Lettres inédites de Léon Aucoc à Arthur Mangin

Sont publiées ici deux lettres et une carte de visite avec mention manuscrite, envoyées par Léon Aucoc, membre de l’Institut, juriste de formation rallié à la doctrine du libéralisme, et Arthur Mangin, collaborateur de Paul Leroy-Beaulieu au journal l’Économiste français. Dans l’une de ces lettres, Léon Aucoc précise la nature de son libéralisme et de ses convictions sur les attributions de l’État : tandis que Mangin reste fidèle à la conception de l’État minimal, Aucoc considère que le libéralisme doit s’ouvrir à plusieurs revendications légitimes d’intervention de l’État.


Lettres inédites de Léon Aucoc à Arthur Mangin

(Collection privée.)

 

Lettre de Léon Aucoc à Arthur Mangin, 2 janvier 1882.

Mon cher confrère, 

En vous adressant mon troisième volume [des Conférences sur le droit administratif], je vous demande la permission d’appeler votre attention sur les parties nouvelles : Dans les notions historiques et documents statistiques, l’histoire des débats parlementaires de 1876 à 1882, le résumé de la structure du réseau, les rapports sur les chemins de fer étrangers (j’ai souvent profité de l’Économiste français et je le dis), le fragment sur le rachat p. 455 à 478 (le chapitre sur l’administration du réseau d’État). Les règles relatives aux tarifs p. 688 et suivantes ont été profondément remaniés. Les discussions récentes sur ce sujet ont été résumées et appréciées trop brièvement peut-être, mais avec un certain soin. J’ai cherché à garder, vous le verrez bien, dans l’expression de mes opinions, la mesure qui convient à un ouvrage scientifique.

Je n’ai pas besoin de vous dire que tous les tableaux de chiffres et il y en a beaucoup, ont été remis au courant.

Croyez à mes sentiments affectueux, 

Léon Aucoc.


Lettre de Léon Aucoc à Arthur Mangin, 11 janvier 1886.

[Cette lettre fait suite au compte-rendu par Arthur Mangin (L’Économiste Français, 2 janvier 1886) de la discussion à l’Académie des sciences morales et politique, sur les attributions légitimes de l’État, à laquelle Léon Aucoc participa.]

Monsieur,

Si j’avais été fâché de vos observations, je me serais bien gardé de vous le dire.

J’ai voulu simplement, à raison de nos bons rapports, répliquer à vos critiques qui m’avaient étonné d’autant plus que vous louez chez M. Desjardins les idées et les mots (celui d’intérêt commun notamment) dont j’avais eu soin de me servir pour présenter une formule acceptable par les économistes en écartant celle du mal nécessaire. 

Je vois avec plaisir que nous sommes plus près que je ne le croyais d’être d’accord. Mais je ne comprends guère comment, en maintenant que l’État est dans son rôle lorsqu’il crée des routes, vous pouvez trouver bonne la formule qui veut réduire ses attributions à l’organisation de l’armée, de la police et de la justice. J’ai fait la même observation à M. Desjardins et j’attends sa réponse.

Croyez à mes sentiments distingués, 

Léon Aucoc.


Carte de visite avec mention manuscrite [mars 1887] :

Léon Aucoc, Membre de l’Institut, rue Sainte-Anne, 51.

regrette vivement d’avoir été empêché d’aller rendre un dernier hommage à M. Arthur Mangin dont il appréciait tout le mérite. 

A propos de l'auteur

L’Institut Coppet est une association loi 1901 dont la mission est de participer, par un travail pédagogique, éducatif, culturel et intellectuel, à la renaissance et à la réhabilitation de l’école française d’économie politique, et à la promotion des différentes écoles de pensée favorables aux valeurs de liberté, de propriété, de responsabilité et de libre marché.

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