Baltimore, oubliée des médias ?

emeutes-baltimore-violences-policieresPar Damien Theillier*

La couverture média des émeutes de Baltimore a été courte. Trop courte. D’autres sujets plus croustillants sont arrivés aux oreilles des rédactions.

Dommage, car ce qui s’est passé à Baltimore peut se passer, d’une certaine façon, en France.

Je suppose que vous savez ce qu’il s’est passé.

Un jeune homme a été arrêté de façon très musclée par la police. Pour quelle raison ? On l’ignore. La justice le découvrira. Freddy Gray, ce jeune homme, était connu défavorablement de la police.

Ces 10 dernières années, il a fait l’objet de 22 interpellations liées à la drogue – détention et trafic.

A la mort de Freddy Gray, les quartiers populaires de Baltimore se sont embrasés. Pêle-mêle : agressions physiques, saccages, et scènes de pillages.
Voyez : la colère a remplacé la raison.

Un certain nombre de journalistes ont évoqué une lecture raciale de l’événement.

Les pauvres afro-américains contre les policiers blancs. Cette grille de lecture ne tient pas dès lors qu’on sait que l’unité d’intervention était
constituée de policiers de tous horizons.

La cause est ailleurs – et trop peu de médias en ont parlé.

Avant de vous en dire plus, je veux être sûr que nous soyons sur la même longueur d’ondes : Il ne s’agit pas d’excuser les émeutiers. En aucun cas.

En effet, détruire un peu plus son environnement n’est pas le meilleur moyen de s’en sortir.

S’attaquer à la propriété privée durement acquise par ses proches – les biens des voisins, les petits commerçants – ne crée pas non plus de la croissance.

bastiatVous connaissez Frédéric Bastiat. Vous connaissez son sophisme de la vitre cassée. Imaginez la vitrine de votre magasin favori est cassée. Belle affaire pour le vitrier. Belle affaire pour l’économie ?

Non, dit Bastiat :

  ” La vitre étant cassée, l’industrie vitrière est encouragée dans la mesure de six francs ; c’est ce qu’on voit.

Si la vitre n’eût pas été cassée, l’industrie cordonnière (ou toute autre) eût été encouragée dans la mesure de six francs ; c’est ce qu’on ne voit pas. “

C’est vrai.

Les conditions de vie dans les quartiers pauvres sont difficiles. Le chômage dépasse 8,4% de la population active (contre 5,5% en moyenne).

Revenir sur le marché du travail est difficile – et de trop nombreuses personnes dépendent des bons alimentaires.

Sans travail, pas la dignité de gagner son pain quotidien de ses propres mains.

Mais d’où vient ce manque de travail ?

Jeffrey Tucker listait plusieurs causes de l’émeute de Baltimore : la guerre contre la drogue, la militarisation de la police, le communautarisme, le nivellement vers le bas de l’éducation, etc.

Je ne développerais ici qu’une seule cause.

Baltimore est un bastion démocrate depuis plusieurs décennies. Avec une politique centrée sur l’assistanat, ils ont coupé une partie de la population du monde du travail. Comment ? En développant un salaire minimum.

Et tant qu’à faire, un salaire minimum bien trop élevé.

8,25$ de l’heure aujourd’hui, il est prévu de l’augmenter à 10,18$ en 2018. Toute personne incapable de produire 8,25$ plus bénéfices est automatiquement exclue du marché du travail.

Pourquoi cela éloigne-t-il les plus faibles du travail ? Regardez cette vidéo sous-titrée par l’Institut Coppet :

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