Chronique (Journal des économistes, mars 1894)

Chaque mois, entre  1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme, dans cette livraison de mars 1894, les effets du protectionnisme, la souffrance des viticulteurs, une loi anglaise sur les accidents de travail, et le soutien public aux porteurs de dettes publiques étrangères.

Le problème de la dépopulation

Dans cet article qu’il consacre à la toute fin de sa vie à la question très débattue alors de la baisse de la natalité française, Gustave de Molinari prend le contre-pied des analyses habituelles des hommes politiques. Si la France connaît un problème de dépopulation, explique-t-il, c’est avant tout à cause de l’État, qui par ses lois sur le travail, sur l’éducation obligatoire, et sur le service militaire — sans parler même de ses impôts très lourds —, a rendu les naissances si coûteuses et si peu profitables. La solution, par conséquent, n’est pas à trouver dans un système fiscal ou légal qui favorise les pères de familles nombreuses : il est dans la modestie aux finances publiques et dans la liberté la plus complète donnée aux individus.

Chronique (Journal des économistes, 1888)

Chaque mois, entre  1881 et 1909, Gustave de Molinari a publié une chronique politique et économique dans le Journal des économistes, commentant l’actualité française et internationale sous un angle résolument libéral. Au programme, dans cette livraison de juin 1888, le protectionnisme aux États-Unis, le travail des femmes, la réforme du droit pénal, et bien d’autres sujets.

De la propriété littéraire et de la contrefaçon belge

Dans cet article publié en 1852, Gustave de Molinari poursuit sa campagne en faveur de la propriété littéraire, engagée plusieurs années auparavant. Pour lui, la propriété d’un auteur ou d’un artiste sur son œuvre est une véritable propriété, que la loi doit garantir contre les copies faites à son insu. Il plaide donc pour la fin de la contrefaçon internationale mais aussi pour la suppression des bornes fixées en nombre d’années après la mort d’un auteur, pour que la propriété littéraire devienne ce qu’elle doit être dans une société évoluée : une propriété pleine et entière, respectée et protégée.

Le régime civilisateur de l’Indo-Chine

Partisan de la colonisation dans sa jeunesse, Gustave de Molinari est resté toute sa vie intéressé par ce qui était présenté comme l’introduction de la civilisation chez les peuples arriérés. Sceptique d’emblée à l’idée d’une colonisation par l’État, il a vu, au long de sa longue carrière, les effets désastreux du colonialisme, comme ici en Indochine (Vietnam), où les impôts et les fonctionnaires foisonnent, livrant ce pays conquis à un véritable pillage.

Le negro problem aux États-Unis 

Après avoir accueilli quelques années auparavant une contribution sur la même question, le Journal des Économistes traite à nouveau, en 1897, du problème des Noirs aux États-Unis, cette fois par la plume de son rédacteur en chef, Gustave de Molinari. Celui-ci ne partage pas les sentiments des agitateurs américains, aveuglés, dit-il, par leur préjugé de couleur. Il constate toutefois comme eux que la population noire aux États-Unis est tombée dans une déchéance morale et économique après l’émancipation. Comme solution, Molinari repousse les mesures d’oppression ou d’éviction : il souhaiterait plutôt que le Noir, trop jeune encore pour la liberté, soit protégé par une forme de tutelle.

Sur le prix des enterrements et l’alternative de la mort à bon marché

« Non seulement la vie coûte cher en France, écrit Gustave de Molinari en 1851, mais la mort même y est renchérie par des monopoles et des privilèges. » Les enterrements, en effet, sont l’objet de multiples règlements et de taxes, qui pèsent d’un poids particulièrement lourd pour le pauvre peuple, obligé d’abandonner les siens dans des fosses communes et d’en accompagner les dépouilles dans un cortège minimaliste. Les concessions même sont révoquées et révocables, et on trouble la propriété privée dans le dernier lieu de sa manifestation ; c’est le communisme jusque dans la mort.

La bibliothèque nationale et le communisme

Dans un passage de ses Soirées de la rue Saint-Lazare (1849), prochainement rééditées dans le volume 6 de ses Œuvres complètes, Gustave de Molinari offre une critique très vive de la Bibliothèque nationale et des institutions culturelles publiques ou subventionnées. La gratuité des bibliothèques, écrit-il, c’est du communisme, et dans l’intérêt même de la diffusion des lumières, il est urgent de fermer les bibliothèques publiques.

Sur les lavoirs publics subventionnés

« Si l’État intervient pour créer ou pour subventionner des établissements de bains et des lavoirs publics, voici ce qui arrivera infailliblement : en butte à cette concurrence nouvelle, l’industrie privée ira sans cesse déclinant ; à mesure que les établissements subventionnés se multiplieront, on verra se fermer les établissements libres. L’État finira nécessairement par devenir le seul laveur et le seul baigneur de France. Or, comme l’État n’est mû dans cette affaire que par un louable désir de philanthropie, comme son intention est de laver et de baigner à perte, il sera obligé de demander aux contribuables de combler le déficit de ses établissements de bains et de ses lavoirs. En d’autres termes, on prendra sur la nourriture, le vêtement, le logement de tous les contribuables les moyens de laver et de baigner, à moitié prix ou gratis, une partie de la population. Est-ce là une philanthropie bien intelligente ? Que feraient de plus les communistes ? »

La liberté des théâtres et le droit des pauvres

Dans cet article de 1869, Gustave de Molinari poursuit, dans le Journal des économistes, sa défense engagée depuis 20 ans déjà pour la liberté des théâtres. Le régime de monopole désormais aboli, il reste, analyse-t-il, à détruire la censure, la fiscalité exceptionnelle, et les nombreux règlements qui pèsent encore gravement sur cette industrie des spectacles et qui en arrêtent le développement.

Lettres sur les États-Unis et le Canada (1876)

En 1876, l’un des plus grands représentants du libéralisme français débarque en Amérique (une fois le contrôle sanitaire et la douane passés), avide de découvrir ce pays de liberté, tant vanté. Soit différence de mœurs, soit acculturation trop lente, Gustave de Molinari accomplit un voyage rempli de surprises, qu’il transcrit avec honnêteté et naïveté. La difficile cohabitation des races, surtout, occupe son esprit, et la ségrégation raciale lui rappelle les luttes sanglantes, en Europe, entre catholiques et protestants. « J’ai quitté l’intolérance dans l’ancien monde, note-t-il, je la retrouve dans le nouveau. »

Les dangers du droit à l’hôpital

Cet article de Gustave de Molinari, publié il y a 170 ans jour pour jour, et qu’on retrouvera bientôt au volume 8 de ses Œuvres complètes, illustre les répugnances que les grands libéraux du XIXe siècle avaient à l’endroit de la santé gratuite, et quels étaient leurs arguments pour s'y opposer.
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« Haine, haine au monopole »

Dans un curieux article du Courrier français (16 octobre 1846), où il répond aux interpellations d’un journal concurrent, Gustave de Molinari professe sa foi libérale avec une rare énergie. Liberté totale, absolue, sans concession ni ménagement : c’est déjà sa position, trois ans avant son article séminal sur la production de la sécurité.
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Pour une défense sans compromission de toutes les libertés

Après avoir présenté un programme de libéralisme complet (mais aussi volontairement modéré) dans le Courrier français (juillet 1846), Gustave de Molinari recense les réactions de la presse départementale. À ceux qui l’accusent d’intransigeance et d’excès, dans sa défense de toutes les libertés, il répond : « Par ce fait qu'on défend une liberté, n'est-on pas tenu aussi, sous peine de manquer de logique et de bon sens, de soutenir toutes les autres libertés ? On ne compose pas avec les principes, on ne trie pas les libertés, il n'y a dans le terrain des réformes aucune ivraie à séparer du bon grain, tout est bon grain. »
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La privatisation totale, solution aux déficits publics

Dans cet article du Courrier français (1846), non signé et resté inexploré, le jeune Molinari distillait les premières bribes de sa proposition détonante : la privatisation de tous les services publics. Trois ans avant d’en approfondir les raisons dans son article célèbre, il y voyait pour l’heure un moyen, le seul peut-être, d'équilibrer durablement le budget.