Oliver Twist, pur produit du protectionnisme

Oliver TwistParis, jeudi 23 octobre 2014

Cher lecteur,

Avez-vous lu Oliver Twist de Charles Dickens ?

Je suppose que oui – c’est le roman le plus connu de Dickens. Mais savez-vous qu’au-delà d’une peinture peu reluisante de la pauvreté dans le Londres du XIXe siècle se cache une mesure protectionniste ?

Cap vers l’Angleterre du XIXe siècle ! Au Parlement britannique, des hordes de protectionnistes débarquent. Ils n’ont de cesse de vouloir réglementer le cours des céréales et de soutenir les producteurs anglais.

Le Corn Law Act, voté en 1815, interdit toute importation de céréales lorsque les cours passent sous le seuil déterminé par la loi. Pourquoi ?

Eh bien, les producteurs n’arrivaient pas à suivre face à la concurrence étrangère. Avouez meilleur climat que les îles britanniques pour faire pousser des céréales. La logique voudrait que l’Angleterre privilégie ce qu’elle sait faire de mieux.

Mais non ! Les hommes politiques, clientélistes, n’hésitèrent pas à voter des lois pour verrouiller le marché des céréales, au grand dam de la population.

La polémique couve… jusque dans les années 1830. La crise économique éclate et appauvrit les citoyens anglais. Le Corn Law Act est directement visé. Une loi qui protège les rentes de quelques céréaliers alors que l’Anglais moyen a du mal à remplir l’assiette de ses enfants, voilà qui fait mauvais effet.

Oliver Twist, le merveilleux roman de Charles Dickens, paraît à cette époque. La description des sordides bas-fonds de la capitale britannique illustre ce qu’une mesure clientéliste peut faire subir aux plus faibles.

Cet événement en apparence banal – pour preuve, nous avons les mêmes zèbres aujourd’hui – va sceller le destin d’un économiste français.

Au cas hypothétique où vous ne connaîtriez pas le fer de lance de l’école française d’économie, Frédéric Bastiat est l’économiste français le plus connu au monde.

Mais connaissez-vous son mentor ?

Un homme ne se fait pas tout seul. Ses inspirations, ses relations construisent son avenir. L’élève a une telle renommée qu’il a éclipsé son maître.

Et pourtant, sa pensée économique mérite qu’on s’attarde sur elle. Le numéro de septembre de Laissons Faire comporte un article pour tout savoir sur le maître de Frédéric Bastiat :

Les professions réglementées – les céréaliers anglais de notre temps – feraient bien de se méfier ; les lois de l’économie n’ont pas changé.

Meilleures salutations,
Damien Theillier, président

©2014 Institut Coppet, Paris

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