous les autres hommes et des générations passées.

Au contraire des animaux, dont le comportement ne peut s’alimenter que dans leur expérience physique, nous disposons ainsi d’une masse illimitée de connaissances, en quelque sorte désincarnées. Nous pouvons nous servir d’un nouvel outil : l’abstraction. Et de même que notre corps exulte de s’exercer dans le sport ou la lutte, nous éprouvons le besoin et le plaisir d’agencer les idées en raisonnements, de créer des situations nouvelles par l’imagination, de les traduire en projets, d’en assembler les moyens, de les faire passer dans la réalité par l’action. Le plaisir de créer, et celui de contempler ce qu’on a créé ou que d’autres ont créé, introduit enfin l’homme au domaine de l’esthétique.

L’intuition directe nous montre comme connexe au sens esthétique du Beau, le sens éthique du Bien. Toutefois les rudiments des notions de droit et d’infraction existent aussi dans le comportement des animaux. Là encore l’homme marque un dépassement plus qu’une rupture. Il n’est pas le seul dans la nature à savoir se sacrifier pour le conjoint, la progéniture, voire à prendre des risques pour secourir un congénère. Mais nous savons qu’il éprouve du bonheur lorsqu’il répond à une vocation, et de la culpabilité à s’y dérober ou à nuire sans nécessité. L’homme reconnaît ainsi des vertus : le respect de soi et de ses semblables, le désir de contribuer à leur bien commun. Il a le sentiment de s’ennoblir en les pratiquant, de se dégrader en les repoussant.

Enfin, quelles que soient ses convictions, il se fait une idée — au moins sommaire et implicite — de sa destinée et du sens de l’univers. Autrement dit, il a conscience d’une dimension métaphysique de son être. Croyants ou agnostiques, nous pouvons être d’accord sur cela, qu’il ne prétend pas expliquer mais seulement constater. Pour situer cependant ce minimum de consensus spirituel, nous pourrions dire que la double nature de l’homme, à la fois animal et esprit, est l’un des deux pôles de la tension qui résume le problème de la liberté. L’autre pôle est la nature de la société.

GUIDE POUR L’ÉTUDE DE LA PHILOSOPHIE ÉCONOMIQUE

INTRODUCTION
Plaidoyer pour la liberté dans une société de droit naturel

L’objet de l’étude
Qu’est-ce que l’homme ?

Comment tout a commencé
Qu’est-ce que le droit naturel ?
La vie en société fonde-t-elle des droits innés ?
Comment passa-t-on de la prédation à l’échange ?
Quels sont les principes d’un droit humain ?

I) UNE ÉCONOMIE DE SERVICES MUTUELS

Qu’est-ce qu’une économie de services mutuels ?

Nature de la société économique
L’économie n’est-elle pas le champ de bataille des intérêts ?
L’homme est-il captif des phénomènes économiques ?
L’économie au service de qui ?
Peut-on déterminer un juste prix?

Le rôle de la monnaie commune dans une économie d’échanges
Comment des valeurs subjectives peuvent-elles se traduire en prix objectifs?
Peut-on donner un prix au travail comme à de simples marchandises ?
Qui a le droit de battre monnaie ?
L’or n’est-il pas trop rare pour servir de monnaie universelle ?
Le bimétallisme n’a-t-il pas échoué historiquement ?

La monnaie, vecteur de la coopération économique mondiale
Qui est souverain en matière de monnaie : l’État ou l’individu ?
Quelle expérience avons-nous d’une monnaie internationale ?
Comment en est-on venu à l’idée d’étalon monétaire ?
Un État n’a-t-il pas le droit d’édicter le cours forcé de son papier monnaie?
Le sterling-papier n’a-t-il pas été avant 1914 la véritable monnaie internationale ?
Pourquoi l’or servait-il aux paiements particuliers?

Les moyens de paiement supplétifs de la monnaie réelle
Comment peut-on développer les liquidités selon l’activité ?
La comptabilité bancaire ne peut-elle remplacer la monnaie ?
Quelles furent les utilités spécifiques de la monnaie métallique ?
Les crédits à découvert sont-ils ou non un « mal nécessaire ? »

Le binôme fondamental : initiative et coopération
Les institutions sont-elles des créations biologiques ou idéologiques ?
Le marché est-il effectivement un coordinateur général des activités ?
L’entreprise n’est-elle pas une enclave féodale ?
Comment « l’anarchie » des entreprises peut-elle aboutir à un ordre productif
La recherche individuelle du profit peut-elle servir la société ?

II) L’ÉTAT ET L’ENTREPRISE

L’État, structure sociale et agent économique
La cité politique n’a-t-elle pas priorité sur l’organisation économique ?
L’État n’est-il pas un producteur économique ?
Les services publics ne fournissent-ils pas au prix coûtant ?
L’État n’a-t-il pas la liberté d’intervenir dans la vie économique pour en corriger le cours ?
Notre époque n’a-t-elle pas besoin d’un nouveau droit économique ?
L’État ne doit-il pas protéger les intérêts de ses nationaux ?
L’État pourrait-il être géré comme une entreprise ?
L’État n’est-il pas seul capable de promouvoir les techniques de pointe ?
N’est-il pas normal que l’État oriente l’activité de la nation ?

Légitimité du profit et du commandement d’entreprise
L’entreprise individualiste est-elle moralement justifiable ?
La liberté d’entreprendre a-t-elle un fondement philosophique ?
Peut-on contrôler le profit ?
À qui les profits réinvestis appartiennent-ils en équité ?
L’entreprise ne doit-elle pas être démocratisée ?
Un système coopératif ne peut-il remplacer l’économie de marché ?

Les maladies du marché libre
Les dangers du marché ne sont-ils pas excessifs pour l’individu ?
Dans un État économiquement neutre, les faibles ne sont-ils pas exploités ?
La concurrence ne se détruit-elle pas elle-même ?
Les crises ne sont-elles pas le vice rédhibitoire d’une économie de marché ?
La spéculation n’est-elle pas la cause essentielle des crises ?

Le marché et les inégalités sociales
L’économie de marché n’est-elle pas condamnée par des profits trop faciles ?
L’entreprise n’a-t-elle pas des responsabilités sociales ?
Une économie axée sur le profit n’est-elle pas un danger pour l’environnement ?
L’économie de marché n’accroît-elle pas l’écart entre pays riches et pauvres ?
Le marché peut-il réduire les inégalités ?

III) LA QUESTION DE LA SOUVERAINETE

La souveraineté n’est-elle pas la liberté du groupe ?
L’idée de souveraineté n’a-t-elle pas permis d’étouffer les libertés ?
Une force publique mondiale ne pourrait-elle assurer la paix entre nations ?
La morale peut-elle être la même pour les nations et les individus ?

La prévoyance collective
Le corps social ne doit-il pas avoir une tête ?
Le dirigisme n’est-il pas insuppressible ?
Le dirigisme ne reprend-il pas des politiques archaïques ?
En quoi les objectifs et les procédés du dirigisme sont-ils nouveaux ?

Le problème des déséquilibres
Le gouvernement ne doit-il pas parer aux à-coups de conjoncture ?
L’inflation n’a-t-elle pas rendu nécessaire le dirigisme ?
La législation ne ratifie-t-elle pas dirigisme et planification ?
La fiscalité n’est-elle pas un instrument d’équité sociale ?

L’effritement de la liberté
Sommes-nous condamnés aux excès de pouvoir ?
La science ne peut-elle structurer une société rationnelle ?
Un dirigisme démocratique n’est-il pas le compromis souhaitable ?
Un État fort n’est-il pas indispensable au progrès social ?
Les institutions ne sont-elles pas là pour neutraliser le pouvoir de l’argent ?

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