La banque centrale face à la banque libre à réserve fractionnaire : une vision autrichienne

Jesus Huerta de SotoCet article sur la controverse entre la banque centrale et la banque libre à réserve fractionnaire a été publié originellement dans The Review of Austrian Economics, Vol. 8, No. 2 et peut être consulté en anglais sur le site du Mises Institute.

Jesús Huerta de Soto est un économiste espagnol représentant de l’école autrichienne, également docteur en droit, qui enseigne l’économie politique à l’Université Juan Carlos à Madrid, en Espagne. Il a dédié cet article à James M. Buchanan, en gratitude pour l’avoir publiquement défendu et soutenu lorsqu’il a mis en avant les idées les plus importantes contenues dans ce document lors de la conférence régionale de Société du Mont-Pèlerin qui a eu lieu à Rio de Janeiro, en septembre 1993. L’auteur a tenu à remercier le regretté Murray N. Rothbard, qui a pris beaucoup de peine pour rendre l’exposition plus agréable à lire, ainsi que deux relecteurs anonymes, pour leurs remarques détaillées et constructives.

Traduit par Marc Lassort, Institut Coppet


La théorie de la monnaie, du crédit bancaire et des marchés financiers constitue le défi théorique le plus important pour la science économique aux prémisses du XXIe siècle. En fait, il n’est pas exagéré de dire que puisque que « l’écart théorique » représenté par l’analyse du socialisme a été rattrapé, le champ d’étude le moins connu et pourtant le plus important est le champ monétaire. Comme l’a énoncé correctement Friedrich A. Hayek[1], les erreurs méthodologiques, le manque de connaissances théoriques et en conséquence la coercition systématique de l’État triomphent dans ce domaine. Le fait est que les relations sociales dans lesquelles la monnaie joue un rôle sont de loin les plus difficiles et les plus abstraites à comprendre ; je veux dire par là que la connaissance sociale tacite ainsi générée est la plus générale, la plus complexe et la plus difficile à définir. Cela explique pourquoi la coercition systématique pratiquée par les États et les banques centrales dans ce domaine est de loin la plus préjudiciable et la plus dommageable. En outre, le retard intellectuel dans la théorie bancaire et monétaire a eu des effets sérieux sur l’évolution de l’économie mondiale. En dépit de tous les sacrifices que nous avons faits pour réorganiser les économies occidentales après la crise des années 1970, les mêmes erreurs résultant d’un manque de contrôle financier et monétaire ont encore été commises, conduisant inexorablement à l’apparition d’une nouvelle récession économique mondiale d’une magnitude considérable.

Le fait que les abus monétaires et financiers récents proviennent principalement de la deuxième moitié des années 1980, c’est-à-dire des politiques réalisées par des gouvernements supposément conservateurs-libertariens aux États-Unis et au Royaume-Uni, renforce encore davantage la nécessité de réaliser des avancées théoriques afin d’éviter que même au sein du camp libertarien des leaders politiques comme Ronald Reagan et Margaret Thatcher puissent commettre les mêmes erreurs. Il est important de faire en sorte que de tels leaders soient capables d’identifier clairement le seul système monétaire et bancaire véritablement compatible avec une société libre. En résumé, il est nécessaire de développer un programme de recherche complet visant à concevoir ce que devrait être le système monétaire et bancaire d’une société non-interventionniste – un système qui fait évidemment face à une incompréhension réelle, même auprès de nombreux libertariens.

Dans l’article présent, nous proposons une nouvelle approche de l’analyse des problèmes de la théorie monétaire et bancaire. Nous cherchons à provoquer un renouvellement du débat intellectuel sur certains aspects de la controverse doctrinale entre les avocats de la banque libre et ceux qui défendent la banque centrale, en particulier sur la question fondamentale de l’institution de la banque centrale, qui pourrait ne pas être un résultat spontané et évolutionnaire découlant du marché. Nous espérons également jeter quelques lumières sur de nombreux problèmes spécifiques de la politique économique qui ont une importance actuelle immense, en particulier quant à l’évolution future du système monétaire européen.

Le débat entre les théoriciens de la banque libre et de la banque centrale

Pour commencer notre propos sur la controverse doctrinale entre les défenseurs de la banque centrale et ceux qui lui préfèrent la banque libre, il est tout d’abord nécessaire de dire que notre analyse ne coïncide pas entièrement avec la controverse du XIXe siècle entre les théoriciens de l’école bancaire (Banking school) et ceux de l’école monétaire (Currency school). En fait, la plupart de ceux qui défendaient la banque libre fondaient leur raisonnement sur les arguments inflationnistes fallacieux et déficients de l’école bancaire, alors que la majorité des théoriciens de l’école monétaire visaient à atteindre leurs objectifs de solvabilité financière et de stabilité économique par la création d’une banque centrale pour mettre un arrêt aux abus monétaires.

Dès le début, toutefois, certains théoriciens réputés de l’école monétaire considéraient qu’il était impossible et utopique de penser qu’une banque centrale n’aggraverait pas encore les problèmes. Ils étaient au courant que la meilleure manière de mettre un arrêt à la création de moyens fiduciaires et de réaliser la stabilité monétaire était grâce à un système de banque libre soumis, comme tous les autres agents économiques, aux principes traditionnels du droit civil et commercial. De plus, paradoxalement, la majorité de ceux qui défendaient les principes de l’école bancaire étaient finalement ravis d’accepter l’établissement d’une banque centrale qui, comme prêteur de dernier ressort, garantirait et perpétuerait les privilèges expansionnistes de la banque privée. Les banquiers privilégiés tentaient, de cette manière, de se soustraire à leurs engagements et de se dévouer au « marché » lucratif de la création de moyens fiduciaires à travers l’expansion du crédit, sans avoir à s’inquiéter excessivement des problèmes de liquidité, grâce au soutien implicite lié à l’établissement d’une banque centrale.

Il est important de souligner le fait que la plupart des théoriciens de l’école monétaire, même si l’essentiel de leurs contributions théoriques étaient correctes, étaient incapables d’apprécier que les mêmes défauts qu’ils attribuaient avec raison à la liberté des banques d’émettre de la monnaie fiduciaire sous la forme de billets de banque, étaient pleinement et identiquement reproduits, bien que sous une forme plus cachée, et donc plus dangereuse, dans le « commerce » de l’octroi expansif de crédits à partir des dépôts à vue des banques. Ces théoriciens commettaient de plus une grave erreur en proposant une politique visant à l’établissement d’une législation qui mettrait simplement un arrêt à la liberté d’émettre des billets sans couverture et à la création d’une banque centrale pour défendre des principes monétaires de solvabilité.

Seul Ludwig von Mises, en suivant la tradition de Cernuschi, Hübner et Michaelis, avait réalisé que la recommandation des théoriciens de l’école monétaire de l’établissement d’une banque centrale était erronée et que la meilleure et la seule manière d’appliquer les principes monétaires crédibles de l’école était en introduisant un système de banque libre soumis au droit privé sans privilèges publics. L’échec de la majorité des théoriciens de l’école monétaire a été fatal. Il a non seulement conduit au fait que la loi Peel de 1844, en dépit de ses bonnes intentions et de son élimination de l’émission incontrôlée de billets de banque, n’a pas empêché la création de crédit fiduciaire. Au lieu de cela, la loi Peel a finalement conduit à la création d’un système de banque centrale qui, en conséquence et en raison de l’influence de théoriciens de l’école bancaire comme Marshall et Keynes, a été utilisé pour justifier et promouvoir des politiques contenant un manque de contrôle monétaire et des abus financiers bien pires que ceux qu’elle était initialement destinée à corriger.

L’évolution du système bancaire et de la banque centrale

La banque centrale n’est pas un produit naturel du développement du système bancaire.[2] Au contraire, elle est imposée de l’extérieur du marché par la coercition, du fait de l’action publique. Une telle action, conséquence d’une série d’accidents historiques, a donné naissance à un système monétaire et financier très différent de celui qui aurait émergé spontanément dans un régime de banque libre soumis au droit privé sans privilèges publics et sans contrainte étatique par l’intermédiaire de la banque centrale. Il est impossible de deviner les institutions et les connaissances que les entrepreneurs bancaires auraient produit librement s’ils avaient été soumis aux principes généraux du droit et non à diverses formes de coercition étatique.[3] Toutefois, il est possible d’imaginer un système généralisé de fonds d’investissement dans lequel les « dépôts » actuels seraient investis et dotés d’une grande liquidité, mais sans garantie de recevoir la valeur nominale (qui serait soumise à l’évolution de la valeur de marché des unités correspondantes) ; un réseau d’entités fournissant des services de paiement et de comptabilité, etc., opérant en libre concurrence et facturant des frais pour leurs services ; et séparément, sans aucun lien avec le crédit, une série d’institutions privées consacrées à l’extraction, la conception et l’offre de différents types de monnaie privée (facturant également une faible marge pour leurs services).[4]

En fait, le système actuel de banque centrale est simplement le résultat logique et inévitable de l’introduction graduelle et subreptice par les banquiers privés (historiquement en complicité avec les gouvernements) d’un système bancaire basé sur une réserve fractionnaire. Et il est essentiel de ne pas tomber dans le même piège intellectuel que la plupart des théoriciens qui ont défendu le système de la banque libre. Avec l’exception honorable de Mises et de quelques autres[5], ils n’ont pas réalisé que la seule manière de réaliser un véritable système de banque libre est de rétablir le principe légal selon lequel il est nécessaire de garder une réserve de 100 % des sommes d’argent reçues comme dépôts à vue.

Au bout du compte, la question est l’application dans le champ monétaire et bancaire de l’idée fondatrice de Hayek selon laquelle, chaque fois qu’une règle traditionnelle de conduite est violée, soit par la contrainte institutionnelle de l’État soit par l’octroi de privilèges particuliers de ce dernier à certaines personnes ou entités, des conséquences néfastes et indésirables apparaîtront tôt ou tard, portant un préjudice sérieux au processus social spontané de coopération.

La règle traditionnelle de conduite violée dans le cas de l’activité bancaire est le principe juridique selon lequel, dans le contrat pour le dépôt d’argent fongible (aussi appelé dépôt irrégulier), l’obligation traditionnelle de conservation, qui est l’élément essentiel de tous les dépôts non fongibles, requiert que, en tout temps, une réserve de 100 % de la quantité d’argent fongible reçue en dépôt soit maintenue. Cela signifie que tous les actes qui font usage de cet argent, en particulier l’octroi de crédits à partir des dépôts, sont une violation de ce principe et, pour résumer, un acte illégitime d’appropriation indue.

Dans la tradition juridique de l’Europe continentale, il y a un principe établi de longue date qui remonte à l’ancien droit romain selon lequel la conservation, dans les dépôts irréguliers, consiste précisément dans l’obligation de toujours avoir un montant égal à celui reçu à la disposition du déposant. Le conservateur d’un dépôt doit « toujours avoir disponible une quantité et une qualité égales à celles reçues de certaines choses », indépendamment du fait qu’elles soient continuellement renouvelées ou substituées. Cette exigence est l’équivalent, pour les biens fongibles comme la monnaie, de l’existence continue de l’élément en nature pour les biens non fongibles.[6] Ce principe juridique général qui requiert une banque à 100 % de réserves a été confirmé, même au cours de ce siècle, par la jurisprudence française et espagnole.

Une décision de la Cour de Paris le 21 juin 1927 a condamné un banquier pour le délit d’appropriation indue parce qu’il avait utilisé, conformément à la pratique bancaire commune, les fonds qu’il avait reçus en dépôt de ses clients. Une autre décision de la même Cour le 4 janvier 1934 a rendu le même jugement, et la décision de la Cour de premier niveau était encore plus curieuse, ayant entendu le cas de la banqueroute de la banque de Barcelone, selon lequel le pouvoir du déposant d’émettre des chèques implique l’obligation pour celui qui accueille les dépôts de toujours avoir les fonds à disposition du détenteur du compte courant, rendant inacceptable qu’une banque puisse considérer les fonds déposés dans un compte courant en espèces comme appartenant exclusivement à elle-même.[7] Nous devrions ajouter que « l’appropriation indue » se produit lorsque l’acte indu (le prêt des montants déposés) est commis, et non quand il est découvert longtemps après (généralement par le déposant au comptoir d’une banque qui ne peut pas lui redonner son argent). En outre, l’argument banal que « la loi des grands nombres permet aux banques d’agir sans danger avec une réserve fractionnaire » ne peut pas être accepté, puisque le degré de probabilité d’un retrait atypique des dépôts n’est pas, compte tenu de sa nature propre, un risque assurable.

La théorie autrichienne des cycles économiques a parfaitement expliqué comment le système bancaire à réserve fractionnaire génère lui-même des récessions économiques de manière endogène et récurrente et donc, le besoin de liquider des projets d’investissement lancés à tort, de restituer des créances douteuses et de retirer des dépôts dans une échelle massive. Et, comme le savent tous les théoriciens de l’assurance, les conséquences d’un événement (un retrait atypique des dépôts) qui n’est pas totalement indépendant de « l’assurance » elle-même (réserves fractionnaires) n’est pas techniquement assurable, pour des raisons d’aléa moral.[8]

Au cours de l’histoire, les banquiers ont été vite tentés de violer la règle de conduite mentionnée ci-dessus, utilisant l’argent de leurs déposants pour leur propre bénéfice.[9] Cela s’est produit timidement et secrètement au début, puisque les banquiers étaient toujours conscients d’agir incorrectement. Cela s’est produit, par exemple, avec la banque d’Amsterdam, lorsque les activités de la banque étaient opérées, pour les raisons mentionnées, selon les mots de Sir James Steuart, avec le secret maximum.[10] Il faut noter que tout le prestige de la banque d’Amsterdam était basé sur la croyance qu’elle conservait une réserve de 100 %, un principe que, seulement 15 ans auparavant, David croyait être une force.[11] Et en 1776, Adam Smith avait mentionné qu’à ce moment, la banque d’Amsterdam avait continué a dire qu’elle conservait un coefficient de trésorerie de 100 %.[12]

Ce n’est que plus tard que les banquiers ont accompli la violation juridique franche du principe juridique traditionnel, lorsqu’ils ont eu la chance d’obtenir de l’État le privilège d’utiliser une partie de l’argent de leurs déposants pour leur propre bénéfice (généralement sous la forme de crédits, souvent accordés initialement à l’État lui-même). C’est ainsi qu’ont commencé à se mettre en place la relation de complicité et la coalition des intérêts qu’on observe aujourd’hui traditionnellement entre les États et les banques, expliquant parfaitement la relation de « compréhension » et de « coopération » intime qui existe entre les deux types d’institutions et qui, de nos jours, peut être observée à tous les niveaux, avec de légères différences de nuance, dans tous les pays occidentaux. En outre, les banquiers ont assez vite réalisé que la violation du principe juridique traditionnel mentionné plus haut a donné naissance à une activité financière hautement lucrative pour eux, mais qui requerrait toujours l’existence d’un prêteur de dernier ressort, ou d’une banque centrale, pour fournir la liquidité nécessaire à des moments difficiles qui, comme l’expérience l’a démontré, se sont toujours produits.[13]

Le système bancaire à réserves fractionnaires : la banque centrale et la théorie des cycles économiques

Les conséquences sociales propices de ce privilège accordé aux banquiers (mais pas à tout autre individu ou entité) n’étaient pas complètement comprises jusqu’au développement, par Mises et Hayek, de la théorie autrichienne des cycles économiques.[14] En résumé, ce que les théoriciens de l’école autrichienne ont montré est que cette persistance dans la poursuite de cet objectif théoriquement impossible – à partir des conceptions juridiques-contractuelles et techniques-économiques – d’offrir un contrat qui essaie simultanément de combiner les meilleures caractéristiques des fonds d’investissement – en particulier la possibilité d’obtenir un intérêt sur les « dépôts » – et du contrat de dépôt traditionnel – qui, par définition, doit permettre le retrait de sa valeur nominale à tout moment – doit inexorablement, tôt ou tard, conduire à une expansion incontrôlée de l’offre monétaire, de l’inflation, et de l’allocation incorrecte généralisée des ressources productives à un niveau microéconomique. En fin de compte, le résultat sera la récession, la rectification des erreurs induites dans la structure productive par une expansion antérieure de crédit et un chômage massif.

Il est nécessaire de réaliser que le privilège accordé aux banques leur permettant de continuer l’activité avec des réserves fractionnaires implique une attaque évidente contre une définition correcte et la défense des droits de propriété des déposants par les autorités gouvernementales. Cela génère inévitablement, comme c’est toujours le cas lorsque les droits de propriété ne sont pas correctement définis, l’effet typique de la « tragédie des biens communs » en vertu de laquelle les banques sont enclines à essayer d’avancer et d’élargir leur base de crédit correspondante avant leurs concurrentes, et dans des proportions supérieures. Un système bancaire basé sur les réserves fractionnaires tendra donc toujours vers une expansion monétaire plus ou moins incontrôlée, même s’il est contrôlé par une banque centrale qui, à la différence de ce qui est normalement le cas, est sérieusement concernée par son contrôle et la mise en place de limites. À cet égard, Anna J. Schwartz arrive à la conclusion que la plupart des théoriciens modernes du système de banque libre ne comprennent pas complètement que le système de chambres de compensation interbancaires qu’ils proposent n’agit pas comme un frein à l’expansion du crédit si toutes les banques décident d’étendre leur crédit simultanément, dans une plus ou moins grande mesure.[15] Ce phénomène, qui avait déjà été exposé par Ludwig von Mises dans son explication brillante du système de banque libre[16], nous a conduit à chercher son explication dans le processus typique de la « tragédie des biens communs » : l’ensemble du processus expansif provient, comme nous l’avons vu, d’un privilège qui contrevient aux droits de propriété. Chaque banque internalise tous les profits obtenus de l’expansion du crédit, faisant s’écrouler tous les coûts correspondants, de manière diluée, sur le système bancaire tout entier. Pour cette raison, il est facile de comprendre qu’un mécanisme de compensation interbancaire ou de chambres de compensation puisse mettre un arrêt aux initiatives isolées et particulières d’expansion dans un système de banque libre avec réserves fractionnaires, mais est inutile si toutes les banques, dans une plus ou moins grande mesure, sont emportées par « l’optimisme » dans l’octroi de crédits.

La proposition d’établir un système bancaire avec des réserves à 100 % était déjà incluse dans la première édition de l’ouvrage La Théorie de la monnaie et du crédit publié par Mises en 1912, dans lequel l’auteur parvenait à la conclusion qu’ « il est évident que la seule manière d’éliminer toute influence humaine sur le système du crédit est de supprimer toute émission ultérieure de moyens fiduciaires. La conception fondamentale de la loi Peel doit être reformulée et mise en œuvre de manière plus large que c’était le cas en Angleterre de son temps en incluant l’émission de crédit sous la forme de soldes bancaires au sein de l’interdiction législative »[17]. Par la suite, Mises a de nouveau traité la question encore plus explicitement en 1928[18] et en particulier dans l’appendice de Monetary Reconstruction qu’il a incorporé dans l’édition anglaise de La Théorie de la monnaie et du crédit en 1953, où il soutient expressément que « l’essentiel est que l’État ne puisse plus être en position d’augmenter aussi totalement la quantité de monnaie en circulation et la quantité de monnaie à vue – à savoir 100 % – couverte par les dépôts payés par le public »[19]. Hayek a fait référence à cette proposition en 1937[20] et il est évident que Hayek, ainsi que Mises, propose le libre choix monétaire et de système bancaire comme moyen de réaliser, en fin de compte, un système bancaire fondé sur un coefficient de couverture de 100 %.[21] Après Mises, l’auteur qui a défendu, de nos jours, l’élimination du système bancaire tel que nous le connaissons aujourd’hui avec la plus grande détermination et le plus grand éclat est, sans aucun doute, Murray N. Rothbard.[22]

Aussi, de nos jours, Maurice Allais a défendu le principe d’une réserve de 100 %, bien qu’il le défendait comme un moyen de faciliter les politiques monétaires des États, empêchant leur expansion élastique et la distorsion qu’ils entraînent à travers le système bancaire de réserve fractionnaire.[23] Maurice Allais, à cet égard, suit simplement la tradition maintenant abandonnée de l’école de Chicago en faveur d’un coefficient de couverture de 100 % afin de rendre les politiques monétaires des États plus efficaces et plus prévisibles.[24] Bien que la politique monétaire serait plus prévisible avec un coefficient de couverture de 100 %, tous les théoriciens de Chicago sont naïfs s’ils pensent que l’État pourra et voudra mener une politique monétaire stable. Cette naïveté est parallèle et similaire à celle des théoriciens modernes de la banque libre à réserve fractionnaire, lorsqu’ils font confiance aux mécanismes spontanés des chambres de compensation pour mettre un arrêt simultané et convenu à l’expansion par une majorité de banques. La seule solution correcte pour une société non soumise aux privilèges et aux cycles économiques est donc une banque libre mais soumise au droit, i.e. avec un coefficient de réserve de 100 %.

Le système monétaire et bancaire dans une société libre

En résumé, le défaut principal de la majorité des théoriciens qui défendent la banque libre est leur échec à réaliser que la demande pour une obligation de 100 % de réserves est théoriquement inséparable de leur proposition. En particulier, ils n’ont pas réalisé que tous les défauts que les avocats de la banque centrale voient dans un système de banque libre perdent leurs effets et disparaissent complètement si cela est mis en pratique sur la base de principes juridiques traditionnels. Ou pour le dire d’une autre manière, en utilisant les mots de Mises, la question est de soumettre les banques aux principes traditionnels du droit civil et commercial, selon lesquels chaque individu et chaque entreprise doit satisfaire ses obligations en strict respect de ce qui est littéralement établi dans chaque contrat.[25]

Cette erreur est très généralisée et affecte notamment la littérature intéressante et extensive qui a été développée à la suite du grand écho qu’a eu la publication de l’ouvrage de Hayek, Pour une vraie concurrence des monnaies, en même temps que la plus importante crise économique et financière qui a eu lieu à la fin des années 1970. Le commentaire le plus important que j’ai à faire sur toute cette littérature est que, en dehors de quelques exceptions, elle utilise la défense d’un système de banque libre pour mettre en avant les caprices typiques de la vieille « école bancaire », les principes erronés qui ont été démontrés depuis longtemps. En outre, toute cette littérature, qui est entraînée par les ouvrages de White, Selgin et Dowd[26], parmi d’autres, oublie que, comme nous l’avons soutenu, la seule manière de se débarrasser de la banque centrale et de ses excès est par l’élimination du privilège de réserve fractionnaire que les banquiers privés exploitent actuellement.

Si l’on souhaite défendre un système monétaire et financier véritablement stable pour le prochain siècle, un système qui immunise nos économies autant que cela est humainement possible contre les crises et les récessions, il sera nécessaire d’établir trois conditions : (1) la liberté totale de choix en matière de monnaie ; (2) un système de banque libre ; et (3) plus important encore, tous les agents impliqués dans le système de banque libre doivent être soumis et doivent suivre, en général, des règles et des principes juridiques traditionnels. En particulier, le principe selon lequel personne, pas même les banquiers, ne devrait bénéficier du privilège de prêter quelque chose qui a été déposé auprès de lui comme un dépôt à vue (c’est-à-dire maintenir un système bancaire avec 100 % de réserves).

Les théoriciens modernes de la banque libre considèrent de manière erronée (notamment, entre autres choses, à cause de leur manque de connaissances juridiques), qu’une obligation de 100 % de réserves seraient une interférence administrative inadmissible avec la liberté individuelle. Ils ne réalisent pas que, loin d’impliquer une coercition administrative systématique de l’État, comme nous l’avons vu, ce précepte est simplement l’application du principe traditionnel des droits de propriété. En d’autres termes, ils ne réalisent pas que la phrase anonyme fameuse d’un Américain cité par Tooke, selon laquelle « la banque libre est équivalente à l’escroquerie libre »[27], est applicable à la banque libre non soumise au droit (et qui a donc des réserves fractionnaires). En fin de compte, la défense de la banque libre doit être faite, non comme un moyen d’exploiter les possibilités lucratives de l’expansion du crédit, mais comme un moyen indirect de se rapprocher du modèle idéal de banque libre avec une obligation de 100 % réserves qui, en outre, doit être directement poursuivi par toues les moyens juridiques disponibles dans toute conjoncture historique.[28]

Bien que les recommandations précédentes de politique économique puissent apparaître utopiques et très distantes des problèmes pratiques avec lesquels nous avons affaire, en particulier au regard de la conception et de la gestion du système monétaire européen, elles indiquent, en tout temps, au moins la direction appropriée que la réforme devrait prendre et les dangers qui doivent être évités. Ainsi, il semble clair que nous devrions rejeter à la fois un système de monnaies nationales monopolistiques qui se concurrencent dans un environnement chaotique de taux de change flexibles, ainsi que l’évolution vers la création d’une banque centrale européenne.

Cette banque centrale européenne proposée empêcherait la concurrence entre les monnaies dans une vaste zone économique, ne saurait affronter les défis de la réforme bancaire, ne saurait garantir la stabilité monétaire qui est au moins aussi grande que celle de la monnaie nationale la plus stable à tout moment et mettrait en place, pour faire vite, un obstacle définitif à la réalisation de réformes ultérieures dans la bonne direction.

Peut-être que le modèle le plus praticable et le plus approprié à court et moyen terme est donc d’introduire dans toute l’Europe la liberté totale de choix des monnaies publiques et privées à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté, en faisant le lien entre les monnaies nationales qui, pour des raisons de tradition historique, continuent à utiliser un système de taux de change fixes. Ces taux disciplineraient la politique monétaire de chaque pays en accord avec la politique de ce pays qui, à chaque moment historique, effectue la politique monétaire la plus stable et la plus solvable. De cette manière, au moins la porte resterait ouverte pour que quelques États-nations de la communauté économique européenne (CEE) puissent avoir la possibilité d’avancer le long des trois lignes de la réforme monétaire et bancaire indiquée ci-dessus[29], forçant leurs partenaires dans la communauté à suivre dans le bon sens leur leadership monétaire. (Cela, et rien d’autre, apparaît avoir été l’essence du projet défendu par Margaret Thatcher et le groupe incorrectement nommé des « eurosceptiques » qui l’ont suivi, dont cet auteur fait partie, quant au futur monétaire de la CEE.)

Il est évident que le travail définitif sur la théorie monétaire et bancaire, à la lumière de la controverse historique qui a pris place entre ceux qui préfèrent la banque libre et ceux qui soutiennent la banque centrale, n’a pas encore été écrit. Par conséquent, nous craignons qu’il ne soit pas irréaliste de penser que le monde continuera à souffrir de manière récurrente de récessions économiques extrêmement dangereuses aussi longtemps que les banques centrales maintiendront leur monopole sur l’émission monétaire, tant que le privilège accordé aux banquiers par les États n’est pas aboli. Et, de la même manière que nous avons commencé cet article, nous osons dire que, après l’échec historique, théorique et réel du socialisme, le principal défi théorique auquel font face les économistes professionnels et les adorateurs de la liberté dans le prochain siècle va consister à combattre avec toute leur force à la fois l’institution de la banque centrale et le maintien du privilège dont jouissent actuellement ceux qui pratiquent des activités bancaires privées.


[1] F. A. Hayek, La Présomption fatale. Les erreurs du socialisme, Paris, Presses universitaires de France, [1993, pp. 102-4].

[2] Vera C. Smith, The Rationale of Central Banking and the Free Banking Alternative (Indianapolis, Liberty Press, 1990), chap. 12, p. 169.

[3] Israel M. Kirzner, Discovery and the Capitalist Process (Chicago, University of Chicago, 1985), p. 168.

[4] F. A. Hayek, Pour une vraie concurrence des monnaies, Paris, Presses universitaires de France, 2015 [1978, pp. 119-20]. Hayek conclue : « Je crois qu’il sera bientôt découvert que le commerce de la création monétaire ne va pas réellement de pair avec le contrôle des grands portefeuilles d’investissement ou même le contrôle de grandes parties de l’industrie. » Je crains cependant que Hayek ne reconnaisse pas suffisamment le fait – central dans la théorie monétaire de Mises – qu’une monnaie dans un marché libre doive être une monnaie-marchandise, et que les formes concurrentes de monnaie diffèrent profondément de la finalité même d’un moyen d’échange, puisque le marché libre génère toujours une tendance à la convergence vers une monnaie-marchandise universellement employée.

[5] Avant Mises, l’auteur le plus distingué qui avait défendu l’obligation de 100 % de réserves était David Hume dans son essai Of Money (1752), où il disait qu’ « aucune banque ne pourrait être plus favorable qu’une banque qui aurait stocké tout l’argent qu’elle aurait reçu, et n’aurait jamais augmenté la monnaie en circulation, comme il est d’usage, en remettant une partie de son trésor dans le commerce ». David Hume, Essays: Moral Political and Literary (Indianapolis, LibertyClassics, 1985), pp. 284-85.

[6] Sur les considérations juridiques du principe juridique traditionnel en question, voir non seulement tout le titre 3, du livre 16 du Digest, en particulier les sections 7 et 8 sur la banqueroute des banquiers (El Digesto de Justiniano 1 [1968], 606-17, esp. 112, [Édition espagnole publiée par Aranzadi, Pamplona]), mais également l’excellent argument par le jésuite espagnol Luis de Molina, pour lequel le banquier à réserve fractionnaire « pèche en mettant en danger sa propre capacité à faire face à ses dettes, même si sur le long terme il ne souffre aucune difficulté juridique car ses spéculations avec les fonds des clients se sont bien passées » (cité à partir de De Zustitia et Zure, Maguntiae [1614], dans Alejandro Chafuen, Christians for Freedom: Late Scholastic Economics [San Francisco, Ignatius Press, 1986, p. 146 n. 1-7). Voir également les conclusions sophistiquées de Pasquale Coppa-Zuccari incluses dans son ouvrage définitif Il Deposito Irregolare (Modena 1901), cité par, entre autres, Joaquin Garrigues dans son ouvrage Contratos Bancarios, seconde édition (Madrid, 1975), p. 365. Toutes ces considérations sont également applicables aux soi-disantes opérations financières avec conventions de rachat à tout moment et à valeur nominale (et non à un prix de marché secondaire fluctuant) puisqu’elles déguisent, en utilisant frauduleusement le droit à des fins pour lesquelles il n’avait pas été prévu, ce que sont réellement les contrats de dépôt.

[7] Ibid., pp. 367-68.

[8] En ce qui concerne la probabilité de classe (objective), qui est assurable, et la probabilité d’événement unique, influencée et déterminée par l’action humaine (non assurable), voir Ludwig von Mises, Human Action: A Treatise on Economics, 3ème révision, ed. (Chicago, Henry Regnery, 1966), pp. 106-15 ; et également Jesús Huerta de Soto, Socialismo, Calculo Economico y Funcion Empresarial (Madrid, Union Editorial, 1992), pp. 4648.

[9] La tentation était énorme et presque irrésistible puisque c’était extrêmement lucratif. On doit se souvenir qu’en fin de compte, le système de banque à réserves fractionnaires consiste à créer des prêts à partir de rien et à requérir que les emprunteurs les retournent avec de l’argent réel et avec intérêt !

[10] Sir James Steuart, An Inquiry into the Principles of Political Economy: Being an Essay on the Science of Domestic Policy in Free Nations (Londres, A. Millar and T. Caddell in the Strand, 1767), vol. 2, p. 301.

[11] David Hume, “On Money,” p. 284.

[12] « La banque d’Amsterdam professe de ne prêter rien de ce qui est déposé auprès d’elle, mais pour chaque florin qui donne crédit dans ses registres, de conserver dans ses dépôts la valeur d’un florin, soit en monnaie soit en lingots » (Adam Smith, La Richesse des nations [Londres, W. Strahan and T. Caddell in the Strand, 1776], vol. 2, bk. 4, chap. 3, p. 72).

[13] Il est curieux d’observer comment les banquiers ont utilisé de toute leur influence et de leur pouvoir social (considérable, compte tenu du grand nombre de personnes qui ont reçu des prêts d’eux ou qui ont été leurs actionnaires) pour empêcher et décourager les déposants de retirer leurs dépôts, dans l’espoir vain d’éviter une crise. Ainsi, le sénateur Condy Raguet de l’État de Pennsylvanie a conclu que la pression était presque irrésistible et qu’ « un homme indépendant, qui n’était ni un actionnaire ni un débiteur, qui aurait osé contraindre les banques à rendre justice, aurait été persécuté comme un ennemi de la société ». Lettre de Raguet à Ricardo daté du 18 avril 1821, publiée dans David Ricardo, Minor Papers on the Currency Question 1805-1823, Jacob Hollander, ed. (Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1932), pp. 199-201) ; cité dans Murray N. Rothbard, The Panic of 1819: Reactions and Policies (New York, Columbia University Press, 1962), pp. 10-11.

[14] Une brève explication de la théorie autrichienne des cycles économiques, ainsi que la bibliographie la plus importante sur le sujet, peut être trouvée dans mon article ‘The Austrian Theory of Economic Cycles”, originellement publié dans Moneda y Crédito, no. 152 (Madrid, March 1980), et republié dans le volume 1 Lecturas de Economía Política (Madrid, Union Editorial, 1986), pp. 241-56.

[15] Voir son article “The Theory of Free Banking” présenté à la conférence régionale de la Société du Mont-Pèlerin à Rio de Janeiro à partir de septembre 1993, en particulier page 5.

[16] Mises, Human Action, pp. 648-88.

[17] Ludwig von Mises, The Theory of Money and Credit (Indianapolis, Liberty Press, 1980), p. 447.

[18] Ludwig von Mises, “Monetary Stabilization and Cyclical Policy”, dans On the Manipulation of Money and Credit (Irvington-on-Hudson, Free Market Books, 1978), pp. 167-68.

[19] Mises, The Theory of Money and Credit, p. 481.

[20] F. A. Hayek, Monetary Nationalism and International Stability (New York, Augustus M. Kelley, 1971), pp. 81-84.

[21] F. A. Hayek, Denationalization of Money, pp. 119-20.

[22] Voir particulièrement les ouvrages de Murray N. Rothbard The Case for a One Hundred Percent Gold Dollar, seconde édition (Auburn, Ludwig von Mises Institute, 1991) et The Mystery of Banking (New York, Richardson & Synder, 1983), et ses articles ‘The Myth of Free Banking in Scotland”, Review of Austrian Economics 2 (1988), 229-45 et “Aurophobia: or, Free Banking on What Standard?” Review of Austrian Economics 6, no. 1 (1992), 99-108.

[23] Maurice Allais, “Le retour a L’État du privilège exclusif de la création monétaire” dans L’impôt sur le capital et la réforme monétaire (Paris, Hermann Editeurs, 1985), pp. 200-10, et également son article plus récent “Les conditions monétaires d’une économie de marchés : des enseignements du passé aux réformes de demain”, Revue d’économie politique, 3 (mai-juin 1993), 319-67.

[24] Cette tradition avait été initiée par un pamphlet anonyme de 26 pages, Banking and Currency Reform, qui avait circulé en 1933 sous l’impulsion de Henry C. Simons, Aaron Director, Frank H. Knight, Henry Schultz, Paul H. Douglas, A. G. Hart et d’autres et qui à la suite avait été articulé par Henry C. Simons, “Rules versus Authorities in Monetary Policy,” Journal of Political Economy XLIV, no. 1 (février 1936), 130 ; Albert G. Hart “The ‘Chicago Plan’ of Banking Reform,” Review of Economic Studies 2 (1935), 104-16 ; et Irving Fisher 100 Percent Money (New York, Aldelphi, 1936) culminant en 1959 avec la publication de l’ouvrage de Milton Friedman A Program for Monetary Stability (New York, Fordham University Press, 1960).

[25] Mises, Human Action, p. 443. En résumé, selon Mises, il est question de remplacer la confusion actuelle de la législation bancaire administrative par des articles clairs et simples dans le code commercial et dans le code pénal.

[26] Ainsi, par exemple, voir les ouvrages de Lawrence H. white, Free Banking in Britain: Theory, Experience and Debate, 1800-1845 (Cambridge, Cambridge University Press, 1984) et Competition and Currency: Essays on Free Banking and Money (New York, New York University Press, 1989); ceux de George A. Selgin, The Theory of Free Banking: Money Supply under Competitive Note Issue (Totowa, New Jersey, Rowman et Littlefield, 1988) et The Experience of Free Banking, George A. Selgin et Kevin Dowd, eds. (Londres, Routledge, 1992 ; et ceux de Kevin Dowd, The State and the Monetary System (New York, St. Martin’s Press, 1989) et Laissez Faire Banking (Londres, Routledge, 1993).

[27] Cité par Mises in Human Action, p. 446.

[28] Seulement afin de se rapprocher indirectement de l’idéal, nous devons comprendre la position de Cernuschi, mentionné par Mises (dans Human Action, p. 446), quand en 1865, il a dit, « Je crois que ce qu’on appelle la liberté de la banque résulterait dans une suppression totale des billets de banque en France. Je voudrais donner à tout le monde le droit d’émettre des billets de banque pour que personne ne puisse utiliser à nouveau des billets de banque. »

[29] Les problèmes pratiques posés par la transition d’un système monétaire et bancaire actuel à un système dans lequel la création monétaire et le commerce bancaire seraient enfin complètement séparés de l’État ont été théoriquement analysés et solutionnés par, entre autres, Murray N. Rothbard dans son ouvrage The Mystery of Banking, pp. 249-69.

A propos de l'auteur

Docteur en droit, Jesús Huerta de Soto est un économiste espagnol représentant de l’école autrichienne. Il enseigne l’économie politique à l’Université Juan Carlos à Madrid, en Espagne. Plusieurs de ses ouvrages ont été traduits en français, notamment Monnaie, crédit bancaire et cycles économiques (2011).

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