Correspondance de Jean-Baptiste Say avec Etienne Dumont

Juriste suisse, Étienne Dumont fut très tôt lié avec Jean-Baptiste Say, collaborant avec lui sous la Révolution au Courrier de Provence de Mirabeau. Auteur par la suite d’ouvrages remarqués sur le droit pénal, dont un Traité de législation civile et pénale, couronné en 1828 par l’Académie française — le Cours complet d’économie politique de Say le fut en 1830 — il aida Jean-Baptiste Say en 1828 pour établir un texte explicatif sur le principe d’utilité, notion cardinale dans l’œuvre économique de Say.

Extrait de la Correspondance économique de Jean-Baptiste Say, éditions Institut Coppet, 2015


I.

ÉTIENNE DUMONT À J.-B. SAY.

Genève, le 25 novembre 1828.

Il y a longtemps, monsieur et très cher ami, que je me reproche de ne vous avoir point encore témoigné combien j’étais sensible à l’envoi flatteur que je dois à votre amitié ; mais je ne pouvais me résoudre à vous en remercier sans vous avoir lu, et je me trouvais sur les bras une occupation qui ne me permettait qu’un progrès très lent dans cette lecture. Je puis à présent vous dire à quel point je suis content de cet ouvrage, et combien j’en espère pour le profit de la science ; car il lui fallait ces développements : plus les livres sont en consommés et en extraits, moins ils instruisent la classe la plus nombreuse. Vous serez lu parce que vous avez saisi le vrai style du genre, et qu’il y a une clarté et un bonheur d’expression qui fait trouver comme une création dans la justesse et la propriété des termes, sans aucune de ces innovations de mots qui effarouchent les lecteurs. Les nom-breuses applications ont aussi un grand attrait et sont nécessaires à ceux qu’il faut mener par la main dans les matières didactiques. Si j’avais voix au chapitre, votre ouvrage serait le premier candidat pour la fondation du prix d’utilité, et, certes, il faudrait que l’année fût bien bonne pour qu’il y en eût un préféré au vôtre. Ce serait un honneur tout particulier pour votre famille que le gendre et le beau-père couronnés de suite.

J’en ai joui de bon cœur pour notre cher Comte ; c’était une fête à Cartigny ; nous vîmes de plus, dans cette justice rendue, un très bon signe de l’esprit du temps. M. Comte, dans une lettre à Jacob Duval, veut bien se souvenir que je lui avais annoncé quelques observations pour la seconde édition. J’avais, en effet, quelques notes, mais toutes de peu d’importance, excepté celle qui portait sur un point dont j’ai causé avec lui ; c’est qu’il semblait attaquer la rédaction des lois ou la codification d’une manière qui avait été mal entendue ; il montrait bien qu’écrire des lois ce n’était pas faire des lois, qu’il faut bien autre chose que des compilations ; mais on aurait cru quelquefois qu’il se rangeait parmi les partisans des lois non écrites, comme Savigny et plusieurs jurisconsultes anglais. Or, ce n’est pas là son opinion. Je crois que son cours fera encore plus d’effet à Paris que son livre ; les jeunes gens ne lisent guère quatre volumes, mais ils raisonnent entre eux sur des leçons ; ils les discutent, et ils partent de là pour des études plus sérieuses. L’imprudente attaque de la Gazette de France doit avoir valu mieux qu’un prospectus. Je compte bien que Bentham lui-même en profite. Il est vrai qu’il n’est pas prophète dans son pays, et cela s’explique aisément ; mais il a une école toute dévouée. J’en ai de bonnes nouvelles.

Le Globe était si poli envers l’éditeur de Bentham qu’il n’y avait pas moyen de se fâcher. Ce qu’il y avait de plaisant, c’est qu’en m’accusant d’avoir déprécié Montesquieu, faute de le comprendre, le censeur disait au fond la même chose, que ce n’était point un traité de législation ; mais il était bien loin de rendre autant de justice que moi à ses divers mérites et surtout à son heureuse influence, par l’impulsion qu’il avait donnée à l’esprit humain. Il y a un point sur lequel il faut se résigner quand on écrit, c’est à être lu très légèrement et jugé de haut en bas sur quelques phrases isolées. Il me semble que les journalistes anglais, avec moins d’esprit et de sel, portent dans leurs jugements plus de critique et de justice.

Madame Reeves, qui a eu le plaisir de vous voir à Paris, me dit que votre santé a été éprouvée par trop de travail, mais que vous étiez bien rétabli. Heureusement la plus tendre amitié veille auprès de vous, et j’espère qu’elle réussit à vous imposer des ménagements. Notre Tronchin disait d’une autre intempérance que celle de l’étude : Les goûts modérés vivent de leurs revenus ; mais la passion mange ses capitaux. Pensez-y, mon cher et excellent ami ; mettez-vous au régime de l’esprit ; reposez-vous comme un guerrier sur vos armes, mais reposez-vous ; faites-nous attendre un peu plus longtemps le fruit de vos veilles : la science a encore longtemps besoin de vous, et vos amis bien plus encore.

Je prie madame Say et toute votre famille d’accueillir mes sentiments les plus affectueux, et recevez, mon cher compatriote, l’assurance de ma reconnaissance et de mon dévouement.

Ét. DUMONT.


II.

J.-B. SAY À ÉTIENNE DUMONT.

Paris, 5 mars 1829.

Monsieur et respectable ami,

J’ai reçu en son temps votre belle et bonne lettre du 25 novembre, et j’attendais pour y répondre d’avoir quelque chose à vous dire qui valût la peine d’être écrit ; mais l’assurance d’une constante amitié et de l’estime qu’on fait de vos ouvrages ne vaut-elle donc pas bien quelques instants qu’on met à l’exprimer et à la lire ? Si maintenant vous ne brillez pas sur un assez grand théâtre, n’avez-vous pas payé votre tribut depuis longtemps ? Je me souviens que vous donniez des conseils à Mirabeau, lorsque je ne faisais que recevoir ses abonnés ; et, depuis ce temps, un ministre d’État en Angleterre et un grand philosophe vous doivent bien plus qu’on ne croit. Vous avez voulu être utile, et vous avez réussi.

À propos d’utilité, j’avais préparé une apologie de cette chose (comme si elle avait besoin d’apologie !) pour en faire un chapitre du sixième et dernier volume de mon Cours complet, qui n’est qu’une longue application du principe de l’utilité. Je voulais dire nettement et brièvement ce que c’est que ce principe, et le venger des attaques de la secte germanico-scolastique des devoirs, comme si tout devoir raisonnable n’était pas fondé sur ce qui est utile. Je n’ai pas été satisfait de ce que j’avais fait, ni surtout de ce que je pouvais faire à ce sujet ; et je me suis avisé qu’un morceau de vous ferait bien mieux mon affaire. Mon ambition serait d’en enrichir mon livre, où il paraîtrait sous votre nom avec l’expression de la gratitude que j’en ressentirais.

Je suis furieux contre quelques docteurs prétentieux et vains, qui nous représentent comme des espèces de coquins, et qui ont l’air de nous faire grâce en nous appelant des sensualistes, après avoir eu soin de bien faire comprendre qu’ils entendent par là matérialistes. Singuliers scélérats en vérité, qui consacrent leur vie au plus grand bien du plus grand nombre !

Vous devez avoir la tête pleine de leurs arguments, de leurs vérités de sentiment, etc. ; vous avez entendu discourir là-dessus madame de Staël et beaucoup d’autres ; et il vous sera bien facile de réduire tout cela à sa plus simple expression. Vous voulez être utile, mon cher ami, et vos idées prendront le haut bout dans tous les cours d’économie politique qui se professeront à tout jamais en Europe. On a la bonté de me traduire un peu partout, voire même de me contrefaire ; car on vend, dans la Belgique, trois contrefaçons différentes de mon Traité. Au milieu de tout cela, l’esprit humain marche et le bien de l’humanité s’opère, et nous nous consolons ainsi d’être taxés d’égoïsme.

Or sus, je serais très enchanté d’avoir ce morceau de votre main, et d’ici à quatre mois je serais à temps de le placer dans mon sixième volume, où je reviens à des vues générales analogues à mon sujet.

Je ne vous dis rien des affaires générales, parce que tout s’imprime et que je devine aisément le jugement que vous en portez. Le quatrième volume de mon Cours complet va paraître, et je voudrais bien avoir une occasion pour vous l’envoyer. Quelqu’un de vos libraires ne pourrait-il pas l’admettre dans un des ballots qu’on lui expédie de Paris ? [1]

J.-B. SAY.


III.
J.-B. SAY À ÉTIENNE DUMONT

Paris, 10 mai 1829

Je réponds, mon digne ami, à votre lettre du 22 avril dernier. Vous pensez bien que je suis enchanté de trouver exécutable l’idée d’enrichir d’un bel et bon article de votre façon le sixième tome de mon Cours complet. Ce que vous aviez fait pour répondre à Jefferies peut, ce me semble, s’adapter facilement à un ouvrage consacré à poser des principes et à résoudre des objections. Mon but était, après avoir regardé dans tout le cours de l’ouvrage l’utilité comme une quantité donnée, de rechercher, d’après l’analyse, ce qui la constitue. Or, dans cette analyse, j’étais guidé par Bentham et par vous. J’aurais montré que le plus grand bien du plus grand nombre n’est point l’intérêt personnel, l’égoïsme, qui n’est qu’un intérêt étroit et mal entendu, et que le parti le plus sûr, dans le plus grand nombre des cas, n’est point de chercher son plus grand bien dans le mal des autres. C’est se mettre en état d’hostilité avec tout le monde, qui, avec le gros bon sens qui lui est propre, ne tarde pas à s’en apercevoir. De là les haines, ou tout au moins l’abandon. Exemples : Bonaparte mourant de chagrin à Sainte-Hélène, et Washington terminant à Mont-Vernon une vie glorieuse et tranquille.

Il me semble qu’il eût été facile ensuite de montrer que tout cela n’est point opposé au principe des devoirs, sur lequel grimpent nos antagonistes. L’utilité n’a réellement point d’autres ennemis que les deux troupes de sophismes que Bentham range sous les drapeaux de l’ascétisme, et de l’arbitraire ou du sentiment ; et il me semble qu’il était possible de faire comprendre dans une de ces catégories toutes les objections que l’on oppose chaque jour à un principe éminemment salutaire et social.

Je conçois comment vous désirez quelques citations des écrits de nos opposants, afin de pouvoir saisir leurs sophismes corps à corps et les empêcher de se retrancher  derrière des dénégations. Mais cela n’est pas facile ; car ces attaques sont vagues, verbales, perdues dans des ouvrages périodiques et non spéciaux. Sans avoir lu en totalité l’ouvrage de Benjamin Constant sur les religions, il me semble y avoir vu des attaques de ce genre. Il y en a dans l’ouvrage de madame de Staël sur l’Allemagne. Il y en a dans la Corinne du même auteur, liv. V, chap. 1, et dans le liv. IX, chap. 5 (« Oh ! que j’aime l’inutile ! etc. »). Dans les premières leçons, imprimées l’année dernière, du soi-disant Cours de philosophie de Cousin, dans plusieurs articles de philosophie du Globe, il y a d’autres attaques du même genre. Je n’ai pu me procurer ces articles ; mais toujours on y oppose les devoirs, le sentiment intime, la conscience, à ce qui est utile. Comme si la conscience de Ravaillac était un guide plus sûr qu’une raison éclairée ! Necker, dans le chap. 1 de ses Opinions religieuses, n’attaque pas positivement le principe de l’utilité ; mais il croit qu’il n’a point d’application dans la pratique, et que l’homme ne peut être contraint à se conduire pour le bien de la société que par la force, ou par l’enfer, qui est une autre espèce de force. Au surplus, il est à  remarquer que nous ne disputons pas sur les moyens (quoique des imaginations gratuites soient un très mauvais moyen) ; nous voulons seulement montrer le but auquel on doit tendre, c’est-à-dire le plus grand bien du plus grand nombre.

Je suis bien de votre avis, qu’il faut donner un nom propre au principe de l’utilité ; mais il faut bien expliquer notre pensée, et surtout que nous n’entendons pas par là l’égoïsme ni personnel, ni même national.

Votre mémoire est un excellent supplément à ce que nous ne pourrons pas nous procurer d’objections. C’est dans les conversations de madame de Staël, de my lord Lansdown, et dans vos réponses verbales, qu’il faut puiser. Le but général de l’ouvrage que vous enrichissez n’est pas la polémique, mais de mettre tous les jeunes gens de toute l’Europe à portée de se former de justes idées des intérêts de la société et de la nature des choses.

Vous me flattez, mon cher ami, de lire bientôt une dissertation de vous sur l’origine du droit international. Je vous avoue que j’en serai très curieux, et mon gendre Comte ne le sera pas moins que moi. Il a travaillé sur cette matière. Je ne serai pas fâché de lire quelque chose de l’Utilitaire de M. Cherbuliez. Le titre ne me paraît pas favorable, parce qu’il n’est pas clair ; mais les développements l’éclaircissent probablement.

Je n’ai point vu M. Rossi, et ce qui m’étonne encore plus, Comte ne l’a point vu non plus. Il respire peut-être un air trop saint pour se contenter de l’atmosphère qui nous entoure. Nous travaillons beaucoup et allons fort peu dans le monde, et nous avons peu de chances de rencontrer ceux qui ne nous cherchent pas.

Ma santé est bonne. Je m’attache à être modéré de tous points, même pour le travail, que je mélange d’un peu d’exercice ; et puis après avoir gagné mon pain quotidien, qu’on ne me donne par Dieu pas, je borne mon Pater à fiat voluntas tua.

Je vous souhaite du fond de mon cœur, mon cher ami, santé de corps et d’esprit, et vous transmets les amitiés de ma chère femme et de mes enfants.

J.-B. SAY.

P.S. Je ne prévois pas que je sois forcé de commencer l’impression de mon sixième volume avant trois mois. Ne croyez-vous pas avantageux de partager l’article de l’utilité en plusieurs paragraphes, ayant chacun leur titre ? Cela soulage l’attention paresseuse du lecteur.


IV.

ÉTIENNE. DUMONT À J.-B. SAY.

Genève, le 21 juillet 1829.

Je me reproche, mon digne ami, d’être si longtemps sans vous écrire, et cela parce que j’ai une chose désagréable à énoncer. Je n’ai plus l’espoir de réussir à faire l’article entre nous projeté, en réponse aux adversaires de l’utilité : je sens qu’il me faut plus de loisir et un temps plus long. Voilà de nouvelles attaques, que je ne connais point encore, de Benjamin Constant dans ses Essais philosophiques, de Rossi dans son Traité de Loi pénale qui ne vous est pas encore parvenu, de l’Edinburgh Review qui change d’avis pour la troisième fois, sans compter les voltigeurs du Globe, les pionniers de la Revue française, et une multitude de tirailleurs qui ne laissent pas de faire nombre : il n’est certainement pas difficile de montrer l’absurdité des imputations de matérialisme, de sensualisme, d’égoïsme, et de renvoyer l’opprobre de ces calomnies à leurs auteurs ; mais il faut un bon plan de réfutation, un arrangement systématique, et surtout il faut connaître quelle est la tournure des nouvelles objections, qui, venant d’une plume habile, auront sûrement de quoi entraîner la plus grande masse des lecteurs. Je vois nécessité à différer pour faire un tout compact. Je ne crois pas à des objections qui me soient nouvelles ; mais toutefois il est impossible de travailler pour ainsi dire en l’air, et de porter des coups à un ennemi qu’on ne voit pas. Indépendamment de cette raison, j’ai trouvé d’autres obstacles dans des occupations qui m’ont absorbé ; j’ai fait imprimer notre second Projet de Code pénal, d’après une révision d’un second comité, et cette opération, quoique presque entièrement mécanique, m’a pris beaucoup de temps. Il en est de même pour un Projet de Code de police. Ce n’est pas tout, un ouvrage sur nos prisons, divers articles fournis à la Bibliothèque universelle, un article fourni à l’Utilitaire, etc. : c’est plus qu’il n’en fallait pour occuper mon loisir, depuis que je me suis mis en retraite à la campagne, et surtout plus qu’il n’en fallait pour une disposition peu laborieuse, et un travail peu facile en comparaison de ce qu’il était il y a peu d’années. Quoique je ne puisse pas me plaindre de ma santé, je sens toutefois que la composition me fatigue ; ma tête s’échauffe, le sommeil se dérange aisément ; je vais prendre un congé d’un mois ou six semaines pour les lacs d’Italie avec l’intention de pousser jusqu’à Venise, si le mouvement du voyage me convient.

J’éprouve un double regret, mon cher compatriote, celui de ne pas remplir votre attente et de ne pas m’associer à votre travail ; il y avait en moi mieux que de l’amour propre dans le désir de bien faire valoir mes observations et de leur assurer et une plus grande circulation immédiate et une plus longue durée ; car, quoique tous les ouvrages philosophiques soient destinés à en produire de meilleurs, et qu’en particulier l’économie politique ait encore des progrès à faire, je crois qu’il se passera un long temps avant que votre excellent recueil fasse place à un autre plus nourri, plus méthodique, plus clair et plus agréable à lire. J’aurais joui sous tous les rapports de cette honorable association, et surtout de ce qu’elle aurait porté témoignage de notre amitié et de ces bons sentiments qui ne sont pas si communs entre ceux qui courent la même carrière.

Ce que je retire à présent, mon cher ami, c’est mon engagement à temps fixe ; car je ne renonce pas à me placer sous vos ailes dans une seconde édition.

Je vous enverrai bientôt un petit paquet contenant ce qui concerne notre prison pénitentiaire, notre code pénal, celui de police et quelques articles détachés. Je ne crois pas que l’Utilitaire se soutienne. L’auteur n’a pas consulté ses forces ; il est déjà aux ressources pour remplir son cadre mensuel : c’est un homme d’esprit, mais cela ne suffit pas pour se charger seul d’un ouvrage périodique.

J’apprends avec bien du plaisir de nos bonnes amies, mesdemoiselles Rath, que votre santé se soutient, et je vous invite à la ménager au nom de l’utilité publique et privée. Veuillez me rappeler à l’amitié de toute la famille, et exprimer en particulier à vos dames combien je suis sensible à leur bon souvenir.

Tout à vous.

Ét. DUMONT. [2]

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[1] Par une lettre du 22 avril, qu’il a été impossible de retrouver, M. Étienne Dumont accepta la proposition qui lui était faite par J.-B. Say.

[2] Étienne Dumont avait promis à J.-B. Say l’article sur le Principe de l’utilité, dont il est parlé dans ces lettres. Il partit pour l’Italie avant que d’avoir pu mettre cette promesse à exécution et il mourut dans son voyage par une attaque d’apoplexie.

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