L’Alsace et la France

Dans cet article publié en mai 1895, Frédéric Passy rappelle l’urgence de traiter pacifiquement, en hommes raisonnables, la question restée pendante de l’Alsace-Lorraine. Si l’on veut éviter de violer la libre détermination des peuples, et si l’on veut en même temps faire taire les partisans de la revanche, il faut discuter et s’entendre, sauf à risquer « quelque conflagration suprême », qui fasse couler le sang, et apporte la ruine et la banqueroute totale. 

Administration et public

Dans cet article, Frédéric Passy expose les plaintes que le libéralisme et le bon sens ont à formuler envers l’incurie des administrations. À l’occasion du paiement d’un impôt ou de tout acte privé ou public, l’administration jette sur le citoyen des embuches, des formalités et des tracasseries. Le temps perdu, l’argent perdu par le quidam ne sont pas précieux pour elle, semble-t-il ; pour les défendre, il est nécessaire que des défenseurs du public se prononcent contre ces envahissements.

Du rétablissement des tours

En 1878, une discussion s’est engagée sur la question de l’avortement, de l’infanticide et des enfants abandonnés, et la solution du rétablissement des tours (où une mère anonyme peut livrer son enfant à la charité publique) est agitée par certains réformateurs soi-disant philanthropes. Pour Frédéric Passy, qui réagit par deux fois, cette mesure est immonde, dangereuse et inhumaine ; elle ne fera qu’encourager l’abandon d’enfants, au lieu de le proscrire et le flétrir.

L’instruction des femmes. L’État et l’initiative privée.

Dans ce court article donné au Journal des économistes (août 1885), Frédéric Passy rappelle rapidement quelques-unes des réalisations de l’initiative individuelle qui, plus souple, plus intelligente que l’action de l’État, a déjà accomplies pour la grande cause du développement de l’instruction pour les femmes, auquel personnellement il est aussi voué.

Rapport sur “Les conséquences de l’antisémitisme en Russie”

Préfacé par Gustave de Molinari, l’ouvrage de Chmerkine sur les conséquences de l’antisémitisme en Russie (1897) est présenté la même année à l’Académie des sciences morales et politiques par Frédéric Passy. Celui-ci salue la consciencieuse enquête dressée sur les conséquences économiques des pogroms, généralement moins étudiées, et souligne que ce cas montre une nouvelle fois que les mesures arbitraires et compressives appauvrissent même ceux qui les prennent.

Préface à “Pacifisme et colonisation” de François Nicol

En 1908, fortement affaibli et à moitié aveugle, Frédéric Passy s’est retiré dans les Pyrénées atlantiques pour prendre du repos. Il y reçoit (malgré ses ordres contraires), le texte d’une brochure qu’on lui lit, sur la manière de rendre compatibles la colonisation et l’idéal de la paix. Sceptique, quant à lui, sur le bienfondé de la colonisation, Passy ne peut manquer de rappeler ses convictions dans la courte préface en forme de lettre, que son « collègue », François Nicol, insère en ouverture de son texte.

La question de la paix

Dans cet article, Frédéric Passy revient sur les nouveaux développements des idées de pacifisme et d’arbitrage, qui lui sont chères et qu’il a défendues toute sa carrière durant. En 1895, la question de l’Alsace-Lorraine, qui a fait naître des tensions réelles mais dont il ne faudrait pas, dit-il, s’exagérer la portée, est surtout posée, et elle doit être résolue comme les autres par l’arbitrage. La concorde et la paix européenne, surtout, sont à fonder, si l’on veut éviter un embrasement généralisé.

Allocution de Frédéric Passy sur les méfaits du tabac

En 1878, Frédéric Passy poursuit son combat contre ce qu’il présente comme deux fléaux de la moralité, de la santé et de l’économie française : l’alcool et le tabac. Appelé à fournir une courte allocution sur le tabac, en ouverture d’une conférence sur ce thème par le docteur Aimé Riant, il trace devant son auditoire tout ce que coûte, sur la santé, sur les rapports sociaux, sur les finances des individus et de l’État, ce dangereux passe-temps qui devient souvent addiction.

Discours contre la colonisation de la France au Tonkin et à Madagascar

En décembre 1885, lors de la grande discussion à l’Assemblée sur les questions coloniales, et notamment sur l’intervention au Tonkin et en Annam (Viet Nam), Frédéric Passy choisit à nouveau de prendre la parole pour une exposition longue et détaillée des raisons pour lesquelles, contrairement à la plupart de ses collègues de tous bords, il rejette la politique coloniale de la France. C’est une protestation vibrante et rare d’un authentique libéral, fidèle aux idéaux de ses prédécesseurs, contre la politique de spoliation à l’extérieur qui s’appelle colonisation.

Entre mère et fille

Sans cesse sur la brèche, Frédéric Passy a consacré son infatigable ardeur à la popularisation des nombreuses idées qui lui tenaient à cœur. Dans cette petite brochure d’éducation féminine, publiée en 1907, il présente en language accessible à l’enfance les mystères de la reproduction et offre des conseils aux jeunes gens, sur le mariage, la vie sentimentale, et les principes de la vie quotidienne. 

Préface à L’arbitrage international par Ferdinand Dreyfus

Dans cette préface donnée en 1892 à un livre sur l’arbitrage, Frédéric Passy note le progrès des esprits, y compris dans les sphères de pouvoir, sur cette notion du recours à l’arbitrage international pour solutionner les conflits armés. Infatigable pacifiste, il croit voir un progrès dans le ralliement de certains, ou dans la fin des moqueries qui touchaient encore, quelques années auparavant, les disciples proclamés de l’abbé de Saint-Pierre.

Communauté et communisme

À la veille du déchaînement révolutionnaire de la Commune de Paris, Frédéric Passy attaque les idées désormais populaires du communisme. Cette théorie lui paraît tout à la fois réfutée par la pratique et la théorie. Elle n’aboutit, en fin d’analyse, qu’au dénuement commun et à l’arrêt du progrès, lequel n’est stimulé, l’espèce humaine étant ce qu’elle est, que par le mobile de l’intérêt personnel. En renversant la propriété et en niant la liberté, le communisme se montre ainsi l’ennemi de la communauté des hommes.

La question des jeux (1872)

« La loterie, quelque bien réglementée qu'on la suppose, a toujours été, elle sera toujours la glorification de la chance, c'est-à-dire la déconsidération du travail et de l’ordre. En détournant de l'application, de l'économie, de la vie régulière, elle accoutume à attendre la fortune, comme une manne, d'autre chose que des efforts qui la conquièrent et la conservent ; elle abaisse les hommes en les poussant à convoiter plus qu'à mériter. Elle les porte à l'oisiveté, à l'impatience, aux comparaisons injustes et envieuses ; à l'irritation quand la roue leur est contraire, à la dissipation quand elle leur est favorable, à l'imprévoyance et à l'irréflexion toujours. Elle engendre, en un mot, les habitudes les plus opposées à la prospérité publique comme à la prospérité particulière, les plus déplorables au point de vue du bonheur domestique et de la tranquillité sociale. »

La colonne Vendôme

Lors des soulèvements de la Commune de Paris, en 1871, de nombreux monuments sont endommagés, détruits ou pillés. La colonne Vendôme, érigée jadis par Napoléon avec le métal des armes des vaincus de ses armées, a été abattue. La paix civile revenue, il est décidé qu’elle sera reconstruite — choix que Paul Brandat et Frédéric Passy, deux militants pacifistes, condamnent dans deux lettres, réunies en brochure. Les idées de fausse gloire nationale, de supériorité de la force sur la loi, associées à cette colonne, doivent être répudié dans le domaine des idées et des faits, si la France et l’Europe entière ne veut pas sombrer et se consummer elle-même par le feu et par le fer.

De l’instruction secondaire en France, de ses défauts, de leurs causes, et des moyens d’y remédier

En 1846, Frédéric Passy entre dans la carrière de l’économie politique en suivant les traces de son père, Hippolyte Passy, contributeur habituel du Journal des économistes et membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Avec mesure et même une sorte de timidité, qui tranche avec ses prises de position audacieuses de la suite de sa carrière, il étudie alors les réformes à introduire dans l’instruction secondaire, vantant notamment l’introduction des sciences et des langues vivantes.

La famille et la société

Prenant le prétexte de deux ouvrages récents consacrés à la famille, et en les commentant, Frédéric Passy expose ses idées de régénération sociale par la liberté. L’éducation classique, détenue en monopole par l’État, lui paraît la source des plus grands maux, et si la vie morale de la société doit s’améliorer, ce sera, juge-t-il, par la liberté complète de l’éducation qui, solidifiant le rôle des parents, juges en dernier ressort, en consommateurs, de l’éducation dispensée à leurs enfants, raffermira la famille, socle de la société.

La crémation

Après avoir défendu à la tribune cette cause qui était pour lui une conviction, et qu’il matérialisera lui-même par ses dernières volontés, Frédéric Passy prenait la parole en 1895 devant la Société de crémation, pour cette pratique de l’incinération qu’il défendait contre les dangers sanitaires des enterrements. Naturellement, dans cette cause, il invoquait la liberté, non la contrainte : il voulait rendre autorisée cette pratique mal considérée par quelques églises officielles, fondant son espoir dans la tolérance et la promotion des idées.

Lettre sur la paix

Quelques années avant la guerre franco-prussienne de 1870, les difficultés s’amoncellent déjà et font craindre à l’horizon la rupture de la paix. Pour Frédéric Passy, plus tard premier Prix Nobel de la paix (1901), l’heure est urgente : il faut, dit-il, se liguer pour la paix, promouvoir l’idée de la paix et la faire dominer les esprits, si l’on veut s’épargner les désastres de la guerre.

Utilité de l’enseignement des notions de la science économique aux jeunes filles

L’économie politique est la science qui traite des prix, des salaires, des impôts, des échanges, et en somme des interactions humaines : elle est par conséquent utile à connaître pour tous les hommes, et aussi pour les femmes, auxquelles ces questions ne peuvent être indifférentes, ainsi que tâche de le démontrer Frédéric Passy dans cette conférence préliminaire d’un cours d’économie politique, en 1870.