L’éternelle modernité de Diderot

Dans la préface qu’il donne en 1886 à la réédition de plusieurs textes de Diderot, dont le roman La Religieuse, Yves Guyot vante les mérites de ce penseur qui a su s’affranchir des codes et des préjugés et qui a livré une œuvre critique restée très actuelle.

Le message libéral de la Religieuse de Diderot

La Religieuse raconte comment une jeune femme, Suzanne Simonin, est destinée par sa famille au couvent, et pourquoi ; il conte sa résignation première, sa bonne volonté, et l’énervement progressif de ses sens et de sa tête, jusqu’à la rébellion et plus tard à l’évasion qui doit lui rouvrir les portes du monde libre. On la voit prononcer ses vœux, s’en morfondre, et de Longchamp à Saint-Eutrope subir les méfaits de la séquestration et de la tyrannie.

La Religieuse de Diderot, avec une introduction sur la portée libérale de ce roman

Abandonnée contre son gré dans un couvent, la jeune et naïve Suzanne Simonin fait face aux forces abrutissantes de la coercition et entame une marche difficile pour sa libération. Diderot la conduit sous nos yeux de sa résignation première et de l’échec de sa bonne volonté, à l’énervement progressif de ses sens et de sa tête, et jusqu’à la rébellion et plus tard à l’évasion qui doit lui rouvrir les portes du monde libre. Il dresse ainsi, avec ce roman, un formidable plaidoyer en faveur de la liberté.

La liberté se visite – Le Musée Denis Diderot à Langres

Les penseurs et défenseurs de la liberté en France ne jouissent pas d’une renommée telle qu’on doive voir avec indifférence le succès des initiatives qui tâchent de les faire mieux connaître et mieux valoir. Il en est ici des musées comme du reste. À peine notre pays compte-t-il un Musée Voltaire, un Musée Pierre Bayle, et un Musée Diderot : et en attendant de pouvoir présenter un jour les richesses d’un Musée Turgot, Frédéric Bastiat ou Jean-Baptiste Say (les lieux ne manqueraient pas, s’il ne manquaient pas plutôt et d’abord d’argent), c’est à ces figures libérales plus larges, plus composites, qu’il faut recourir, si l’on veut, en libéral, reprendre goût avec le tourisme culturel.
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Quand Diderot envoyait un économiste libéral à la cour de Catherine II

En 1767, Diderot recommande à l'impératrice Catherine II de Russie le nom de Lemercier de la Rivière, physiocrate français, pour l'aider dans sa réforme du droit russe. « C’est l’apôtre de la propriété, dit-il, de la liberté et de l’évidence. De la propriété, base de toute bonne loi ; de la liberté, portion essentielle de la propriété, germe de toute grande chose, de tout grand sentiment, de toute vertu ; de l’évidence, unique contre-force de la tyrannie et source du repos. »