Yves Guyot, Quesnay et la Physiocratie

cover Quesnay et la PhysiocratieYves Guyot, Quesnay et la Physiocratie, Institut Coppet, 2014, 150p.

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François Quesnay (1694-1774) est reconnu comme l’un des grands fondateurs de l’analyse économique moderne. Chef de file de la première école de pensée économique au monde, la Physiocratie, il mérite d’être célébré autant qu’Adam Smith, qui s’inspira notoirement du corpus physiocratique pour composer sa Richesse des Nations, parue en 1776.

S’il souffre encore d’être méconnu, c’est peut-être que la lecture de ses œuvres est réputée difficile. Le célèbre « zig-zag » du Tableau économique ne provoque plus l’enthousiasme, ni ses explications, pourtant profondes, sur l’origine et le fondement du Droit naturel des hommes, ou sur les vertus du libre-échange.

C’est le mérite de l’économiste Yves Guyot, dans l’ouvrage qui lui a consacré, de nous en rendre le redécouverte plus facile. Dans une première partie, Guyot nous trace le portrait de François Quesnay, nous racontant son parcours et son activité d’économiste. L’essentiel de sa vie, de ses premières armes en tant que chirurgien, à sa place convoitée de médecin du Roi à Versailles, et jusqu’à sa mort en grand maître de la Physiocratie en 1774, est exposé avec soin et clarté par l’auteur. S’ouvre alors la seconde partie du livre, constituée de passages de ses principaux écrits (dont le Tableau économique, le Droit naturel, ou les Maximes du gouvernement), nous permettant de comprendre le caractère véritable de l’œuvre du plus grand précurseur d’Adam Smith en France.

Le libéralisme est-il anglo-saxon ?

Cette idée est très répandue, tant dans les médias, à l’école, que dans les cercles intellectuels et culturels. Mais rien n’est plus faux.

S’il est vrai qu’Adam Smith a joué un rôle central dans l’émergence de l’économie (qui était avant tout libérale, au départ) en tant que science indépendante, et que sa renommée dépasse largement la discipline, l’origine et l’inspiration de La Richesse des nations remonte aux physiocrates, et en particulier à François Quesnay.

François Quesnay était un médecin français du XVIIIe siècle qui a fondé la première école en économie, la physiocratie, du grec physis (la nature) et kratos (le commandement, le gouvernement). Quesnay était le premier à présenter dans son fameux Tableau
économique (1759) une représentation schématique du fonctionnement de l’économie.

François Quesnay et les physiocrates s’interrogeaient, bien avant Adam Smith, sur l’origine de la nature de la richesse. Ils pensaient que pour évaluer la richesse d’un pays, il fallait considérer l’ensemble de la population – au contraire des mercantilistes
qui pensaient que la richesse du pays était celle de l’État.

C’était une révolution intellectuelle qui a eu une influence durable sur la vision de l’économie.

A lire : un extrait du livre de Guyot sur l’influence des Physiocrates sur Adam Smith.

 

3 Réponses

  1. Les partisans de l’initiative individuelle

    […] Telle est, messieurs, la grande controverse entre les partisans de l’initiative individuelle et ceux de l’action par l’Etat. Où est la vérité et de quel côté faut-il porter son choix ? – La vérité, selon moi, est en principe du côté des premiers. Avant tout, ce qui importe c’est le développement de l’homme, et pour que ce développement soit complet il faut qu’il s’accomplisse par l’énergie de l’individu lui-même. Ce qu’il doit à d’autres est toujours plus ou moins artificiel ; aussi l’individu formé par le secours de l’action gouvernementale n’a-t-il ni cette solidité, ni cette fécondité que tirent de leur propre fond ceux qui suivent un développement spontané. Non seulement il faut que l’homme arrive au plus complet développement de ses facultés ; encore faut-il que le progrès vienne de ses propres efforts et qu’il puise une vie durable à la source toujours jaillissante de l’activité native. Aussi, messieurs, les économistes ont-ils toujours affirmé comme principe, comme vérité générale, qu’il faut laisser faire et laisser passer. C’est la maxime qu’ils n’ont pas cessé de proclamer comme étant le fondement de leur science, depuis qu’elle a été formulée par le docteur Quesnay. […]

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