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Aux socialistes de tous les partis. Par Frédéric Bastiat

Soumis par sur 20 janvier 2013 – 12 h 03 min | 122 views

Appel aux socialistes de tous les partis

Par Frédéric Bastiat

OC, vol. 7, Jacques Bonhomme du 11 au 15 juin 1848

Introduction par David Hart

(English translation here)

Ces articles sont extraits du premier numéro du journal révolutionnaire Jacques Bonhomme, publié par Gustave de Molinari et Charles Coquelin en juin 1848. Ils ont été conçus pour plaire aux travailleurs ordinaires et les mettre en garde contre les dangers du socialisme. Ils étaient courts et pouvaient être lus rapidement dans la rue, où ils étaient remis aux passants. Certains ont apparemment été conçus pour être imprimés séparément et collés sur les murs pour que les curieux puissent les lire à tout moment de la journée ou de la nuit. Les deux premiers articles sont intéressants en raison de leur contenu percutant, le troisième parce que c’est une première ébauche du célèbre essai de Bastiat sur « l’État ». Celui intitulé « Laissez-faire » appelle les socialistes à accorder à l’économie la même liberté que pour les électeurs et les députés élus dans une société démocratique. L’autre article est simplement appelé « Liberté » et il énumère toutes les petites « libertés » qui, ensemble, composent la notion libérale classique de la «liberté», la liberté de discussion et de savoir, la liberté de conscience, la liberté de l’enseignement, la liberté de la presse, la liberté de travailler, la liberté d’association, et enfin (peut-être la liberté préféré de Bastiat) la liberté du commerce.

I. Liberté

OC, vol. 7, 56. [1er numéro du Jacques Bonhomme, du 11 au 15 juin 1848].

J’ai beaucoup vécu, beaucoup vu, observé, comparé, étudié, et je sais arrivé à cette conclusion :

Nos pères avaient raison de vouloir être libres, et nous devons le vouloir aussi.

Ce n’est pas que la liberté n’ait des inconvénients ; tout en a. Arguer contre elle de ces inconvénients, c’est dire à un homme qui est dans le bourbier : N’en sortez pas, car vous ne le pouvez sans quelque effort.

Ainsi il serait à souhaiter qu’il n’y eût qu’une foi dans le monde, pourvu que ce fût la vraie. Mais où est l’autorité infaillible qui nous l’imposera ? En attendant qu’elle se montre, maintenons la liberté d’examen et de conscience.

Il serait heureux que le meilleur mode d’enseignement fût universellement adopté. Mais qui le possède, et où est son titre ? Réclamons donc la liberté d’enseignement.

On peut s’affliger de voir des écrivains se complaire à remuer toutes les mauvaises passions. Mais entraver la presse, c’est entraver la vérité aussi bien que le mensonge. Ne laissons donc jamais périr la liberté de la presse.

C’est une chose fâcheuse que l’homme soit réduit à gagner son pain à la sueur de son front. Il vaudrait mieux que l’État nourrît tout le monde ; mais c’est impossible. Ayons du moins la liberté du travail.

En s’associant, les hommes peuvent tirer un plus grand parti de leurs forces. Mais les formes de l’association sont infinies ; quelle est la meilleure ? Ne courons pas la chance que l’État nous impose la plus mauvaise, cherchons à tâtons la bonne et réclamons la liberté d’association.

Un peuple a deux manières de se procurer une chose : la première, c’est de la faire ; la seconde, c’est d’en faire une autre et de la troquer. Il vaut certainement mieux avoir l’option que de ne l’avoir pas. Exigeons donc la liberté de l’échange.

Je me mêle aux débats publics, je m’efforce de pénétrer dans la foule pour prêcher toutes les libertés dont l’ensemble forme la liberté.

II. Laissez-faire

OC, vol. 7, 57. [1er numéro du Jacques Bonhomme, du 11 au 15 juin 1848].

Laissez faire ! — Je commence par dire, pour prévenir toute équivoque, que laissez faire s’applique ici aux choses honnêtes, l’État étant institué précisément pour empêcher les choses déshonnêtes.

Cela posé, et quant aux choses innocentes par elles-mêmes, comme le travail, l’échange, l’enseignement, l’association, la banque, etc., il faut pourtant opter. Il faut que l’État laisse faire ou empêche de faire.

S’il laisse faire, nous serons libres et économiquement administrés, rien ne coûtant moins que de laisser faire.

S’il empêche de faire, malheur à notre liberté et à notre bourse. À notre liberté, puisqu’empêcher c’est lier les bras : à notre bourse, car pour empêcher, il faut des agents, et pour avoir des agents, il faut de l’argent.

À cela les socialistes disent : Laissez faire ! mais c’est une horreur ! — Et pourquoi, s’il vous plaît? — Parce que, quand on les laisse faire, les hommes font mal et agissent contre leurs intérêts. Il est bon que l’État les dirige.

Voilà qui est plaisant. Quoi ! vous avez une telle foi dans la sagacité humaine que vous voulez le suffrage universel et le gouvernement de tous par tous ; et puis, ces mêmes hommes que vous jugez aptes à gouverner les autres, vous les proclamez inaptes à se gouverner eux-mêmes !

III. L’État

OC, vol. 7, 59. [1er numéro du Jacques Bonhomme, du 11 au 15 juin 1848].

Il y en a qui disent : C’est un homme de finances qui nous tirera de là, Thiers, Fould, Goudchaux, Girardin. Je crois qu’ils se trompent.

— Qui donc nous en tirera ?

— Le peuple.

— Quand ?

— Quand il aura appris cette leçon : L’État, n’ayant rien qu’il ne l’ait pris au peuple, ne peut pas faire au peuple des largesses.

— Le peuple sait cela, car il ne cesse de demander des réductions de taxes.

— C’est vrai ; mais, en même temps, il ne cesse de demander à l’État, sous toutes les formes, des libéralités.

Il veut que l’État fonde des crèches, des salles d’asile et des écoles gratuites pour la jeunesse ; des ateliers nationaux pour l’âge mûr et des pensions de retraite pour la vieillesse.

Il veut que l’État aille guerroyer en Italie et en Pologne.

Il veut que l’État fonde des colonies agricoles.

Il veut que l’État fasse les chemins de fer.

Il veut que l’État défriche l’Algérie.

Il veut que l’État prête dix milliards aux propriétaires.

Il veut que l’État fournisse le capital aux travailleurs.

Il veut que l’État reboise les montagnes.

Il veut que l’État endigue les rivières.

Il veut que l’État paye des rentes sans en avoir.

Il veut que l’État fasse la loi à l’Europe.

Il veut que l’État favorise l’agriculture.

Il veut que l’État donne des primes à l’industrie.

Il veut que l’État protège le commerce.

Il veut que l’État ait une armée redoutable.

Il veut que l’État ait une marine imposante.

Il veut que l’État…

— Avez-vous tout dit?

— J’en ai encore pour une bonne heure.

— Mais enfin, où en voulez-vous venir ?

— À ceci : tant que le peuple voudra tout cela, il faudra qu’il le paye. Il n’y a pas d’homme de finances qui fasse quelque chose avec rien.

Jacques Bonhomme fonde un prix de cinquante mille francs à décerner à celui qui donnera une bonne définition de ce mot, l’état ; car celui-là sera le sauveur des finances, de l’industrie, du commerce et du travail.

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