3e Week-end de la liberté du Cercle Bastiat à Dax

En attendant les vidéos en ligne, Francis Richard propose sur son blog une synthèse des huit conférences consacrées ce week-end à la souveraineté de l’individu et à la coopération spontanée :

Par Francis Richard

Bertrand Lemennicier, professeur d’économie à l’Université de Paris II Panthéon-Assas, a ouvert le feu avec une conférence suivie d’un débat sur la famille. Avec beaucoup d’humour il a expliqué que la disparition de la famille traditionnelle s’expliquait très bien par le changement des contraintes, notamment par la possibilité nouvelle donnée à la femme de travailler sans l’accord de son mari et par l’interventionnisme de l’Etat dans le financement de la famille obtenu grâce à l’électorat féminin.

Sur l’école, Lionel Devic, avocat, président de la Fondation pour l’Ecole a d’abord retracé l’histoire de l’école depuis les lois Ferry de 1881 et 1882 qui ont instauré l’école laïque, en passant par le principe posé en 1946 de l’éducation prérogative de l’Etat et en terminant par les lois Debré de 1959 qui ont associé l’école privée au service public. Pour retrouver un enseignement de qualité et former des élèves libres, il faut que les éducateurs soient également libres, ce qui ne peut se faire que par la création de classes hors contrat et par le chèque-éducation.

Jean-Pierre Ferro, ancien officier de la police nationale, a participé à la lutte contre le grand banditisme, la drogue, le terrorisme et le kidnapping à Paris, Bordeaux, Madrid et en Colombie. Les menaces mondiales ont augmenté, les budgets ont diminué. Au cours des quinze dernières années la sécurité privée a pris une importance considérable, sous des formes très diverses, jusqu’au point de représenter des milliers de milliards de dollars de chiffre d’affaires.

La légitime défense n’est pas interprétée de la même manière dans tous les pays. En Belgique, Marc Cools, professeur de criminologie à l’Université de Bruxelles et de Gand, explique qu’elle n’est justifiée que pour les personnes et non pas pour les biens. Or de plus en plus le monopole légal de la sécurité est remis en cause du fait que les droits de propriété sont de plus en plus mal défendus. Hobbes était le plus grand menteur qui soit quand il affirmait : “L’Etat vous protège”. La sécurité privée est l’alternative. D’autant que des études sur les armes menées en Irlande, en Grande-Bretagne, en Ecosse, en Australie et aux Etats-Unis, montrent que celles-ci ne sont pas un facteur d’augmentation de la criminalité.

Patrick Simon, avocat, montre toute la différence qui existe entre la loi, c’est-à-dire le droit décrété, et le droit naturel. La loi est édictée par l’Etat, elle impose des règles, l’autorité fait la loi, la loi est instable, elle dit le bien et le mal, elle a besoin d’un support matériel. Le droit naturel énonce des principes généraux nés de l’expérience, les règles sont spontanées, la justice fait le droit naturel, il s’agit de trancher entre un bien et un autre bien, le droit naturel évolue et résulte d’un processus de découverte, il existe sans qu’un support matériel ne soit nécessaire. Quand le droit naturel n’est pas respecté, la sanction arrive. La loi de 1948 de blocage des loyers en France s’est traduite par le fait que les propriétaires n’avaient plus intérêt à entretenir leurs biens…

Après un rappel historique sur la monnaie Philippe Nataf, professeur à l’Université Paris IX Dauphine, montre tout l’intérêt que représente les banques libres. Cela suppose l’abolition du cours légal des monnaies, la liberté pour les banques d’ouvrir des comptes en or et la liberté pour elles de frapper des pièces en or.

Jacques de Guenin, fondateur du Cercle Frédéric Bastiat, rappelle qu’une entreprise résulte de contrats privés dont l’Etat ne devrait pas se mêler. Dans une économie libre les salaires devraient être librement négociés, en se souvenant qu’un salarié n’est pas employable si son coût marginal est supérieur au profit marginal que son employeur peut en retirer. Pour vivre l’entreprise doit continuellement s’adapter. C’est ainsi que le plein emploi peut être obtenu. Il n’y a pas besoin d’autorité extérieure pour répartir le temps entre le travail et les loisirs. Cela se fait par la négociation de même que la résolution des conflits.

Les interventions de l’Etat, en France, au contraire, provoquent le chômage. Le SMIC empêche l’embauche et coûte plus de deux fois ce que perçoit le salarié. Le Code du Travail empêche de se séparer des personnes qui ne font pas l’affaire et de diminuer les effectifs quand c’est nécessaire. Les 35 heures payées 39 ont peut-être créé 300 000 emplois de fonctionnaires mais ce sont autant de biens et de services dont les entrepreneurs et les consommateurs ont dû se priver. Car un emploi public est plus onéreux qu’un emploi privé, il est la plupart du temps inutile, voire nuisible, puisque rien n’empêche que sa productivité marginale soit inférieure à son coût marginal. Enfin les syndicats subventionnés par l’Etat n’existent que pour mettre de l’huile sur le feu. Dans le privé la syndicalisation est inférieure à 5%… et les conflits beaucoup plus rares que dans le public.

Quelle serait la constitution de la liberté ? C’est à cette vaste question qu’a tenté de répondre Jean-Philippe Feldman, avocat, professeur de droit à l’Université de Rennes. Pour les libertariens il n’est pas besoin de constitution. Pour les libéraux, ce n’est pas le cas. Après avoir passé en revue les différents types de démocraties, Jean-Philippe Feldman dessine le portrait de ce que devrait être, selon lui, le régime le plus à même de défendre la liberté.

Il s’agirait d’une démocratie bi-camérale, où les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire seraient réellement séparés. Le scrutin devrait être majoritaire à un tour pour éviter l’instabilité et les manoeuvres entre partis. La constitution devrait être courte et simple à comprendre par …les hommes politiques et par les citoyens. Sans être hostile à la démocratie semi-directe le conférencier évoque ses craintes en matière de souveraineté de l’individu et de la part des groupes de pression. Il n’aime pas non plus la rhétorique souvent employée dans ce cadre à l’égard de l’oligarchie.

Dans sa conclusion Patrick de Casanove, médecin, président du Cercle Frédéric Bastiat, cite Michel Guenaire :

“Le libéralisme c’est la morale de la liberté.”

Le fait est que la loi ne crée pas la morale. C’est la morale qui doit inspirer la loi.

La morale de la liberté repose sur les six derniers des dix commandements :

– Tu aimeras ton prochain
– Tu ne tueras pas
– Tu ne voleras pas
– Tu ne convoiteras pas le bien d’autrui
– Tu ne mentiras pas
– Tu honoreras ton père et ta mère

Elle considère que les hommes sont inégaux mais également dignes.

L’Etat libéral laisse faire les bons et punit les mauvais. Il laisse faire la concurrence et le libre choix. Il est opposé à la spoliation légale, à l’arbitraire, à la soumission, à l’irresponsabilité collective, au mépris de l’individu. Tout homme a des capacités et des talents utiles à l’humanité.

La charité libre permet à l’homme de sublimer son destin dans l’amour du prochain :

“Faites aux autres ce que vous voudriez que les autres fissent pour vous” disait Frédéric Bastiat

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