Introduction (À nos lecteurs)

Introduction — À nos lecteurs (Journal des économistes, décembre 1842)


À NOS LECTEURS

Le Journal des Économistes entre, avec ce numéro, dans la seconde année de son existence, et un succès toujours croissant prouve que ce recueil s’appuie sur une idée juste et dessert un besoin réel. À aucune époque il ne fut plus utile d’étudier, avec une entière liberté d’esprit, les questions d’intérêt livrées à la discussion quotidienne, et dans lesquelles il se mêle aujourd’hui tant de passion et de calcul personnel. Au milieu du choc et de la divergence des opinions, la voix de la science peut seule être prépondérante ; et ainsi s’explique la faveur qui s’est attachée à une publication créée sous les auspices et avec le concours des plus éminents économistes que possède la France, dans l’Institut et hors de l’Institut.

Désormais l’avenir de ce recueil est assuré. Sans vouloir rien dire ici qui ressemble à un prospectus, on peut se féliciter toutefois qu’une œuvre d’étude et de conscience ait été si soudainement et si favorablement accueillie par un public d’élite et des juges compétents. Les hommes d’État et les savants les plus célèbres, en France et à l’étranger, et notamment ceux d’Italie et d’Espagne, ont compris de quel intérêt doit être cette publication, quels services elle est appelée à rendre, et d’irrécusables témoignages sont venus prouver qu’ils s’associaient à la pensée qui l’a inspirée. Quelque réserve que l’on doive garder sur ce point, il est cependant permis de se montrer fier de pareils suffrages et jaloux de les justifier de plus en plus.

Le Journal des Économistes a tenu plus qu’il n’avait promis. Au lieu de cinq ou six feuilles d’impression, il en a constamment donné de six à sept, quelquefois davantage. C’est un cinquième d’augmentation dans les frais : l’éditeur n’a pas reculé devant un sacrifice que l’importance des questions économiques rendait indispensable. L’exécution matérielle a été surveillée avec le plus grand soin, et la collection du journal forme déjà une série de beaux volumes dignes de figurer dans les bibliothèques de choix.

Dans l’année qui vient de s’écouler, on a pu voir le Journal des Économistes puiser au sein même de l’Institut une partie importante de sa rédaction, et s’adresser en outre, sans esprit d’exclusion, à tous les hommes qui honorent et cultivent la science. Cette ligne de direction, qui a assuré le crédit et la considération du recueil, sera maintenue. D’autres notabilités fourniront des articles aux prochaines livraisons, et des économistes étrangers concourront, pour des études spéciales, à cet ensemble de recherches et de travaux. Si l’on n’avait pas abusé de ce moyen de patronage, l’éditeur pourrait citer ici des noms ; mais les collaborateurs du Journal des Économistes sont des collaborateurs sérieux : leurs noms ne sont pas une vaine enseigne ; c’est au bout de leurs articles qu’on les trouvera. Le passé est, en cela, une garantie pour l’avenir.

Le Journal des Économistes se propose de réaliser, dans l’année qui s’ouvre, diverses améliorations. Il était essentiel de résumer, chaque mois, en quelques pages, le mouvement des faits économiques. Ce sera l’objet d’une chronique où figureront, dans la primeur et puisés à de bonnes sources, les nouvelles qui peuvent intéresser le commerce, l’industrie et l’agriculture, des détails sur les projets de loi à l’état d’élaboration, enfin une revue rapide et substantielle de ce qui se sera accompli ou préparé dans la région des affaires. On a déjà pu remarquer le caractère impartial de la Bibliographie qui termine chaque livraison : aucune de ces notices n’est traitée à la légère, et la rédaction en est toujours confiée à des mains sûres. Cette partie recevra des développements nouveaux. Il en sera de même de l’examen des documents administratifs, que ce recueil traitera avec l’étendue et le soin qu’ils méritent.

A propos de l'auteur

L’Institut Coppet est une association loi 1901 dont la mission est de participer, par un travail pédagogique, éducatif, culturel et intellectuel, à la renaissance et à la réhabilitation de l’école française d’économie politique, et à la promotion des différentes écoles de pensée favorables aux valeurs de liberté, de propriété, de responsabilité et de libre marché.

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