L’avenir des femmes

Dans cette lettre anonyme, communiquée au Journal des économistes en 1876, une lectrice exprime ses sentiments sur le rôle social assumé par les femmes, sur l’éducation qui leur est prodiguée, et sur les droits qui leur restent à conquérir.

Quand le libéralisme français se saisissait de la question des femmes

Dans la préface de la réédition que l'Institut Coppet publie ce mois-ci du livre de Paul Leroy-Beaulieu, Le Travail des Femmes au XIXe siècle (1873), Benoît Malbranque présente la période de publication de cet ouvrage comme marquant un point de bascule dans l'histoire du libéralisme français : auparavant, la question des femmes est traitée avec dédain ; vers 1870 cependant, on s'en occupe comme d'une question politique importante, digne d'intérêt, et dans un sens qui sera plus tard celui des authentiques libéraux féministes, comme Yves Guyot.

Le travail des femmes au XIXe siècle, par Paul Leroy-Beaulieu (1873)

En 1870, le libéralisme français fait encore un accueil mitigé aux théories féministes qui, depuis plusieurs décennies déjà, se développent et s’affirment. Cette année-là, un concours de l’Académie des sciences morales et politiques récompense un mémoire du jeune Paul Leroy-Beaulieu, dont la sensibilité généreuse se mêle à une rigueur théorique digne d’éloge, et qui réconcilie la tradition de pensée du libéralisme français avec les revendications des droits des femmes. Dans son étude sur le travail des femmes, il étudie l’ouvrière dans ses métiers de prédilection, examine sa condition et les causes de son abaissement moral et économique. Pour elle, il demande de la reconnaissance, mais surtout des garanties plus grandes pour sa liberté.

La place des femmes est-elle au foyer de la famille ou dans l’atelier ?

Dans sa réunion du 5 juin 1884, la Société d’économie politique met à l’étude la question du travail des femmes. Dans leur écrasante majorité, les orateurs font valoir les uns après les autres que la vraie place de la femme est au foyer, et que la famille, cet élément clé de la civilisation, est mise en danger par l’entrée massive des femmes dans le monde du travail.