La métaphore sociale

Le langage politique est de plus en plus rempli, dit Yves Guyot en 1894, des métaphores et de l’épithète de « social ». Par ces mots et ces images d’une subtilité mal placée, ces hommes politiques pensent dire quelque chose ; en vérité ils ne font que montrer le grand défaut de précision de leurs idées.

La protection de l’enfance

Aux premiers âges de la civilisation, la puissance paternelle ne connaît pas de bornes, et ce n’est que par le progrès de la civilisation, rappelle Yves Guyot, que peu à peu la protection de l’enfance a pu être comprise. Les statistiques judiciaires qu’il rappelle en 1894 prouvent que la maltraitance des enfants est un fléau que la police protège mal, dont elle accueille mal la dénonciation, et qu’elle sanctionne peu. Pourtant, soutient Yves Guyot, l’enfant est un être qui doit être protégé ; il doit recevoir des secours ; donner à la loi un rôle en cela, ce n’est pas empiéter sur les droits du père de famille, mais défendre les droits de l’enfant.

Chronique (Journal des économistes, août 1897) 

Chaque mois, entre  1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme notamment, dans cette livraison d’août 1897, l’échec de la colonisation française en Asie, les absurdités du protectionnisme au Canada et aux États-Unis, la réglementation sur les accidents du travail jugée par Yves Guyot, et les démêlés de l’Espagne face à l’insurrection cubaine.

Des révolutions en général et des révolutionnaires actuels

Dans cet article, Charles Dunoyer fait état de l’état politique de la France après la fin des troubles de la période révolutionnaire et l’établissement de l’Empire par Napoléon. Si le temps des révolutions violentes est passé, l’héritage de la Révolution française doit lui être protégé, soutient-il, et à cet égard nulle faction n’est plus dangereuse que celle qui, sous le nom de révolutionnaire, ambitionne en fait une répudiation de tous les principes de la Révolution.

Table complète des chroniques de Gustave de Molinari dans le Journal des économistes

Chaque mois, entre 1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. En voici le sommaire complet, qui permettra de retrouver facilement les livraisons dans lesquelles Molinari a traité de certaines questions que d'aucuns pourraient vouloir approfondir particulièrement : par exemple l'antisémitisme, la question de l'Alsace-Lorraine, la colonisation, le féminisme, l'immigration, l'anarchisme, entre nombreux autres.

Chronique (Journal des économistes, mai 1895)

Chaque mois, entre 1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme notamment, dans cette livraison de mai 1895, les manifestations du 1er mai en France et en Belgique, l’accroissement des dépenses publiques par les administrations locales, et les démêlés entre l’Espagne et Cuba.

L’alcoolisme

En cette fin de XIXe siècle, une croisade continue est menée contre l’alcool et l’alcoolisme : selon les pays, elle aboutira à la prohibition pure, au monopole, aux règlements ou à la fiscalité, en fonction des tempéraments nationaux. En France, Yves Guyot fait face aux médecins et aux partisans bornés de l’hygiénisme, qui veulent protéger l’individu contre ses passions, ses goûts et ses besoins. C’est là du socialisme, et il s’y oppose.

L’Alsace et la France

Dans cet article publié en mai 1895, Frédéric Passy rappelle l’urgence de traiter pacifiquement, en hommes raisonnables, la question restée pendante de l’Alsace-Lorraine. Si l’on veut éviter de violer la libre détermination des peuples, et si l’on veut en même temps faire taire les partisans de la revanche, il faut discuter et s’entendre, sauf à risquer « quelque conflagration suprême », qui fasse couler le sang, et apporte la ruine et la banqueroute totale. 

Chronique (Journal des économistes, octobre 1891)

Chaque mois, entre 1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme notamment, dans cette livraison d’octobre 1891, le non-sens du soutien de l’Église catholique aux doctrines du socialisme d’État, le programme du socialisme allemand, le scandale de Panama et sa résolution, et enfin la famine en Russie.

Le métropolitain

En 1894, Yves Guyot appuie les nouveaux efforts entrepris pour construire le réseau de transport parisien connu sous le nom de métropolitain. Ainsi qu’il le rappelle lui-même, il est un partisan de cette innovation depuis plus de vingt ans. S’il préférerait que l’opération se mène sans subventions ni garanties publiques, compte tenu des habitudes prises il a toujours été prêt, comme conseiller municipal, comme député, comme ministre, à appuyer les projets solides qui aboutiraient et auraient le plus faible impact possible pour les finances de l’État.

Règle pour discerner le droit du tort, le juste de l’injuste entre nation et nation

Parti à la recherche d’une règle simple pour décider du bienfondé ou des torts des demandes réciproques de plusieurs nations dans leurs différends, l’abbé de Saint-Pierre affirme sa préférence pour une formule aux inspirations religieuses : Ne faites point contre un autre ce que vous ne voudriez point qu’il fît contre vous, si vous étiez à sa place le plus faible et s’il était à la vôtre le plus fort.

Chronique (Journal des économistes, avril 1889)

Chaque mois, entre  1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme notamment, dans cette livraison d’avril 1889, les nouvelles lois du socialisme d’État pour l’assurance obligatoire, la situation économique et financière de l’Italie, et les résultats du protectionnisme en Cochinchine.

Administration et public

Dans cet article, Frédéric Passy expose les plaintes que le libéralisme et le bon sens ont à formuler envers l’incurie des administrations. À l’occasion du paiement d’un impôt ou de tout acte privé ou public, l’administration jette sur le citoyen des embuches, des formalités et des tracasseries. Le temps perdu, l’argent perdu par le quidam ne sont pas précieux pour elle, semble-t-il ; pour les défendre, il est nécessaire que des défenseurs du public se prononcent contre ces envahissements.

La Guerre de Sécession et le modèle américain

De 1861 à 1865, la Guerre de Sécession a vu s’affronter le Nord et le Sud des États-Unis, et risqué de séparer en deux la grande puissance américaine. Deux ans plus tard, Michel Chevalier revient sur la portée des affrontements sur la base de documents nouveaux. Il raconte aussi les réalisations de l’initiative privée, à travers la Commission Sanitaire, dont la France, prisonnière de la centralisation et des règlements, devrait selon lui s’inspirer.

Chronique (Journal des économistes, avril 1883)

Chaque mois, entre  1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme notamment, dans cette livraison d’avril 1883, le fonctionnement des sociétés de secours de mutuels et des caisses de retraites subventionnées, le développement du socialisme d’État en Angleterre, les évolutions du tarif des douanes aux États-Unis et en Espagne, et la nouvelle loi sur la spéculation financière.

De l’utilité et de la légalité des spéculations de bourse

Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, la spéculation financière prend des proportions inédites en France, et les scandales retentissent dans la presse et jusque dans les romans. Pour Paul Leroy-Beaulieu (1877), la spéculation est une opération commerciale qui n’est pas sans utilité économique, et qu’il ne faut pas rejeter arbitrairement. La sagesse dira que les investisseurs malhabiles doivent se méfier ; la morale condamnera certaines pratiques peu estimables, quoique licites ; et enfin la loi laissera faire, sauf à interdire de vraies fraudes.

Le danger du modèle allemand

Après l’annexion des territoires et des populations, les Allemands achèvent l’annexion des esprits, avertit Yves Guyot en octobre 1894. Leurs idées de socialisme d’État, de collectivisme, de bureaucratie, séduisent de plus en plus les intelligences françaises, au risque de faire tomber la France sous la domination des Bismarck et des Karl Marx nationaux. L’Allemagne se prépare une destinée très décevante : mieux vaut ne pas la suivre.

Chronique (Journal des économistes, février 1883)

Chaque mois, entre  1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme notamment, dans cette livraison de février 1883, la réglementation de l’émigration italienne, un nouvel impôt sur les transactions financières en Allemagne, la lutte contre l’anarchisme et l’Association internationale des travailleurs, et l’observation obligatoire du dimanche aux États-Unis.

La responsabilité des accidents du travail

Dans cet article, Gustave de Molinari étudie les propositions discutées alors à la chambre des députés concernant la responsabilité des accidents du travail. Jusqu’alors, l’ouvrier trouvait dans le Code (article 1382) un recours contre les accidents dont il était victime et dont on pouvait prouver la responsabilité de l’industriel ; et pour compenser le risque pris, il pouvait compter dans les industries réputées dangereuses sur des salaires sur-haussés. La loi en discussion, copiant servilement le modèle allemand, veut renverser tout cela, et placer, devant l’État assureur obligatoire, l’industriel en position de coupable systématique — au risque de transformer l’ouvrier en pupille, et l’État en maître. Dangereuse dans ses résultats, cette loi a même, dit Molinari, des incohérences terribles et honteuses, comme d’inciter au célibat par un déséquilibre des primes.

À quoi ressemblerait une société communiste ?

En 1895, communistes et socialistes radicaux menacent par leurs percées électorales récurrentes de se rendre prochainement les maîtres du pouvoir politique dans l’un des principaux pays de l’Europe occidentale. Commentant la situation anglaise, Yves Guyot trace le tableau assez noir, mais rétrospectivement très vrai, de la société communiste que préparent ces agitateurs. Ce serait une égalité dans la misère, tempérée par quelques privilèges pour la classe dirigeante et ses sbires ; ce serait la léthargie, l’imprévoyance érigées en dogmes, dans le domaine du travail et des arts ; enfin ce serait la contrainte et la répression continuelle, la « dictature militaire », pour briser les désirs de liberté des citoyens récalcitrants.