Charles Comte, Traité de législation (4 volumes)

Frédéric Bastiat, dont on n’est plus exactement à prouver la clairvoyance et la sagacité, et qui peut passer pour un bon juge en matière de libéralisme, vouait un véritable culte à Charles Comte, et disait de son Traité de législation que s’il se trouvait relégué sur une île déserte, en n’ayant que le choix d’un seul livre, c’est celui-là qu’il emporterait, car « c’est celui qui fait le plus penser ». — Avec une grande finesse d’analyse et en s’appuyant sur une littérature de voyage qu’il dominait parfaitement, Comte fait parcourir les siècles et les continents à son lecteur, à la recherche des fondements mêmes des lois et des conditions dans lesquelles une société est la plus à même de se développer et de garantir le bonheur et l’aisance matérielle de ses membres. Avec sa plume libre et soignée, l’auteur l’emmène sur les îles reculés du Pacifique, chez les peuplades indiennes de l’Amérique, ou dans les déserts de Syrie et d’Égypte, pour montrer ce que devient l’homme sous les différents niveaux de civilisation et les gouvernements plus ou moins libres ou tyranniques.

L’enthousiasme de Condorcet pour les États-Unis

À la toute fin du XVIIIe siècle, les libéraux français se retrouvent majoritairement dans le camp des admirateurs des États-Unis, nation dont les institutions libres se présentent, sinon comme un modèle absolu, du moins comme une certaine forme d'excellence. Condorcet est l'un d'eux, et ses écrits sur les États-Unis nous fournissent la preuve de son enthousiasme.

L’abolition de l’esclavage africain

Dans cet article de janvier 1890, Gustave de Molinari revient sur ses propositions pour abolir la traite et l’esclavage, sans usage ni de prohibitions ni de force, mais par le vecteur de la concurrence et de la liberté. « La prohibition de la traite, écrit-il, aurait pour résultat certain d’augmenter le déchet et les souffrances des victimes de ce commerce de chair humaine, sans y mettre un terme. Le seul moyen de le supprimer, c’est de le ruiner par la concurrence de l’exportation du travail libre. »

De la noblesse de la peau, etc., par l’abbé Grégoire (1826)

Dans cette petite brochure publiée en 1826, l’abbé Grégoire fait valoir contre les préjugés établissant dans certains esprits une « noblesse de la peau », pour les blancs et contre les noirs et sang-mêlés, la petitesse de cette conception, sa stupidité orgueilleuse. Il plaide pour une réforme des lois et des mœurs, qui ouvre à toutes les couleurs une vie civile libre.