Lettre de Mises à Ayn Rand pour la parution d’Atlas Shrugged

Traduction Marion Geyres

Ludwig Von Mises

777 West end avenue

New York 25, N.Y

23 janvier 1958

Mme Ayn Rand

36 East Street, NY

Chère Madame Rand,

Je ne suis pas un critique professionnel et ne ressens nulle vocation à juger les mérites d’un roman. Je ne veux donc pas vous importuner en vous disant que j’ai vraiment beaucoup aimé lire « Atlas Shrugged » et que je suis extrêmement admiratif de votre magistrale construction de l’intrigue.

Mais « Atlas Shrugged » n’est pas seulement un roman. Il est aussi – où devrais-je dire, il est avant tout –, une analyse convaincante des maux qui gangrènent notre société, un rejet justifié de l’idéologie de nos soi-disant « intellectuels » et un démasquage impitoyable de la malhonnêteté des politiques adoptées par les gouvernements et les partis politiques.

C’est une exposition dévastatrice de la « morale cannibale », des « gigolos de la science » et du « bavardage académique » des tenants de la « révolution anti-industrielle ». Vous avez le courage de raconter aux masses ce qu’aucun politique ne leur a dit : « vous êtes minables, et toutes les améliorations de votre condition, que vous considérez comme acquises, vous les devez à l’effort d’hommes qui sont meilleurs que vous ».

Si cela devait être de l’arrogance, comme certains de vos critiques l’ont écrit, cela resterait encore la vérité qui devrait être dite dans cet âge de l’État-Providence.

Je vous félicite chaleureusement et j’attends avec impatience votre travail futur.

Cordialement,

Ludwig Von Mises

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2 Réponses

  1. Philippe Bastide

    Quelle nostalgie d’une époque où les intellectuels — les vrais, pas les post maoïstes, ni les paléo marxistes, ni les « Malraux » d’opérette reconnaissables à leur décolleté…– étaient capables d’un engagement véritable, hors du confort du conformisme de l’anticonformisme.

    Comme le dénonçait l’excellent Philippe Muray, la peste soit des « mutins de Panurge »!

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