Walter Lippmann et l’origine du néo-libéralisme

La chronique quotidienne de Brice Couturier porte aujourd’hui sur Walter Lippmann et de l’origine du sens néolibéralisme.

Le néo-libéralisme est à l’heure actuelle accusé de complot, de volonté d’asservir les peuples au profit des grands intérêts économiques. Comme dit à juste titre dans cette chronique, ce phénomène n’est pas nouveau : de l’ordre des jésuites, au protocole des Sages de Sion, ou encore les francs-maçons.

Mais si l’on recontextualise l’avènement de ce mot, cela nous ramène à la fin des années 30, au colloque Lippmann (1938). Ce colloque avait pour but de rassembler les libéraux, à l’initiative de Louis Rougier sur le thème du livre de Lippmann « La cité libre » dont l’objectif était de « rénover » ou « réviser » le libéralisme. Il s’agissait donc d’intellectuels minoritaires et isolés plutôt que d’une réunion de conspiration mondiale.

L’invité du matin / Serge Audier et Olivia Leboyer

Autour de ce sujet, un ouvrage intéressant a été écrit par Alain Laurent : « Le Libéralisme Américain, histoire d’un détournement ». Dans ce livre, il explique que :

« La majorité – Rueff inclus – exprime sa préférence pour un libéralisme « social » disposant d’une certaine capacité d’intervention « positive », à base principalement « juridique » mais aussi fiscale. […] L. Baudin jugeant que le mot « libéralisme est usé et dangereux », J. Rueff préférant le conserver et l’employer seul (sans un « néo » qu’il n’aime pas du tout) et L. Mario plutôt attiré par le « libéralisme social », voire « libéralisme de gauche », W. Lippmann tranche, faute de mieux, en faveur du label « néo-libéralisme » pour clairement signifier la volonté de renouvellement. »

Rappelons que les deux ouvrages cités : « Le libéralisme américain » et « La cité libre » sont actuellement édités aux Belles Lettres.

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