Ludwig von Mises, “Monnaie, méthode et marché”

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Extrait de l’introduction de Richard Ebeling, traduite par Colin Halard :

La critique fondamentale à l’encontre l’approche macro-économique, qui demeure dominante aujourd’hui, porte sur le fait que les éléments agrégés entrant dans cette analyse n’ont en eux-mêmes aucune existence en dehors des calculs menés par les économistes. Le « niveau des prix », par exemple, est une moyenne statistique arrêtée à un instant t d’une sélection de prix affectés de coefficients. Mais les individus ne sont jamais confrontés sur le marché à un quelconque « niveau des prix ». Ce qu’ils ont à appréhender est une gamme de prix déterminés représentant les ratios d’échange entre la monnaie et chacun des autres biens ou services. Toute variation mesurée dans le « niveau des prix » ne peut être qu’une moyenne établie ex post à partir d’une série de variations dans les prix individuels. Les facteurs causaux ayant entraîné les changements dans les décisions des agents auront été des altérations dans des ratios d’échange individuels et spécifiques entre la monnaie et divers biens, et non un « niveau des prix » statistique établi par un analyste économique a posteriori, lorsque les changements dans les prix individuels auront déjà exercé ou seront toujours en train d’exercer leurs effets sur l’économie.

Le même raisonnement vaut pour tout changement mesuré dans le total de la production ou de l’emploi. De tels calculs sont, disons le encore une fois, de simples additions et moyennes établies ex post à partir d’une série de variations intervenues dans des taux de production ou des possibilités d’emploi spécifiques. On ne peut établir de séparation entre les variations « globales » et les événements particuliers ayant contribué à produire ces variations. Toute tentative d’opérer une telle séparation interdirait d’analyser les conditions ayant permis ces changements ainsi que les forces qui ont joué, soit pour conserver, soit pour faire varier davantage les « niveaux » de production et d’emploi atteints.

Bien des économistes ne pouvaient accepter la conclusion inévitable, selon laquelle la majeure partie des théories macro-économiques ont eu pour effet d’engager la science économique dans une impasse. Dans une discussion sur la méthodologie qui incluait une appréciation critique des théories de Mises et de l’Ecole autrichienne, le Professeur Mark Blaug a perçu « ce qu’un individualisme méthodologique strictement interprété […] impliquerait pour la science économique. Une telle interprétation conduirait en effet à abandonner toutes les propositions macro-économiques qui ne peuvent être réduites à des propositions micro-économiques, et puisque peu de propositions macro-économiques pourraient résister à un tel test, cela reviendrait à dire au revoir au presque entier corpus des lois macro-économiques. » Intimidé, Blaug déclare qu’« il doit y avoir quelque chose de faux dans un principe méthodologique qui aurait des conséquences si dévastatrices. »

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Table des matières

Introduction de Richard Ebeling

I. Science sociale et science de la nature
II. Le traitement de « l’irrationnel » dans les sciences sociales
III. Le relativisme épistémologique dans les sciences de l’action humaine
IV. La place de la monnaie parmi les biens économiques
V. La non-neutralité de la monnaie
VI. La pertinence des méthodes d’évaluation des changements du pouvoir d’achat pour guider la politique bancaire et monétaire internationale
VII. La grande inflation allemande
VIII. Les leçons de Senior concernant les problèmes monétaires
IX. Les illusions du protectionnisme et de l’autarcie
X. L’autarcie et ses conséquences
XI. Nationalisme économique et coopération économique pacifique
XII. Le triste sort des nations sous-développées
XIII. Capitalisme contre socialisme
XIV. De l’égalité et de l’inégalité
XV. Le choc des intérêts de groupe
XVI. Cent ans de marxisme socialiste
XVII. Quelques observations sur le mouvement réformateur russe
XVIII. Notes sur le mouvement coopératif
XIX. Quelques observations sur les politiques et les méthodes économiques actuelles
XXI. La liberté est une idée occidentale

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