La rapide croissance des dépenses publiques en France

Dans son article hebdomadaire de L'Économiste Français (11 mai 1878), Paul-Leroy Beaulieu attaque la folie dépensière des gouvernements de son temps. « La Chambre cède à un entraînement imprudent vers les augmentations de dépenses, écrit-il ; elle ne tient qu'un compte médiocre du contribuable ; il semble que ce personnage soit pour elle un être abstrait, qui n'ait ni chair ni os, qui ne subisse aucune privation, aucune gène et dont on puisse tirer, sans manquer à la justice, tout ce qu’il peut produire. »

L’avenir de l’Europe

Conférence de l'infatigable pacifiste, Frédéric Passy, en 1895, lucide et visionnaire. « Le présent, vous le connaissez : toute la population valide de l'Europe se préparant à se massacrer mutuellement ; personne, il est vrai, ne voulant attaquer, tout le monde protestant de son amour de la paix et de sa résolution de la maintenir, mais tout le monde sentant qu'il suffit de quelque incident imprévu, de quelque accident impossible à prévenir pour que d'un moment à l'autre l'étincelle tombe, sur ces amas de matières inflammables qu'on amoncelle imprudemment sur les champs et sur les routes, et fasse sauter, pour ainsi dire, l'Europe tout entière. »

Plaidoyer pour le suffrage des femmes

Dans cette allocution du 7 mai 1879, prononcée devant la Commission électorale du cercle des familles, Yves Guyot défend la cause du suffrage des femmes. « Nous, républicains français, nous qui avons pris pour devise : liberté, égalité, nous devons admettre les femmes à la pratique de tous les droits politiques, qui jusqu’à présent ont été le monopole de l’homme. »

« Haine, haine au monopole »

Dans un curieux article du Courrier français (16 octobre 1846), où il répond aux interpellations d’un journal concurrent, Gustave de Molinari professe sa foi libérale avec une rare énergie. Liberté totale, absolue, sans concession ni ménagement : c’est déjà sa position, trois ans avant son article séminal sur la production de la sécurité.

Pour une défense sans compromission de toutes les libertés

Après avoir présenté un programme de libéralisme complet (mais aussi volontairement modéré) dans le Courrier français (juillet 1846), Gustave de Molinari recense les réactions de la presse départementale. À ceux qui l’accusent d’intransigeance et d’excès, dans sa défense de toutes les libertés, il répond : « Par ce fait qu'on défend une liberté, n'est-on pas tenu aussi, sous peine de manquer de logique et de bon sens, de soutenir toutes les autres libertés ? On ne compose pas avec les principes, on ne trie pas les libertés, il n'y a dans le terrain des réformes aucune ivraie à séparer du bon grain, tout est bon grain. »

Laissons Faire, n°37, novembre 2019

Au programme de ce nouveau numéro : les premières études économiques de Gustave de Molinari (Courrier français, 1844), entièrement annotées, extraites des Oeuvres de Molinari à paraître, et avec un avant-propos sur la question du paupérisme ; la suite de la correspondance entre Rousseau et le marquis de Mirabeau ; et enfin la recension d'un ouvrage consacré au voyage du physiocrate Lemercier de la Rivière à la cour de Catherine II de Russie.

L’abbé de Saint-Pierre, lecteur de Sully

Dans son fameux Projet de paix perpétuelle (1713, 1717), l'abbé de Saint-Pierre soutient, citations à l’appui, que Sully et Henri IV avaient eu en leur temps le même projet que lui : former une alliance des États européens qui se garantiraient les uns les autres la possession tranquille de leur territoire respectif, afin de mettre fin à toute guerre offensive.

Un mémoire de Turgot traduit au Pérou

Le collectif Liber & Libertas vient de publier au Pérou une traduction espagnole du Mémoire sur les prêts d’argent de Turgot. Cette publication prend la suite du Mémoire sur les mines et carrières, du même auteur, traduit l’année passée. L’Institut Coppet transmet ses félicitations au collectif Liber & Libertas et tout particulièrement au traducteur, Vincent Dumortier.

L’éternelle modernité de Diderot

Dans la préface qu’il donne en 1886 à la réédition de plusieurs textes de Diderot, dont le roman La Religieuse, Yves Guyot vante les mérites de ce penseur qui a su s’affranchir des codes et des préjugés et qui a livré une œuvre critique restée très actuelle.