Oeuvres de Turgot – 105 – Les Géorgiques

105. — LES GÉORGIQUES.

Essai de traduction en vers du premier livre des Géorgiques.

[D. P, IX, 10.]

16 décembre.

[En tête de la publication de ces essais, Du Pont de Nemours a mis un Avertissement où on lit :

« Une des qualités qui attachaient le plus à M. Turgot ceux qui avaient le bonheur de vivre dans son intimité, était le zèle actif et généreux avec lequel il s’occupait des travaux et de la gloire de ses amis. Lorsque l’un ou l’autre d’entre eux avait entrepris un ouvrage digne d’estime, M. Turgot se dérobait à lui-même un temps précieux pour donner des conseils, exposés avec une véritable affection, appuyés de raisons souvent très développées, et soutenus par des exemples ordinairement plus puissants que les raisons.

« Il aimait beaucoup l’abbé Delille, aussi aimable, en effet, par son caractère heureux, sensible et naïf, que justement célèbre par sa versification brillante et vivement frappée. Il le croyait surtout propre à traduire Pope. Mais l’abbé a bien fait de s’opiniâtrer à Virgile…

« Tout en admirant les premiers morceaux que l’abbé Delille avait traduits de ce grand poète et qu’on commençait à lire en société, M. Turgot y aurait voulu moins d’éclat, une littéralité plus habituelle et quelquefois moins recherchée, plus de simplicité, un travail moins apparent, un plus doux abandon.

« C’est afin d’indiquer dans quel esprit il eut désiré que les Géorgiques, qui n’étaient encore traduites qu’en partie, le fussent d’un bout à l’autre, qu’il avait fait et donné à Delille, sur le premier, le second et le quatrième chants, les essais que nous allons faire connaître.

« Ils n’ont été communiqués dans le temps qu’à un très petit nombre d’autres amis pour qui M. Turgot voulait bien n’avoir rien de caché…

« L’abbé Delille[1] crut pouvoir en adopter plusieurs vers, …et il a, dans d’autres endroits, donné à sa traduction, une précision, une sévérité encore plus grandes.

« M. Turgot ne pouvait supporter que l’on traduisit les poètes en prose. Ces prétendues traductions lui causaient un dégoût insurmontable. Il disait que les meilleures n’étaient, ne pouvaient être que des interprétations, que les autres étaient des assassinats. Mais il exigeait qu’en traduisant en vers des poèmes, on ne composât pas un autre poème que celui dont on s’occupait… »

La traduction de Turgot comprend presque tout le premier livre des Géorgiques. Elle ne nous paraît pas offrir assez d’intérêt pour être reproduite[2].]

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[1] Delille (1738-1813). Sa traduction parut en 1769.

[2] Aux Archives de la Haute-Vienne sont les lettres ci-après, datées de 1769 :

5 septembre. — Lettre aux officiers municipaux de La Rochefoucauld an sujet de l’adjudication des droits d’entrée.

  1. D. — Lettre au sujet de la défense de pèlerinages sans permission du Roi et des évêques.

22 novembre. — Lettre à d’Ormesson au sujet d’une réclamation formée par Durand du Boucheron, conseiller à la Cour des Monnaies.

Aux Archives Nationales (01, 587) est une lettre au subdélégué de Limoges relative à une question de procédure (Affaire Tralaigue) et par laquelle Turgot explique que, ne croyant pas pouvoir juger cette affaire seul, il a demandé un nouvel arrêt de renvoi pour être autorisé à appeler le nombre de juges nécessaires. Il ne s’agissait, en réalité, que de savoir si un intendant, chargé de l’exécution d’un arrêt, avait qualité pour recevoir une opposition à cette exécution.

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