L’école française d’économie politique
au chevet d’un pays malade

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L’Institut Coppet s’attache à étudier et à faire connaître l’école française d’économie politique,
de Turgot à Yves Guyot et de Jean-Baptiste Say à Frédéric Passy.

Nous vous proposons dans les rubriques ci-dessous d’entendre la voix des auteurs de l’école française d’économie politique
sur quelques-unes des grandes questions qui agitent notre présent. Puissent-ils, par leur autorité et leur savoir, éclairer nos débats et guider nos pas.

Cette page est mise à jour régulièrement. Pour plus de lectures, vous pouvez consulter nos derniers textes ajoutés ou visiter l’espace bibliographique.

[Actualité : L’Institut Coppet réédite les Oeuvres de Turgot, dont la dernière édition date de 1913. Nous sollicitons votre soutien pour ce projet majeur.
– Conférence à venir : « Présidentielle 2017 dernière chance avant la révolution ? 1776 l’exemple Turgot », par B. Malbranque, lors du Weekend de la Liberté (Dax, 22-24 sep.)]

 

CHÔMAGE ET EMPLOI

LE SOCIALISME

societe-economie-politique-titreDes effets économiques de la réglementation et de la limitation du travail (1890)

Dans sa réunion en date du 5 décembre 1890, la Société d’économie politique se penche sur l’utilité présumée des règlements sur le travail, notamment ceux qui déterminent une durée de travail légale. Ses membres estiment que lorsqu’il ne s’agit pas de mineurs, mais d’adultes en possession de leurs droits, l’État n’a pas à intervenir, et qu’il doit d’abord et avant tout s’attacher à respecter la liberté des contrats.

lamartine-repoussant-le-drapeau-rouge-a-l-hotel-de-ville-de-paris-le-25-fevrier-1848-par-henri-felix-philippoteaux_5488038L’économie politique et le socialisme, par Michel Chevalier (1849)

Dans l’introduction de son cours au Collège de France, Michel Chevalier examine les reproches adressés par les diverses sectes socialistes de l’époque aux principes de l’économie politique. Il s’attache à justifier l’importance que les économistes accordent au mobile de l’intérêt personnel, à défendre le rôle économique et social du capital et du capitaliste, à préciser les bienfaits de la concurrence, et à examiner les propositions que font les économistes en faveur du progrès social.

Porteurs de farine. Scène parisienneLe faubourg Saint-Antoine ou la liberté du travail sous l’Ancien régime, par B. Malbranque

Sous l’Ancien régime, le travail des artisans et des commerçants était contrôlé par un système ultra-réglementaire connu sous le nom de corps de métiers ou corporations. Il existait cependant quelques enclos de liberté, des sortes de zones franches, où quiconque pouvait travailler selon son bon vouloir, le principal étant le faubourg Saint-Antoine. Il sera, pour Turgot ou Vincent de Gournay, l’exemple-type du succès de la liberté du travail.

karl-marxLe sophisme de Karl Marx, par Yves Guyot (1901)

Dans cet article du Journal des économistes, daté d’août 1901, Yves Guyot examine l’œuvre économique de Karl Marx pour y traquer ses errements, autrement dit ses sophismes. Après avoir examiné les grands principes du Capital  la valeur-travail, la plus-value, la concentration capitaliste —, il conclut que le socialisme marxiste, soi-disant scientifique, n’est qu’un amas de théories vagues ou invalides, toutes contraires aux faits. Même s’il peut plaire aux naïfs, le marxisme ne peut donc qu’être repoussé par l’homme de science.

Barmen_(1870)La liberté du travail, moyen pour un État de refaire ses finances. Par Michel Chevalier (1875)

Il est courant d’entendre que les difficultés budgétaires et financières des pays européens empêchent de rêver à une réforme en profondeur du marché du travail. Dans un article de janvier 1875, Michel Chevalier écartait ces fausses craintes d’un revers de main. Selon lui, établir une entière liberté du travail est le meilleur moyen pour un État de refaire ses finances, puisque cette liberté augmente dans des proportions considérables la puissance productive de la société et permet à un gouvernement de réduire le taux ou le nombre des impôts tout en recueillant des recettes stables voire croissantes.

Les solutions socialistes et le fonctionnarisme, par Eugène Rostand (1896)

Dans cette conférence de 1896, Eugène Rostand  économiste, père de l’écrivain Edmond Rostand  fait remarquer que le fonctionnarisme forme le fonds du socialisme, tant dans sa version réformiste que dans sa version utopiste. Les solutions socialistes se résument en effet toujours à agrandir le périmètre de l’État et, en multipliant ses tâches, à multiplier ses agents. C’est là, juge l’orateur, un véritable non-sens, car l’État est « un exploitant médiocre, gaspilleur, sans habileté commerciale, sans initiative, routinier, paperassier, lent, ahuri, et débordé par ce dont il a déjà charge. »

Les remèdes ou prétendus remèdes contre le chômage (1909) La tyrannie des inspecteurs du travail, par Roland de la Platière (1784)
Le travail dominical, par Charles Coquelin (1852) De l’intervention de l’État dans le contrat de travail (1893)

Les contradictions du socialisme, par Ernest Martineau (1900) Pourquoi nous ne sommes pas socialistes, par A. Leroy-Beaulieu (1895)
Où mène le socialisme ? par Paul Leroy-Beaulieu (1891) Le socialisme et la liberté, par Ambroise Clément (1848)

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Œuvres complètes de Frédéric Bastiat
Abrégé de la Richesse des Nations d’A. Smith La Loi de Bastiat, avec une étude de D. Theillier G. de Molinari, Grandeur et décadence de la guerre
Les meilleures citations de Bastiat L. de Lavergne, Écon. français du XVIIIe siècle

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IMPÔTS ET TAXES

PROTECTION OU LIBRE-ÉCHANGE
220px-BastiatPourquoi nous payons de lourds impôts ? par Frédéric Bastiat (1848)

Dans un texte oublié, pourtant d’une actualité brûlante, Frédéric Bastiat explique à travers un dialogue enjoué les raisons des lourds impôts. C’est qu’à la vérité tout se tient : fiscalité abusive, dépenses incommensurables de l’État, dette publique, déceptions électorales, guerres étrangères. Par son vote, le citoyen qui cautionne le système d’éducation par l’État,  d’intervention militaire à l’étranger, de subvention de l’industrie nationale, etc., cautionne par là même les lourds impôts qui n’en sont que la contre-partie.

congressProtectionnisme et clientélisme électoral, par Gustave de Molinari (1886)

Dans cet extrait des Conversations sur le commerce des grains et la protection de l’agriculture, Gustave de Molinari décrit le raisonnement d’un député protectionniste qui justifie sa politique par des arguments purement clientélistes. C’est donc  le processus démocratique qu’il met en cause ici, anticipant avec un siècle d’avance les travaux de l’école des Choix Publics. Le texte se présente comme un dialogue entre trois personnes : un économiste (libéral), un protectionniste (de droite), et un collectiviste (de gauche).


societe-economie-politique-titreL’impôt doit-il être un moyen de répartir la richesse entre les citoyens ? (1881)

Dans sa réunion du 5 février 1891, la Société d’économie politique s’interroge sur la raison d’être de l’impôt. Pour ses membres, il est certain que la mission de l’impôt est de financer les services régaliens de l’État, que l’initiative individuelle est incapable de fournir. Le meilleur système fiscal, selon ces économistes, est celui qui a le moins d’influence sur la répartition des richesses. Le système opposé, celui qui a pour but avoué de redistribuer les richesses, est pour eux non seulement injuste, mais inefficace.

Le_port_de_Lorient_par_Jean-Francois_Hue_1792-2La liberté du commerce de toute marchandise, par le marquis d’Argenson (1742)

Avec Boisguilbert, le marquis d’Argenson est l’un des premiers défenseurs de la doctrine du laissez-faire laissez-passer. En 1742, il esquisse dans ses cahiers un « Mémoire à composer pour délibérer le pour et le contre, et décider que la France devrait laisser l’entrée et la sortie libres dans le royaume de toutes marchandises nationales et étrangères ». Dans ce texte, le marquis d’Argenson pose les bases de la défense du libre-échange et réclame pour toute marchandise la même liberté d’entrée et sortir que l’air et que l’eau.


02-vauban-portrait vaubanMaximes fondamentales de l’impôt, par Vauban (1707)

Dans son Projet de dîme royale, Vauban a étudié avec soin la question de la fiscalité, critiquant celle de son temps pour son caractère inégalitaire et désordonné, et défendant l’alternative d’un impôt (quasi) unique, proportionnel, sur tous les revenus. Avant d’entrer dans le détail de son projet de réforme, il en indique les maximes fondamentales dans un court passage. En peu de mots, Vauban esquisse toute une théorie de l’État, qui sera reprise par les Physiocrates. Sa justification de l’impôt est à retenir : tout homme a besoin de l’État pour protéger ses droits et sa propriété contre les attaques et les prétentions injustifiées de ses semblables.

turgot-portrait-signatureLe protectionnisme en matière de fers, par Turgot (1773)

Dans cette lettre de 1773, Turgot s’oppose à l’idée qu’on taxe le fer importé de l’étranger et qu’on réglemente celui produit à l’intérieur, soutenant plutôt que « toutes les branches de commerce doivent être libres, également libres, entièrement libres ». Dans la pure tradition du laissez-faire défendue par son maître Vincent de Gournay, il écrit de même que, « ce que doit faire la politique est de s’abandonner au cours de la nature et au cours du commerce, non moins nécessaire, non moins irrésistible que le cours de la nature, sans prétendre le diriger ; parce que, pour le diriger sans le déranger et sans se nuire à soi-même, il faudrait pouvoir suivre toutes les variations des besoins, des intérêts, de l’industrie des hommes… »

L’impôt sur les riches, par Alfred Neymarck (1907) Le problème de l’exil fiscal, prévu par Yves Guyot en 1898
Vauban, un maréchal en guerre contre l’impôt injuste, par B. Malbranque Existe-t-il des impôts moralisateurs, et si oui, quels sont-ils ? (1888)

Contre les traités de commerce, par Jean-Baptiste Say (1828) La liberté du commerce, toujours utile et jamais nuisible, par Le Trosne (1765)
Physiocratie et libre-échange en France au XVIIIe siècle, par Murray Rothbard Les meilleures citations de Bastiat sur le libre-échange

ecole de la liberté

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Leçon 1 : Bastiat, ce génie méconnu
Leçon 2 : La vie de Frédéric Bastiat
Leçon 8 : Contre l’éducation classique
Leçon 9 : Socialisme et protectionnisme
Leçon 13 : Spoliation par l’impôt

visionner toutes les leçons du cours sur F. Bastiat


 

INSÉCURITÉ, TERRORISME ET GUERRES

LES MIGRATIONS

03-boisguilbert-portrait boisguilbertFaut-il attendre la paix pour réformer ? par Pierre de Boisguilbert (1707)

Depuis des mois, les réformateurs sont piégés par le problème du terrorisme, qui semble obliger à remettre à plus tard les réformes du marché du travail, de l’éducation nationale, de la fiscalité, etc. Mais faut-il attendre la fin du problème terroriste pour régler les autres problèmes ? Un texte précieux de Pierre de Boisguilbert, l’un des fondateurs de la tradition libérale française, nous éclaire à ce sujet. Dans ce supplément au Détail de la France (1695), il répond aux détracteurs de son projet libéral, qui affirmaient que l’état de guerre empêchait toute réforme économique.

immigrants arriving united statesL’émigration européenne au dix-neuvième siècle, par Horace Say (1855)

Dans un mémoire proposé à l’Académie des sciences morales et politiques, Horace Say expose la situation et les motivations des émigrants européens quittent le contient par centaine de milliers chaque année, à la recherche d’un avenir meilleur. Pour la plupart, c’est aux États-Unis qu’ils affluent, séduits qu’ils sont par l’environnement particulièrement propice qui s’offrent à eux : là-bas, ils peuvent travailler librement, s’enrichir, devenir propriétaire, et vivre en paix, loin des impôts confiscatoires, des règlements infinis, des persécutions religieuses et des guerres incessantes qui désolent l’Europe.

Cover-MOLINARI-prod-sécurité35-315x500De la production de la sécurité, par Gustave de Molinari (1849)

Par son article sur la production de la sécurité, Gustave de Molinari est le grand précurseur de l’anarcho-capitalisme. Cette doctrine, préconisant le fonctionnement du marché sans État, a connu un large développement au cours du XXe siècle. Molinari fut le premier à poser cette question audacieuse : si le marché, si l’initiative individuelle est supérieure à l’intervention étatique, pourquoi la production de la sécurité doit-elle rester un monopole public obligatoire ? Pourquoi des entreprises n’auraient-elles pas le droit, sur un marché concurrentiel, d’offrir un meilleur service aux consommateurs ?

07-gournay-livre gournay remarquesRemarques de Vincent de Gournay sur la naturalisation des étrangers (1752)

Limiter l’immigration est contre toute logique, selon Vincent de Gournay, car cela aboutit ou plutôt cela signifie limiter le travail total de la nation, cela signifie rendre plus lourd le poids des travailleurs non-productifs sur la société, cela signifie affaiblir l’État en comparaison des voisins — considération décisive à une époque où la guerre était l’état presque normal —, cela signifie enfin réduire l’émulation due à la concurrence, concurrence qui amènerait de meilleurs produits à des prix plus faibles.  Ce texte est un extrait des Remarques de Vincent de Gournay sur sa traduction des Traités de commerce de Josias Child, datant de 1752.

paix questionPacifisme et cosmopolitisme des Physiocrates, par Benoît Malbranque

Reconnu par l’histoire des idées comme les grands bâtisseurs de la doctrine du libéralisme économique, les économistes Physiocrates ont été aussi d’ardents défenseurs de la paix, à une époque où la guerre apparaissait à beaucoup d’esprits comme un horizon indépassable. Outre l’argument strictement économique du caractère ruineux des guerres, de toutes les guerres, les disciples de François Quesnay faisaient valoir que chaque nation est une partie de la même famille humaine et qu’elle doit s’entendre avec les autres, si besoin par l’intermédiaire de confédérations des nations, à l’échelle européenne ou mondiale.

immigrant inspection at ellis islandLa colonisation de la France par la main-d’oeuvre étrangère (1924)

Après la Première Guerre mondiale, l’émigration a connu en France un essor considérable. Pour reconstruire, pour relancer l’activité économique du pays, des forces humaines extra-nationales ont été demandées et obtenues. Non sans poser un certain nombre de questions, que la Société d’économie politique entend traiter dans sa réunion du 5 novembre 1924. Yves Guyot et quelques autres s’intéressent ainsi au chiffrage de l’immigration étrangère en France, aux raisons de son afflux, aux moyens d’assimiler et de rendre le plus utile cette population nouvelle, et enfin aux dangers éventuels qu’elle représente, à divers points de vue.

La paix perpétuelle est-elle une utopie ? par G. de Molinari (1856) Le droit de la guerre et de la paix, par Dupont de Nemours (1790)
La guerre et la paix, par F. Passy, prix Nobel (1867) Un ami de la paix : Gustave de Molinari, par B. Malbranque

Mémoire pour le retour des émigrés Huguenots, par Vauban (1689) Les effets économiques des émigrations (1853)
Le succès de l’émigration en Amérique du Nord (1854) La naturalisation des protestants étrangers par J. Tucker et Turgot (1755)

 


~ AUTEUR EN AVANT ~

PIERRE-SAMUEL DU PONT DE NEMOURS

1739-1817           |            Physiocrate

à l’occasion du 200e anniversaire de sa mort

Dernières réalisations (juillet 2017) :

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Travaux en cours :

  • Réédition de Dupont de Nemours et l’école physiocratique, par Gustave Schelle (1888)
  • Publication sur notre site de divers textes de Dupont de Nemours, tels que De l’exportation et de l’importation des grains ou le Mémoire sur Turgot
  • Réédition de la Notice abrégée des écrits qui ont fondé la science de l’économie politique (1769), première histoire de la pensée économique jamais écrite
  • Mise en ligne de lettres inédites de Dupont de Nemours à François Quesnay, Le Trosne, Baudeau, Abeille, etc.
  • Réédition de l’autobiographie L’enfance et la jeunesse de Dupont de Nemours racontées par lui-même (1906).

voir le détail de l’avancement des publications sur Dupont de Nemours


 

 

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