Les Encyclopédistes et leurs doctrines économiques, par Pascal Duprat (1865)

Pascal Duprat, « Les Encyclopédistes et leurs doctrines économiques », Journal des économistes, octobre 1865

Avant Adam Smith et avant les Physiocrates, les encyclopédistes ont répandu en France des vérités économiques importantes, à une époque où les erreurs et les sophismes étaient très répandus. Dans cet article, Pascal Duprat revient sur l’importance de leur contribution à la science économique, encore dans le berceau, sur différents sujets tels que la monnaie, la liberté du travail et l’impôt.


LES ENCYCLOPÉDISTES

ET LEURS DOCTRINES ÉCONOMIQUES

« Il y a cent projets pour rendre l’État riche contre un seul dont l’objet soit de faire jouir chaque particulier de la richesse de l’État. Gloire, grandeur, puissance d’un royaume, que ces mots sont vains et vides de sens auprès de ceux de liberté, aisance et bonheur des sujets ! » Encyclopédie.

L’économie politique, comme on sait, est une science toute moderne : elle n’existait guère, comme corps de doctrine, avant l’apparition des encyclopédistes, à moins qu’on ne veuille donner ce nom à cet ensemble de notions, généralement fausses, que l’école mercantile avait jetées dans le monde. Adam Smith n’avait pas encore publié son grand ouvrage, qui ne devait paraître que plusieurs années après, c’est-à-dire en 1776. Quant aux physiocrates, qui le précédèrent et lui ouvrirent la voie, comme il le reconnaît lui-même, ils ne s’étaient pas montrés encore. C’est seulement en 1756 que leur chef, Quesnay, jeta les bases de son système, et ses idées se produisirent d’abord dans l’Encyclopédie, qui le comptait au nombre de ses écrivains.

Il y avait trois écueils à craindre pour les encyclopédistes, en abordant ces questions économiques, si nouvelles encore à leur époque.

Le premier, c’était de rester plus ou moins engagé, avec Forbonnais, dans les liens du système mercantile, dont les principes commençaient à être ébranlés, mais qui prévalaient encore dans les lois et les institutions.

Le second, c’était de se jeter, avec Rousseau, dans des déclamations plus généreuses que sensées contre le mouvement naturel de la richesse au sein des sociétés humaines.

Le troisième, enfin, et le plus à redouter peut-être, c’était de trop s’attacher à Quesnay, et de suivre jusqu’au bout les physiocrates, qui devaient mêler plus d’une erreur aux idées justes et fécondes qu’ils commençaient à propager avec toute l’ardeur d’une foi nouvelle.

Ces écueils presque inévitables, les encyclopédistes surent les éviter en partie ; on doit reconnaître néanmoins qu’ils y tombèrent plus d’une fois.

Il est difficile, sinon impossible, de ramener à un corps de doctrine, véritablement scientifique, les idées de l’Encyclopédie sur les divers sujets qui constituent l’économie politique de nos jours. Elle aborde, tour à tour, à mesure que les mots se présentent, l’agriculture, l’industrie et le commerce, ces trois domaines de la vie économique des nations. Mais sa marche n’est pas toujours bien assurée : elle se sent, en général, moins ferme sur ce terrain que sur celui de la philosophie ou de la politique, qui lui paraît beaucoup plus familier.

Toutefois, malgré les hésitations et les tâtonnements d’une pensée plus ou moins incertaine, il y a un principe auquel l’Encyclopédie se rattache avec une sorte de constance. Qu’il soit question d’agriculture, d’industrie ou de commerce, elle repousse également les restrictions, les monopoles et les privilèges, qui lui semblent contraires non seulement au droit commun, mais encore au développement de la prospérité publique, arrêtée et paralysée par toutes ces entraves. Elle insiste surtout pour la libre circulation des produits, de ceux principalement qui s’adressent au peuple, c’est-à-dire à la grande masse des consommateurs. Elle réclame, comme les physiocrates, mais sans s’enchaîner à leurs doctrines, c’est-à-dire à sa manière et pour le compte de ses propres idées, cette liberté commerciale qui, malgré tant de progrès et de réformes, n’a pu encore jusqu’aujourd’hui échapper complétement aux étreintes du protectionnisme.

L’immobilisation du sol par la main-morte, cette plaie toujours renaissante de nos sociétés modernes, n’a pas eu d’adversaires plus décidés que les encyclopédistes. Non contents d’en attaquer le principe par la voix de Turgot, à propos des fondations, ils en signalent avec vigueur les tristes résultats économiques. « Ce n’est pas, disent-ils, que les biens qui appartiennent aux gens de main-morte soient absolument perdus pour le public, puisque leurs terres sont cultivées et qu’ils en dépensent le produit dans le royaume ; mais l’État y perd prodigieusement en ce que ces terres ne contribuent pas dans la proportion des autres, et en ce que, n’entrant pas dans le partage des familles, ce sont autant de moyens de moins pour accroître ou conserver la population. On ne saurait donc veiller trop attentivement à ce que la masse de ces biens ne s’accroisse pas »[1].

Après avoir ainsi combattu l’accaparement des terres par les corporations religieuses, les encyclopédistes s’élèvent contre le monopole, non moins funeste, des corporations industrielles. À quoi bon les maîtrises ? « Elles sont censées établies pour constater la capacité requise dans ceux qui exercent le négoce et les arts et encore plus pour entretenir parmi eux l’émulation, l’ordre et l’équité ; mais, au vrai, ce ne sont que des raffinements du monopole, vraiment nuisibles à l’intérêt national, et qui n’ont du reste, aucun rapport nécessaire avec les sages dispositions qui doivent régler le commerce d’un grand peuple »[2].

« C’était trop peu que les riches et les grands eussent envahi les fonds, les terres, les maisons ; il fallait aussi établir les maîtrises ; il fallait interdire au faible, au déshérité l’usage si naturel de son industrie et de ses bras »[3].

Les abus qui résultent d’un pareil régime, « on ne pourra jamais les déraciner qu’en introduisant la concurrence et la liberté dans chaque profession »[4].

Les encyclopédistes annonçaient en ces termes les résultats heureux qu’on devait attendre de cette réforme : « Plus de gens travailleront ; l’émulation ou plutôt l’envie du succès fera sortir le génie et le talent ; la concurrence fera mieux faire et diminuera le prix de la main-d’œuvre ; les villes et les provinces se rempliront successivement d’ouvriers »[5].

Ce que les maîtrises sont pour l’industrie et la main-morte pour l’agriculture, les péages le sont pour le commerce, qu’ils paralysent et dont ils sucent la substance. On le voit, dit l’Encyclopédie, qui emprunte ici le langage passionné de Linguet, « se débattre sous les efforts d’une multitude d’oiseaux de proie, appelés buralistes, receveurs, péagers ; il n’échappe de leurs serres qu’en y laissant une partie de ses dépouilles, et comme à chaque pas la même scène se renouvelle, il arrive expirant au terme de son voyage. Il vaut mieux ne point ouvrir de routes que de les voir infestées par les harpons des péagers, ces pirates privilégiés, qui rançonnent les passants sans autre arme que des parchemins »[6].

La doctrine des encyclopédistes sur la monnaie, cet instrument universel d’échange, est déjà celle de notre temps. On peut trouver sans doute que leur langage n’est pas aussi exact et aussi rigoureux qu’il devrait l’être, quand ils se contentent de dire que « la monnaie est une figure qui représente la valeur » ou « la mesure de tous les effets d’usage. » Mais les explications qui suivent enlèvent à cette définition ce qu’elle peut avoir d’incomplet et par là même de dangereux.

« Nous distinguons très nettement, disent-ils, la dénomination ou valeur numéraire de la monnaie, qui est arbitraire, la valeur intrinsèque qui dépend du poids et du degré de finesse, et la valeur accidentelle, qui résulte des circonstances du commerce dans l’échange qu’on fait des denrées avec la monnaie »[7].

Des idées fausses, trop longtemps propagées par l’école mercantile ou monétaire, circulaient encore à ce sujet dans le public. Il n’y avait pas bien longtemps qu’un fonctionnaire de l’État, Boizard, avait prétendu, dans un livre assez répandu, que la monnaie recevait sa valeur du gouvernement qui la fabriquait et la marquait de son effigi[8]. L’Encyclopédie répond à cette erreur par les paroles suivantes :

« La monnaie ne reçoit point sa valeur de l’autorité publique ; l’empreinte marque son poids et son titre ; elle fait connaître que la pièce est composée de telle quantité de matière de telle finesse ; mais elle ne donne pas la valeur : c’est la matière qui en fait la valeur »[9].

Plus loin la même idée est reproduite dans des termes analogues, et l’Encyclopédie ajoute que « la valeur de la monnaie est plus ou moins forte selon que la quantité est proportionnelle à la demande »[10].

C’est au nom de ces principes, adoptés depuis par tous les économistes, qu’elle combat l’affaiblissement ou le surhaussement des monnaies, dont l’histoire des derniers siècles n’offrait que trop d’exemples. Elle repousse tous ces expédients au nom de la science comme au nom de la justice et de l’honnêteté. Voici ses paroles :

« Le surhaussement des monnaies n’en augmente pas le prix. On a été longtemps dans cette erreur que la même quantité d’espèces surhaussées ferait le même effet que si la quantité avait été augmentée. Ces surhaussements font que les espèces valent plus de livres ; mais c’est en rendant la livre moins valable. Le prince est obligé en justice et en honneur envers ses sujets et les étrangers qui trafiquent avec eux de ne point faire de changement dans les monnaies »[11].

Un souvenir tiré de l’antiquité résume en quelques mots toute cette doctrine : « Les anciens, dit l’Encyclopédie, estimaient la monnaie sacrée ; elle était fabriquée dans le temple »[12].

C’est avec le même bon sens et la même netteté d’esprit et de langage que l’Encyclopédie se prononce sur une autre question, qui se lie à celle de la monnaie, le prêt à intérêt ou l’usure. Elle ne voit dans le loyer de l’argent, attaqué alors plus qu’aujourd’hui par les théologiens et même par les jurisconsultes, qui se sont avisés quelquefois de déraisonner avec la théologie[13], qu’une opération parfaitement rationnelle et légitime. À ses yeux, comme aux nôtres, l’argent prêté est une force que le capitaliste met au service de l’emprunteur ; quoi de plus naturel et de plus juste que de lui faire payer l’usage de cette force, qui va devenir entre ses mains un instrument plus ou moins puissant de production ?

L’Encyclopédie, à ce sujet, réfute les arguments de diverses natures que la théologie et la jurisprudence ont reproduits tant de fois pour combattre l’intérêt de l’argent. Il n’est pas vrai que l’argent soit stérile ; il n’est pas vrai qu’il rentre complétement dans la classe des choses fongibles ; car s’il se consume, c’est « comme les grains dans une terre qui les reproduit avec avantage. » Qu’opposer, d’ailleurs, à ces paroles ? « L’emprunteur profite des années de travail et d’épargne, qui ont enfanté les sommes qu’on lui a livrées, et qui ont rendu fructueuse une industrie insuffisante, elle seule, pour les grandes entreprises : réflexion qui découvre le peu de fondement du reproche que Grégoire de Nazianze faisait à l’usurier en lui objectant qu’il recueille où il n’a point semé, colligens ubi non seminârat. Celui-ci peut répondre avec beaucoup de justesse et de vérité qu’il sème dans le commerce son industrie et celle de ses ancêtres, en livrant des sommes qui en sont le fruit tardif et pénible »[14].

Non seulement l’intérêt de l’argent est légitime, mais il devrait être libre et dépendre uniquement de la volonté des contractants. Le taux légal n’est qu’une erreur de la législation. C’est parce que les gouvernements se croient appelés à tout faire, « qu’au lieu de laisser une entière liberté sur le commerce de l’argent, comme sur le commerce de la laine, du beurre et du fromage, et de se reposer, à cet égard, sur l’équilibre moral, déjà bien capable de maintenir l’égalité entre les contractants, ils ont cru devoir faire un prix annuel pour la jouissance de l’argent d’autrui »[15].

Les idées des encyclopédistes au sujet de l’impôt peuvent également être acceptées. Sur cette matière, comme sur bien d’autres, ils se rattachent à Montesquieu, dont ils reproduisent en partie la pensée et même le langage. Cependant, comme il ne s’agit pas pour eux d’expliquer ce qui est, mais de montrer ce qui doit être, ils échappent aux contradictions qui peuvent se remarquer dans l’Esprit des lois, et, sans être aussi complets que va l’être bientôt Adam Smith, ils indiquent assez nettement les règles qui doivent présider à l’assiette, à la répartition et à la perception des taxes publiques.

Ils admettent le principe de l’impôt qui est nécessaire à l’entretien du gouvernement : « car, ce n’est que par des subsides qu’il peut procurer la tranquillité des citoyens et pour lors ils n’en sauraient refuser le payement raisonnable sans trahir leur propre intérêt »[16]. Mais, pour que l’impôt soit juste, il faut qu’il ne soit pas abusif, qu’il n’entrave pas les progrès de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, et qu’il n’offre rien d’arbitraire dans la manière dont il est assis, distribué ou perçu.

Ces conditions ne se rencontraient guère, malheureusement, dans la taille[17], les aides[18] et la gabelle[19], qui formaient encore vers le milieu du dernier siècle les trois sources principales du revenu public, ou, comme nous dirions aujourd’hui, les trois grandes branches du budget de l’État. Aussi les encyclopédistes, d’accord avec Boisguillebert et Vauban, demandent-ils la réforme de ces contributions qui sont autant d’obstacles à la prospérité nationale[20]. Ce qu’ils attaquent surtout, c’est l’inégalité de charge qui en résulte pour les citoyens, les pauvres payant trop souvent pour les riches, et le fisc exigeant plus de la misère que de la fortune ou de l’opulence.

Ils ne s’élèvent pas seulement contre les impôts qui sont établis : ils demandent, ils réclament un autre mode de perception. La France, à cette époque, était abandonnée au bon plaisir des traitants. Une grande partie des recettes était tombée entre leurs mains, et, grâce à d’habiles complaisances, ils étaient devenus à peu près les maîtres de la fortune publique. Ces publicains, comme les appelle Montesquieu, avaient ressuscité à leur profit les procédés odieux de l’antique fiscalité romaine. Ils opprimaient et ruinaient à la fois les citoyens ; ils pressuraient surtout cette partie du peuple qui n’avait ni assez d’influence, ni assez de crédit pour s’assurer leurs bonnes grâces[21]. Les encyclopédistes repoussent la ferme des impôts et demandent qu’on lui substitue la régie, c’est-à-dire que les impôts soient perçus exclusivement au profit de l’État par l’État lui-même, avec la plus grande économie possible pour le Trésor. C’est l’unique moyen d’adoucir les taxes qui doivent être conservées. « Le souverain doit ôter tous les impôts qui sont vicieux par leur nature, sans chercher à en réprimer les abus, parce que la chose n’est pas possible. Lorsqu’un impôt est vicieux par lui-même, comme le sont tous les tributs arbitraires, la forme de la régie, toute bonne qu’elle est, ne change que le nom des excès, mais elle n’en corrige pas la cause »[22].

Ce qui préoccupe les encyclopédistes dans ces idées de réforme, c’est moins le bien de l’État, qui ne les laisse pas, toutefois, indifférents, que le soulagement des citoyens et surtout de la classe populaire. Les plans n’avaient pas manqué depuis les dernières années du règne de Louis XIV, pour assurer la prospérité de l’État, comme si l’État pouvait être prospère, lorsque le peuple souffre et que la tyrannie des institutions, plus impitoyable encore que celle des princes, semble le condamner à une misère irrémédiable ! Les encyclopédistes songent avant tout à l’individu qu’on a trop oublié. « Il y a cent projets, disent-ils, pour rendre l’État riche, contre un seul dont l’objet soit de faire jouir chaque particulier de la richesse de l’État : gloire, grandeur, puissance d’un royaume, que ces mots sont vains et vides de sens auprès de ceux de liberté, aisance et bonheur des sujets ![23] »

Tels sont donc les principes économiques des encyclopédistes : plus de monopole, plus de privilège, plus de classe favorisée aux dépens des autres classes ; aussi peu de main-morte que possible, dans l’intérêt de l’agriculture qu’elle paralyse ; affranchissement de l’industrie et du commerce par la suppression des maîtrises et des douanes intérieures ; fixité de la monnaie arrachée à la sottise et à la cupidité du prince ; légitimité et liberté de l’intérêt ou loyer de l’argent, se réglant par l’état du marché, comme le prix des autres marchandises ; réforme de l’impôt ramené à des règles plus équitables et plus rationnelles et perçu par l’État au profit de tous, sans porter jamais atteinte aux forces productives, qui peuvent seules assurer, par leur développement, le bien-être et la prospérité des nations.

Si l’Encyclopédie ne fut pas scientifiquement aussi originale qu’elle aurait pu l’être dans cette partie du vaste domaine qu’elle avait embrassé, elle eut, du moins, le mérite de répandre des idées généralement justes et de les opposer aux fausses notions qui dominaient encore dans la plupart des esprits. Ce mot même d’économie politique, qui devait servir de titre à la nouvelle science, lui dut d’être connu ou du moins vulgarisé. Il avait été employé, pour la première fois, par un écrivain insignifiant des premières années du XVIIe siècle[24]. Mais, depuis cette époque, il était à peu près tombé dans l’oubli. Les encyclopédistes le reprirent et le jetèrent dans la circulation. On peut regretter qu’ils ne lui aient pas préféré le mot Économique, qui aurait eu le mérite d’être plus simple et dont il eût été plus difficile d’abuser. Ils avaient assez de crédit et de puissance pour l’introduire avec succès dans la langue, où il pouvait remplir si utilement sa place.

PASCAL DUPRAT.

Turin, le 25 juin 1865.

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[1] Encyclopédie, article Mainmorte. Voy. aussi l’article Fondation.

[2] Encyclopédie, article Maîtrises.

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Ibid. Voyez aussi les art. Jurandes et Corporations.

[6] Encyclopédie, article Péages. Cette citation est empruntée à un mémoire de Linguet aux États d’Artois. On trouve ce mémoire dans l’ouvrage publié par Linguet, sous ce titre : Les Canaux navigables. Tout le livre est écrit avec la même vivacité : c’était le ton habituel de Linguet, un des auteurs les plus passionnés du XVIIIe siècle. Il périt plus tard sur l’échafaud, pour avoir lancé un pamphlet sur le pain, où il avait, disait-on, calomnié la nourriture du peuple.

[7] Encyclopédie, article Monnaie.

[8] Traité des monnaies, par J. Boizard, 2° édition ; Paris, 1723.

[9] Encyclopédie, article Monnaie.

[10] Ibid.

[11] Ibid.

[12] Ibid.

[13] Pothier, entre autres, combat la légitimité de l’intérêt en s’appuyant sur saint Thomas. Voyez son Traité des contrats de bienfaisance. Le Mémoire sur les prêts d’argent, par Turgot, qui fut écrit en 1769, n’avait pas encore paru, quand la question fut traitée par l’Encyclopédie. Il est vrai que Turgot avait déjà dit quelques mots très sensés à ce sujet dans son ouvrage sur la formation et la distribution des richesses, qui est antérieur de quatre années.

[14] Encyclopédie, article Usure.

[15] Ibid.

[16] Ibid., article Impôt.

[17] La taille désignait l’impôt direct sous l’ancienne monarchie. On la divisait en taille personnelle et taille réelle ; mais elle ne frappait, d’après les idées du temps, que les personnes et les biens des roturiers.

[18] On ne comprenait, sous le nom d’aides, à la fin du siècle dernier, que les taxes perçues sur les boissons, sauf dans quelques localités où le mot, conservant son ancienne signification, était aussi appliqué à d’autres impôts.

[19] Il y avait eu primitivement plusieurs contributions appelées également du nom de gabelles ; mais ce mot ne désignait plus, avant la Révolution, que l’impôt du sel.

[20] On peut voir dans les écrits de Boisguillebert, en particulier, toutes les iniquités de ce régime fiscal. C’est pour remédier à ces excès que Vauban, qui sut être un grand citoyen dans un siècle de servitude, imagina sa dîme royale.

[21] Encyclopédie, article Traitant.

[22] Encyclopédie, article Impôt. Voyez aussi les articles Taille, Aides et Gabelles.

[23] Ibid., article Impôt.

[24] Antoine de Montchrétien, qui publia en 1615 un écrit intitulé : Traicté de l’économie politique, dont tout le mérite est dans le titre.

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