L’abbé de Saint-Pierre, lecteur de Sully

Dans son fameux Projet de paix perpétuelle (1713, 1717), l'abbé de Saint-Pierre soutient, citations à l’appui, que Sully et Henri IV avaient eu en leur temps le même projet que lui : former une alliance des États européens qui se garantiraient les uns les autres la possession tranquille de leur territoire respectif, afin de mettre fin à toute guerre offensive.

Liberté aux pauvres de travailler les fêtes et les dimanches après-midi

Sous l’Ancien régime, la question de la pauvreté ne se résout pas à celle des mendiants et des vagabonds. Pour que le travail fasse vivre, certains économistes réclament un allègement du poids que l’Église fait peser, par ses chômages forcés, sur l’activité productive d’un grand nombre d’artisans, de commerçants, qui pourraient tirer profit de cette liberté. L’abbé de Saint-Pierre, notamment, formule cette recommandation : que les travailleurs pauvres puissent travailler librement les dimanches après-midi (le matin restant réservé à la messe) ; toutes les fêtes seraient en outre déplacées aux dimanches.

Une longue paix européenne peut-elle faire oublier aux peuples les maux de la guerre ?

Dans son Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe (1713), l’abbé de Saint-Pierre examine l’objection suivante : est-il possible qu’une paix prolongée fasse disparaître des esprits les maux des guerres passées et qu’ainsi la paix, par une sorte de ruse de l’histoire, fasse le jeu des partisans de la guerre, de l’expansion et des conquêtes ?