Qui est Ayn Rand ?

Par Damien Theillier

La traduction française d’Atlas Shrugged sort le 22 septembre 2011 aux Belles Lettres sous le titre : “La Grève“. Elle est accompagnée d’une biographie intellectuelle d’Ayn Rand par Alain Laurent, intitulée : “Ayn Rand ou la passion de l’égoïsme rationnel“, aux Belles Lettres également. L’article ci-dessous, publié originellement sur 24hGold, est une introduction à la philosophie d’Ayn Rand.

Un siècle après sa naissance et plus d’une décennie après sa mort, Rand reste l’un des auteurs les plus vendus et les plus influents dans la culture et la pensée américaine. Née en Russie en 1905, dans une famille juive aisée sous le nom d’Alyssa Zinov’yevna Rosenbaum, elle assiste en direct à la révolution bolchévique à Saint Petersbourg. Après des études d’histoire et de philosophie, elle se passionne pour le cinéma américain, véritable rayon de soleil dans l’enfer collectiviste soviétique. Elle parvient finalement à fuir l’URSS en 1926 et s’installe aux États-Unis, ne sachant pas un mot d’anglais. Elle publie son premier roman en 1936, We the living (Nous les vivants), puis, en 1943, The Fountainhead (La Source vive), suivi d’Anthem en 1946 (Hymne), et d’Atlas Shrugged en 1957.

Il a fallu 12 ans à Ayn Rand pour achever l’écriture de ce roman de 1800 pages qui n’a pas connu immédiatement le succès. Au total, quelque 20 millions d’exemplaires des livres de Rand ont été vendus aux États-Unis, dont plus de 10 millions de copies pour le seul Atlas Shrugged. Ce roman figure désormais au troisième rang des « classiques de la littérature américaine » les plus achetés sur le site de vente en ligne Amazon. La 1ère partie du film, inspiré de l’ouvrage éponyme d’Ayn Rand, est sortie le 15 avril sur les écrans aux Etats-Unis et vient de sortir en DVD. La traduction française du roman sort enfin en France grâce à la persévérance d’Alain Laurent, à la générosité d’Andrew Lessman, au talent de Sophie Bastide-Foltz et au savoir-faire des Belles Lettres.

Dans Atlas Shrugged, le discours fleuve que prononce John Galt à la radio est un véritable manifeste des principes de l’Objectivisme, philosophie qui veut donner une base éthique et philosophique au capitalisme.

Avec ce roman, elle acquiert une vraie renommée dans le pays et sera finalement invitée à prononcer des conférences dans les plus grandes universités : Yale, Berkeley, Princeton, Columbia, Harvard, malgré la méfiance qu’elle continuera d’inspirer à la plupart des intellectuels académiques.

L’individualisme radical d’Ayn Rand

Ayn Rand a vu de près la réalité et les conséquences du collectivisme et du culte de État en URSS. Mais elle a été surprise de constater que l’Amérique des années trente était séduite par les idées communistes. Dès l’origine, Ayn Rand a fait de l’individualisme son combat. On peut le qualifier de moral ou de rationnel car il défend le droit fondamental de chaque individu à vivre librement, selon son propre jugement.

Howard Roark, le héros de The Fountainhead est un personnage emblématique de cet individualisme que défend Ayn Rand. Architecte, il lutte seul contre tous pour faire reconnaître son droit de libre créateur. C’est un individualiste déterminée à poursuivre sa vision artistique dans un monde collectiviste. Traduit devant un tribunal, il défend sa propre cause dans un plaidoyer retentissant en faveur de l’indépendance individuelle.

La philosophie objectiviste

A partir du début des années 50, Ayn Rand cherche à fonder l’individualisme sur les exigences d’une nature humaine définie objectivement. Dans la Vertu d’égoïsme, en 1964, elle reprend les thèses exposées dans Atlas Shrugged en 1957 mais sous une forme systématique. Dans cette démarche philosophique, elle s’inspire principalement d’Aristote qu’elle oppose souvent à Kant

La philosophie objectiviste s’articule autour de cinq parties logiquement emboîtées :

* Métaphysique, la théorie de l’existence : l’existence comme seule réalité
* Épistémologie, la théorie de la connaissance : la raison comme seule norme de vérité
* Éthique, la théorie des valeurs morales : l’accomplissement de soi comme seule norme éthique
* Politique, la théorie des droits et du gouvernement : la justice comme seule norme politique
* Esthétique, la théorie de la nature de l’art : le beau comme seule norme esthétique

Il existe une relation hiérarchique entre ces thèses. A la racine se trouve la métaphysique, l’étude de l’existence et de la nature de l’existence. L’épistémologie, l’étude de la connaissance et de la façon dont nous connaissons la réalité, lui est étroitement liée. L’épistémologie est dépendante de l’éthique, c’est l’étude de la manière dont l’homme doit agir. L’éthique repose sur l’épistémologie parce qu’il est impossible de faire des choix sans connaissance. La politique est une sous-partie de l’éthique : c’est l’étude de la façon dont les hommes doivent interagir dans une société ouverte. L’esthétique est une sous-partie de la métaphysique, de l’épistémologie et de l’éthique.

L’éthique objectiviste : la vertu de l’égoïsme rationnel

L’éthique est la science dont la fonction est de définir et de mettre en forme un code de valeurs. Une fondation appropriée de l’éthique consiste à définir un critère de valeur auquel tous nos objectifs peuvent être comparés. Or la vie proprement humaine se confond avec la vie rationnelle, car seul l’usage de la raison permet à l’homme de mener son existence propre. Pour exceller en tant qu’être humain, l’homme doit vivre selon son propre jugement et rechercher son intérêt rationnel. Le but éthique et rationnel de chaque individu est la réalisation de son intérêt propre, de son bonheur.

Cet égoïsme rationnel s’oppose à l’altruisme, au tribalisme et à toute forme de collectivisme c’est-à-dire de sacrifice de soi-même au profit d’un autre. Les intérêts individuels ne doivent en aucun cas être sacrifiés à un intérêt collectif. Seuls les individus ont des droits. La communauté en tant que telle n’en a pas.

Les droits de l’homme

Les droits de l’homme se résument dans le droit pour un individu d’utiliser sa raison, à l’exclusion de toute coercition, pour mener sa propre vie. Raison et liberté vont de pair. Aucun homme ne peut obtenir les valeurs des autres par le recours à la force physique, et aucun homme ne peut initier le recours à la force physique contre les autres. Les hommes devraient se traiter entre eux, non comme des victimes et des bourreaux, ni comme des maîtres et des esclaves, mais comme des commerçants, par des échanges volontaires à l’avantage mutuel.

La différence entre pouvoir économique et pouvoir politique

L’État est détenteur du monopole légal de la force physique. La nature de l’action étatique est l’action coercitive. La nature du pouvoir politique est d’obtenir l’obéissance sous menace de contraintes physiques, que ce soit la menace d’amende, d’expropriation, d’emprisonnement ou de mort.

Par contre sur un marché libre, aucun individu, aucun groupe privé ne dispose du pouvoir d’imposer à d’autres individus ou groupes d’individus d’agir contre leurs propres choix. Les individus commercialisent leurs biens et services selon leurs avantages mutuels, selon leur propre jugement exercé sans contrainte. On ne peut s’enrichir qu’en proposant des biens ou des services d’une plus grande valeur ou à prix moindre que ce que les autres sont capables d’offrir.

Il en résulte que :

·         le pouvoir économique s’exerce par des moyens positifs, il offre à chacun une récompense, une incitation, un paiement, une valeur ;

·        le pouvoir politique s’exerce par des moyens négatifs, par la menace de la punition, de l’emprisonnement, de la destruction.

L’outil de l’entrepreneur est la création de valeur, celle du bureaucrate est la création de la peur. L’entrepreneur rend un service à la société, le bureaucrate la parasite.

Le capitalisme de laissez-faire

Ceci conduit Ayn Rand à défendre l’idée d’un gouvernement limité ou d’un État ultraminimal, dans l’esprit des Pères fondateurs. L’État doit avoir une fonction strictement limitée de protection des droits contre l’agression. Ce principe a trois conséquences :

– La force est légitime seulement si elle est exercée en réponse à une agression initiale.

– L’État doit être doté des moyens de la force publique pour réprimer ce type d’agression.

– Il doit agir dans le cadre de lois justes qui établissent clairement les droits et les devoirs de chacun.

Le « capitalisme de laissez-faire » est le seul système politico-économique compatible avec ces principes. Il s’agit d’un système dans lequel les gens travaillent pour eux-mêmes et ont le droit de penser et de vivre selon leur propre conscience. Les partisans du capitalisme de laissez-faire sont par conséquent les seuls défenseurs des droits de l’homme selon Ayn Rand.

L’économie de marché est en effet compatible avec une perspective morale car c’est un système qui repose sur le jugement individuel, sur la capacité d’identifier, et d’évaluer la valeur réelle ou potentielle d’un objet. Or, il n’y a d’actions morales que volontaires et choisies. Dès lors qu’une action est forcée, elle perd sa dimension éthique et ne peut être celle d’un homme vertueux. Nous sommes moralement bons, responsables et dignes de respect dans la mesure où nos actes découlent de notre propre volonté, et non de la coercition. Le capitalisme est garant de cet espace moral et de l’autonomie individuelle car il est fondé sur la propriété.

L’actualité d’Ayn Rand

En 1991, une enquête réalisée par la bibliothèque du Congrès a constaté qu’Atlas Shrugged était le deuxième livre le plus influent pour les américains, juste après la Bible. En 2009-2010, ses ventes ont triplé.

En effet, ce livre décrit sous une forme littéraire ce que chacun peut désormais observer tous les jours : les interventions de l’État dans le domaine de l’économie ont des conséquences opposées aux buts annoncés. Les politiciens veulent apporter des réponses aux crises que, dans la plupart des cas, ils ont eux-mêmes créées. Ils votent de nouveaux programmes gouvernementaux, des lois et des règlements qui faussent les prévisions des acteurs du marché et provoquent une plus grande incertitude, inspirant aux hommes politiques de nouveaux programmes. Le scénario se répète jusqu’à ce que les secteurs productifs de l’économie s’effondrent sous le poids des taxes et autres charges imposées au nom de l’égalité et de l’altruisme. En 2009, de nombreux américains ont relu Atlas Shrugged comme un livre prémonitoire.

Le retour d’Ayn Rand sur le devant de la scène aux États-Unis depuis quelques années ne peut se comprendre que dans le contexte d’une tradition américaine qui accorde le primat aux libertés locales sur le gouvernement fédéral. Or beaucoup d’américains critiquent la dérive de Washington vers une forme de Big Government qui rompt avec toute la philosophie des Pères fondateurs. D’où le succès d’un mouvement populaire comme celui du Tea Party qui a fait d’Ayn Rand l’une de ses références majeures.

Bibliographie selective

The Virtue of Selfishness (1964), traduction française : La Vertu d’égoïsme, Paris, Les Belles Lettres, 1993.

Philosophy Who Needs It? (1962)

Capitalism The Unknown Ideal (1962)

The Romantic Manifesto (1969)

Introduction to Objectivist Epistemology (1990)

Films

En 1949, The Fountainhead a été adapté au cinéma par King Vidor, avec Garry Cooper et Patricia Neal. Le titre français est Le rebelle (version sous-titrée).

The Passion of Ayn Rand, 1999, avec Helen Mirren et Peter Fonda, adaptation de la biographie de Barbara Branden (1986).

Ayn Rand : a sense of life. Un documentaire écrit, produit et dirigé par Michael Paxton en 1997.

Atlas Shrugged : Part I est un film de Paul Johansson, sorti en avril 2011 aux USA.


22 Réponses

  1. Pascal JAcob

    Merci Damien pour cette fiche de lecture, sur cette philosophe que je ne connaissais pas.
    Puisque c’est une invitation à la discussion, j’y entre volontiers.

    Tu dis qu’elle invoque Aristote contre Kant (ce qui me la rend immédiatement sympathique), mais que son éthique est un égoïsme rationnel dont la politique est une sous partie et dans lequel l’individu cherche son bonheur propre.

    Il me semble que chez Aristote l’Éthique est une sous partie de la politique, et que le bonheur de l’individu est nécessairement un bonheur commun, comme le suggèrent les livres sur l’amitié dont la Politique est le couronnement. Ainsi Aristote n’oppose pas, me semble t il, le bonheur de l’individu au bien commun, puisque le bien commun est non seulement l’ensemble des conditions du bonheur individuel, mais il en est même l’accomplissement.

    Amicalement,

    Pascal

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    • Damien Theillier

      Cher Pascal, il y a incontestablement des divergences entre Aristote et Ayn Rand. Elle s’en inspire pour son réalisme métaphysique, épistémologique et moral mais elle s’en éloigne par son individualisme radical. Cela dit on peut la suivre quand elle parle d’égoïsme rationnel au sens ou nul ne peut sacrifier son individualité sans renoncer à sa dignité de personne. Quand elle parle d’altruisme sacrificiel, elle désigne toutes les morales qui réifient la société au point d’en faire un individu qui aurait une dignité ontologique, une âme, une volonté (Rousseau…) etc. Bref les morales sociales qui subordonnent l’individu à la transcendance de l’Etat. Elle est sans doute excessive dans sa critique, d’autant qu’elle place le christianisme dans cette catégorie, ce qui est un contresens. Mais nul n’est parfait. La biographie d’Alain Laurent montre bien les lacunes philosophiques d’Ayn Rand (qui était d’abord et surtout romancière).

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      • Damien Theillier

        La doctrine de l’éthique altruiste, que Rand définit à la manière d’Auguste Comte, est l’obligation morale d’exister pour les autres.
        Selon George H. Smith : « Pour Comte, l’altruisme n’est pas simplement la bénévolence ou la charité, mais plutôt l’obligation morale et politique de l’individu de sacrifier ses propres intérêts au nom d’un mieux social. Ayn Rand n’était pas opposée au fait d’aider ceux qui sont dans le besoin, tant que ces actions sont volontaires. La doctrine de l’altruisme, pour Rand, est mauvaise en partie parce qu’elle permet de justifier la cœrcition – c’est-à-dire l’engagement de la force physique – dans les relations sociales, pour bénéficier à certains au détriment des autres.»

      • Emmanuel Lazinier

        Non, Ayn Rand n’a pas défini l’altruisme à la manière d’Auguste Comte, que manifestement elle n’a pas lu.

        Pour s’en convaincre il suffit de jeter un oeil à l’ouvrage majeur de Comte, le Système de politique positive (1851-1857).

        Dans cet ouvrage, qui se veut un traité de sociologie, Comte propose une introduction biologique à la sociologie (tome 1, chap. 3), dans laquelle il expose sa propre théorie du cerveau.

        Cette théorie postule que le cerveau est composé d’un ensemble de fonctions, qui peuvent être regroupées en
        – affectives
        – intellectuelles
        – actives
        (Voir le tableau des fonctions du cerveau de Comte.)

        Comte considère que ce sont les instincts affectifs qui jouent le rôle moteur dans le cerveau : ils pilotent les fonctions intellectuelles et actives. Il les divise en (1) individuels/égoïstes, (2) sociaux/altruistes.

        A la suite de cela Comte va entreprendre de repenser toute son oeuvre selon les deux principes de supériorité de l’affectivité sur l’intellect et de l’altruisme sur l’égoïsme–ce qui ne veut nullement dire que ce dernier devait être éradiqué, comme l’imagine Ayn Rand, ni que l’individu doive se sacrifier (encore moins être forcé à se sacrifier !)

        Sur cette base de l’altruisme conçu comme un instinct inné, Comte va ajouter, dans le 2e volume de son traité, au sommet de sa fameuse classification des sciences, une septième science, la morale naturaliste, qu’il conçoit comme la science de l’homme individuel et qui devient pour lui la science suprême. (Voir mon essai sur La psychologie d’Auguste Comte et l’article d’Angèle Kremer Marietti Auguste Comte et l’éthique de l’avenir.)

        Quand à vouloir imposer sa morale par la coercition d’État, Auguste Comte n’y a pas songé un seul instant. Il a même enseigné tout le contraire. Pour lui pouvoir temporel et autorité spirituelle doivent être absolument séparés : nulle contrainte, pas même psychologique, nul endoctrinement n’est acceptable en matière spirituelle (Voir Auguste Comte et les libertés.)

  2. Pascal

    Merci pour ces éclaircissement. Au fond on est encore dans l’opposition entre le bien personnel et le bien commun, qui conduit des auteurs comme Smith à ce genre de contorsions, à la suite de Rousseau. Ca mérite un détour !

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  7. Fulgence Ridal

    C’est un article intéressant sur une personne intéressante. Le problème c’est que ça n’a rien à voir avec la pensée d’Aristote. Même s’il est question chez le philosophe grec de se réaliser individuellement avec des principes rationnels, l’Ethique tendant vers le Politique, il est toujours question de se réaliser selon le primat du bonheur politique (dans ce cas, il est toujours a priori). D’où le concept d’animal politique, en quelque sorte.
    Alors que dans la théorie libérale classique, c’est l’inverse. On suppose que l’entrepreneur qui cherche à s’enrichir, le fait en rendant service au consommateur. Ce faisant, il contribue à la prospérité ou au bonheur de la société seulement a protériori.

    Je n’ai jamais trop compris pourquoi Menger ou même Rand faisaient référence à Aristote, même s’il pose les bases de l’individualisme, c’est indéniable, Il est toujours question de réaliser son essence cad d’un individu qui veut réaliser le bonheur de la société, ce faisant il se réalise lui-même. Alors que l’homme qui entreprend n’a pas de telles prétentions … l’expérience montre même que l’on convainc pas grand monde à entreprende avec de tels projets …

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